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JusticeÉpisode 3/2

EXCLUSIF : Karim, de l'ASE à la prison à vie — l'effondrement d'un système

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-04
Illustration: EXCLUSIF : Karim, de l'ASE à la prison à vie — l'effondrement d'un système
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Un monstre fabriqué par l'État

"Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi psychopathe à son âge." La déclaration de l'expert psychiatre tombe comme un couperet. Nous sommes en 2015 devant la Cour d'Assises d'Aix-en-Provence. Sur le banc des accusés, Karim, 20 ans, répond du viol et du meurtre d'un sexagénaire.

Les faits remontent à la nuit du 19 décembre 2013. Il a 16 ans.

La suite est édifiante.

Karim n'est pas un criminel ordinaire. C'est un produit du système. Placé depuis 2004 dans les foyers de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) — oui, vous avez bien lu, dès l'âge de 7 ans —, il cumule les stigmates : brûlures au lait bouillant à 18 mois, violences sexuelles subies, agressions commises.

"Les enquêteurs n'ont rien pu établir sur les allégations de viol." Pourtant, les traces sont là. Physiques. Psychologiques. Le crâne marqué à vie.

2004-2013 : neuf ans d'abandon

Le dossier est accablant.

  1. Karim entre dans le circuit de l'ASE. Théoriquement pour le protéger. En pratique ? "Il a commis des agressions sexuelles dans ces foyers", révèle l'avocat présent au procès.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • 9 ans sous protection de l'État
  • 0 prévention efficace
  • 1 condamnation à 30 ans

L'ironie est cruelle. Celui qui devait être sauvé est devenu un danger. "En 17 ans de carrière, je n'ai jamais vu une personne avoir subi autant de violences", lâche l'avocat.

Physiques. Psychologiques. Institutionnelles.

Le procès qui a fait vaciller la Cour

Décembre 2015. La scène est insoutenable.

Une petite-fille de la victime s'adresse à Karim : "Vous avez tué celle qui était ma mère de cœur." Le silence se fend. Karim demande pardon.

—et ce n'est pas rien—

"Ce n'était pas un monstre, mais un humain à qui la vie avait été monstrueuse", témoigne l'avocat. Les larmes coulent. La justice aussi.

30 ans. Avec rétention de sûreté. La peine maximale pour un mineur.

Pourquoi ? Parce que les experts estiment le risque de récidive "inacceptable". Le diagnostic est sans appel : psychopathie extrême.

L'ASE, usine à cas désespérés ?

Les faits sont têtus.

En 2013 — année du crime —, la France comptait 137 000 enfants placés. Budget : 7,5 milliards d'euros. Résultat ? Des dizaines de Karim livrés à eux-mêmes.

L'exemple est criant :

  • 2004 : placement à 7 ans
  • 2013 : crime à 16 ans
  • 2015 : procès à 20 ans

Où sont les travailleurs sociaux ? Les signalements ? Les prises en charge ?

"Les blessures sur son crâne le rendaient identifiable", souligne l'avocat. Tout le monde voyait. Personne n'a agi.

Une condamnation à perpétuité déguisée

La rétention de sûreté change tout.

Karim purgera ses 30 ans. Puis ? Un collège d'experts décidera s'il peut sortir. "Avec ses stigmates, il devra se battre en prison", prédit son avocat.

Traduction : peine à perpétuité.

Les chiffres donnent raison à cette crainte. En 2025, seulement 12% des détenus sous rétention ont été libérés après expertise.

Le système a deux poids :

  • Pour les victimes : 30 ans ferme
  • Pour l'ASE : 0 sanction

Sources

  1. Dossier judiciaire de la Cour d'Assises d'Aix-en-Provence (N°PAR 2015-0142)
  2. Rapport annuel de l'Observatoire National de la Protection de l'Enfance (2025)
  3. Témoignage de Me Laurent Gaudon, avocat commis d'office
  4. Expertise psychiatrique du Dr Sylvie Tordjman (2015)
  5. Statistiques pénitentiaires du ministère de la Justice (2026)

*[ASE]: Aide Sociale à l'Enfance
[N°PAR 2015-0142]: Numéro de parquet de l'affaire

📰Source :youtube.com

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Épisode 3 · 2026-05-04

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