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SociétéÉpisode 13/14

Djihadistes français : 700 hommes encore sur zone, des mères espèrent le retour

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-25
Illustration: Djihadistes français : 700 hommes encore sur zone, des mères espèrent le retour
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Christine face au vide

Elle prend l'avion à Roissy. Direction Gaziantep, Turquie — à 60 kilomètres de la frontière syrienne. Christine veut retrouver son fils Thomas, parti faire le djihad en 2015. Un mois après l'attaque de Charlie Hebdo, Thomas et son mentor Fabien Klein — l'homme qui a revendiqué les attentats du 13 novembre — prennent la route de la Syrie. Quatre voitures. Thomas a la charge de faire traverser la frontière à la femme et aux trois enfants de Klein.

Christine a découvert son fils par hasard sur une vidéo diffusée par un site d'information sur Internet. L'arme à la main, en plein combat près d'Alep. « C'est comme si on m'avait mis une piste sous les yeux », confie-t-elle.

Elle contacte des journalistes. On lui présente un intermédiaire syrien — un homme qui connaît tous les groupes de combattants. Il envoie la vidéo à ses contacts à l'intérieur de la Syrie. Deux jours plus tard, les nouvelles sont bonnes : il aurait retrouvé le groupe de Thomas. Son chef s'appelle Abu Mohamed, un djihadiste proche d'Al-Qaïda, 6000 hommes sous ses ordres. L'armée américaine a tenté de l'assassiner sans y parvenir.

Abu Mohamed accepte un appel. Christine lui parle pour la première fois en quinze mois. « Je suis la maman de Thomas. Est-ce que vous avez rencontré mon fils ? » Le chef promet de l'aider. « Thomas est un frère qui est venu nous aider dans notre combat en Syrie. Je vais tout faire pour le retrouver. »

Elle se rapproche de la frontière. Voit les camps de réfugiés. Croise des femmes en noir. « Ça ressemble à la préhistoire, l'asservissement de la femme. J'arrive pas à comprendre comment il a pu basculer là-dedans. »

Puis le rendez-vous crucial. Un djihadiste qui vient de quitter les combats, fraîchement rasé, vêtu de vêtements civils, accepte de la rencontrer dans un appartement de Gaziantep. Christine lui montre la vidéo. La réponse tombe : « Le jeune qu'elle a vu sur la vidéo, ce n'est pas son fils. C'est un Syrien de ma région. Il se ressemble énormément. » Christine refuse d'y croire. « C'est pas possible, c'est pas possible. Regardez, il est là. » Mais l'homme insiste. Il montre une photo récente du vrai Thomas, les cheveux coupés.

Fabien Klein : le recruteur

Thomas n'est pas un cas isolé. Son mentor, Fabien Klein, est l'un des leaders des djihadistes français. Proche de Mohamed Merah, il a revendiqué les attentats du 13 novembre au nom de Daesh. « Huit frères portant des ceintures d'explosifs et des fusils d'assaut ont pris pour... » Klein a radicalisé et déraciné des dizaines de Français. En 2015, il prend la route du djihad avec Thomas.

Thierry Valorus, alias Abu Abdelmalik, a été jugé à Paris pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et condamné à 7 ans de prison. Son avocat, Maître Pradel, explique : « La France ne peut pas les repousser. Ces jeunes sont français et seulement français. C'est un devoir de la France que de recueillir ses ressortissants, qu'ils aient commis des infractions ou non. »

Les repentis : entre regrets et mises en garde

Mariam, une Française, a suivi son mari à Raqqa. Enceinte, sans argent, elle demande de l'aide à Daesh. « Ils nous ont dit : on n'a plus rien à vous donner. » Son mari meurt au combat contre les Kurdes. On la promet à un émir. « J'ai répondu : j'en veux pas. Il m'a dit : tu vas le faire, que tu le veuilles ou non. » Elle fuit. On la bat, on la jette en prison. À sa troisième tentative d'évasion, elle réussit à contacter un passeur.

Abou Fawad, un Français de Marseille, regrette lui aussi. « Ça a été la plus grande erreur de ma vie. Ils vendent du rêve, c'est que du mensonge. » Il est détenu à Azaz, en Syrie, par un passeur qui réclame 15 000 euros pour le libérer.

Selon un ancien djihadiste syrien rencontré en Turquie, ces déserteurs occidentaux ne sont pas repentis mais envoyés pour commettre des attentats en Europe et mourir en martyr.

Le business des passeurs

À Azaz, environ mille djihadistes étrangers sont retenus. Les passeurs réclament 15 000 euros par personne pour les libérer. Les autorités françaises récupèrent en priorité les djihadistes suspectés d'être liés aux attentats commis en France.

Mossoul : le camp d'entraînement des Européens

À Mossoul, l'armée irakienne progresse face à Daesh. Un ancien bâtiment administratif transformé en caserne pour les djihadistes européens est visité. Des dortoirs avec des lits superposés. Un centre d'entraînement pour les snipers. Des cachots dans d'anciennes douches. « Sur ces barres en fer, ils ligotaient les djihadistes et les enfants du califat qui ne suivaient pas les règles », explique le sergent Ali.

Les habitants du quartier libéré hésitent à parler. « On leur disait bonjour, on leur serrait la main pour éviter les problèmes. Si on ne le faisait pas, ils nous disaient : pourquoi vous ne nous saluez pas ? Vous nous détestez ? »

Au checkpoint des services de renseignement irakiens, on trie les réfugiés. « On a des espions au sein de Daesh. On les attrape comme des mouches », assure un officier. Ce jour-là, trois djihadistes sont interpellés.

À Hammam al-Aïl, 200 djihadistes attendent d'être jugés. Aucun n'est français.

Le casse-tête judiciaire français

En France, environ 200 djihadistes sont déjà revenus. Placés en détention provisoire, ils passent devant le tribunal de grande instance de Paris. Le procès de Thierry Valorus s'est conclu par 7 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste.

« La France ne peut pas les repousser », rappelle Maître Pradel.

📰Source :youtube.com

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