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R. Broman, MSF et l'Éthiopie : comment l'humanitaire a couvert un crime contre l'humanité

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-17
Illustration: R. Broman, MSF et l'Éthiopie : comment l'humanitaire a couvert un crime contre l'humanité
© YouTube

Le piège éthiopien

Septembre 1985. Les camions de MSF roulent vers les camps de regroupement. À bord : des vivres, des médicaments. Derrière : l'armée éthiopienne.

"Nous avons été utilisés comme appât." Rony Broman lâche l'aveu. Pour la première fois.

Le mécanisme est implacable :

  1. Les ONG attirent les affamés vers les centres de distribution
  2. Le gouvernement les parque dans des camps
  3. Les convois militaires les déportent vers le sud

—chiffre à retenir— : 600 000 personnes transférées de force en 18 mois. Selon les archives de l'ONU, 30% mourront en route.

"Les équipes sur place ont vite compris. Mais le siège parisien tergiversait." Broman se souvient des rapports alarmants. Des médecins parlent de "conditions concentrationnaires". En vain.

La conférence qui faillit tout faire basculer

Juillet 1985. MSF organise une conférence à Paris. Objectif officiel : alerter sur la famine. En coulisses, Claude Maluret et Francis Charon s'opposent à toute critique du régime.

"Charon m'a menacé : 'Tu vas faire fermer toutes nos missions en Afrique'." Broman révèle les pressions.

Pourtant, les preuves s'accumulent :

  • Un mémorandum secret de l'ONU (déclassifié en 2021) lie explicitement l'aide alimentaire aux déportations
  • Des photos montrent des camps gardés par l'armée
  • Des témoignages attestent de violences systématiques

MSF choisit le silence. "La neutralité humanitaire" sert d'alibi. Pendant ce temps, les convois continuent.

Du gauchisme à l'antitotalitarisme : l'itinéraire qui a forgé Broman

  1. Rony Broman a 18 ans. Service d'ordre de la Gauche prolétarienne, karaté avec un professeur d'extrême droite — le futur président de MSF cultive les contradictions.

  2. Rupture. "Le totalitarisme m'est devenu insupportable." Il reprend ses études de médecine.

  3. Premier contact avec MSF. Xavier Emmanuelli le rejette : "Trop gauchiste". Trois ans plus tard, il intègre l'ONG. Cheveux courts.

La suite est édifiante.

  1. Broman prend la présidence. L'Éthiopie sera son baptême du feu. Et son cas de conscience.

L'humanitaire, arme politique

"Le droit d'ingérence ? Un leurre." Broman balance. Les exemples s'accumulent :

  • Somalie 1992 : l'opération "Restore Hope" détourne l'aide humanitaire pour justifier l'intervention militaire
  • Biafra 1968 : les missions médicales servent de couverture aux sécessionnistes
  • Vietnam 1978 : MSF participe au sauvetage des boat people — mais refuse d'aider les victimes du régime communiste dix ans plus tôt

"On ne choisit pas ses victimes. La politique le fait pour nous." Le constat est brutal.

Le sionisme, l'autre rupture

  1. Israël se déclare "État-nation du peuple juif". Broman signe une lettre de protestation avec Pierre Vidal-Naquet et Gisèle Halimi.

"Mon sionisme s'est évaporé." L'explication ? Trois chocs :

  1. La première Intifada (1987)
  2. Le film "Les esclaves de la mémoire" sur l'endoctrinement nationaliste
  3. La lecture d'"Eichmann à Jérusalem"

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Sources

  1. Interview exclusive R. Broman (YouTube, 2026)
  2. Archives MSF - Fonds Éthiopie 1984-1985
  3. Mémorandum ONU/Ethiopie (1985, déclassifié 2021)
  4. "Rapport sur la banalité du mal" (H. Arendt)
  5. "Les esclaves de la mémoire" (Y. Sivan, 1989)

📰Source :youtube.com

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Épisode 4 · 2026-04-17

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