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PolitiqueÉpisode 5/6

Néonicotinoïdes : une députée accuse le gouvernement de manipulation politique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-22
Illustration: Néonicotinoïdes : une députée accuse le gouvernement de manipulation politique
© YouTube

23h50, l'heure du soupçon

La députée Thomas (groupe socialiste) interroge la ministre Aurore Bergé. « Pourquoi maintenant à 23h50 minutes avant le vote, vous nous dites on passe de 2 à 6 mois ? » Son ton est particulièrement incisif. « On a passé des heures et des heures en commission, en séance. C'est pas la première fois, on le sait très bien. »

Elle déroule le calendrier. Si la loi est promulguée en août, c'est la ministre qui formulera les demandes de dérogation au plus tard en septembre. L'ANSES aura jusqu'en mars. « On sait que pour les betteraves plantées en mars, ce sera beaucoup trop tard. » Elle rappelle l'épidémie de jaunisse de 2020. « La filière s'en sortira pas non plus. »

Selon elle, le gouvernement cherche à réintroduire les deux néonicotinoïdes interdits. En manipulant le calendrier. — Un calendrier politique, pas scientifique.

La réponse de Bergé : « la directrice générale m'a dit »

« La raison en est simple », lance Aurore Bergé. « J'ai interrogé la directrice générale de l'ANSES sur cette disposition et celle-ci m'a dit très explicitement, très explicitement que en mettant tous ces efforts, en faisant tous les efforts possibles, il n'était pas possible de rendre un avis robuste avant 6 mois. »

Elle insiste sur ce point. Elle ne veut pas « priver l'ANSES du délai nécessaire pour émettre un avis au risque de fragiliser la décision ». Et elle conclut : « C'est pour sécuriser sa décision que nous soumettons à votre approbation ce délai supplémentaire. » — Une explication qui en laisse plus d'un sceptique.

« Un petit arrangement entre amis »

Thomas réplique sans perdre une seconde. « On n'est pas ici dans une situation comme l'a dit le rapporteur tout à l'heure, la science, rien que la science. » Elle dénonce un véritable arrangement. « On comprend bien qu'il y a une forme de petit arrangement entre amis, entre un rapporteur au Sénat, monsieur Dupont, avec quelques dirigeants de certains représentants du monde agricole. »

Selon elle, l'ANSES ne joue pas son rôle. « C'est là que vous trompez aujourd'hui, madame la ministre, un grand nombre de parlementaires en expliquant la science, rien que la science. » « Si l'ANSES doit permettre la dérogation sous 2 mois ou 6 mois, votre objectif, il est bien celui de réintroduire les deux néonicotinoïdes aujourd'hui interdits. » « Vous êtes en train de mettre les scientifiques sous tutelle et d'affaiblir leurs prérogatives. »

Le groupe socialiste, dit-elle, est « pleinement attaché à l'autorité scientifique, pleine et entière, et pas à votre marchandage avec le rapporteur Dupont ». — Voilà le fond du problème.

La ministre contre-attaque : « un procès d'intention »

Aurore Bergé monte au créneau. « Madame la députée Thomas, ce que vous venez de dire est extrêmement grave en réalité parce que vous remettez en cause, vous faites un procès d'intention à une directrice générale qui vient d'être nommée à la tête de l'ANSES. » Puis elle ajoute, cinglante : « Vous avez des accents de vertu farouche alors même que nous mettons en œuvre ce que vous avez demandé. »

Selon elle, c'est la députée qui instrumentalise. Le présentateur de Contrechamp politique conclut : « Dites-nous en commentaire ce que vous en avez pensé et abonnez-vous pour ne rien manquer des prochaines séquences parlementaires. À très vite sur Contrechamp politique. » — Et le débat reste ouvert.

Sources

  • Contrechamp politique (YouTube) — transcript du débat parlementaire.

📰Source :youtube.com

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