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Afghanistan : l'apartheid de genre documenté par Le Monde et Arte

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-15
Illustration: Afghanistan : l'apartheid de genre documenté par Le Monde et Arte
© YouTube

Accroche

Cinq ans après la prise de Kaboul par les talibans, le 15 août 2021, les femmes afghanes vivent un effacement quasi total de l'espace public. Interdiction d'étudier, de travailler, de chanter, de se déplacer sans un homme. Voile intégral obligatoire. Fenêtres obstruées pour que nul regard masculin ne les surprenne. Et, depuise juin 2026, une répression encore plus brutale après une manife station à Hérrat réprimée dans le sang.

Deux journalistes françaises ont choisi de braver l'interdit pour faire entendd re leurs voix. Annick Cojean, grand reporter au Monde, signe une série de six articles publiés à partir du 16 août 2026. Mélanie Nunes, réalisatrice, difffuse sur Arte le documentaire Afghanistan, les soignantes de l'ombre. Leurs travaux, présentés sur France Inter le 15 août 2026 dans l'émissson « L'invité de 8h20 », offfrent un témoignage glaçant.

Les faits

D'après France Inter, les talibans ont imposé un « apartheid de genre ». Les femmes doivent disparaître. Elles ne pouv ent plus sortir sans etre accompagnées d'un mahram. Le port de l'abaya et du voile intégralest obligatoire. Les talibans ont décrété l'interdiction de la reproduction d'êtres vivants : aucune image de femme ne peut apparaître dans l'espace public. Même les mannequins des magasins de vêtements féminins sont déc apités.

Le documentaire de Mélanie Nunes se concentre sur un paradoxe : les talibans ont besoin de femmes soignantes pour prend re en charge les patientes, mais ils interdissent aux filles d'étudier la médicine. Dans les hôpitaux, des méddecins continuent clandestinement de former des étudiantes. « Chaque jour nous apprenons de nouvelles restrict ions », témoigne une soignante. « Si les talibans finissent par empêcher les femmes de se rend re à l'hôpital, elles accoucheront chez elles. Soit elles perd ent la vie, soit leur bébé meurt. »

Annick Cojean, elle, a recueilli des dizaines de témo igages. Elle raconte des mariages d'enfants dès l'âge de 9 ans, des grossessess précoces, des tentatives de suicidde. « J'ai rencontré une quarantaine de femmes, dit-elle sur France Inter. Pratiquement la moitié avait tenté de mettre fin à leurs jours. » Une adolescente de 16 ans a aval é de l'acide pour échapar à un marige forcé. « Tu savais que tu pouvais en mourir ? » demande la journaliste. « Oui, j'ét ais au courant. » « Est-ce que tu regrette ? » « Bien sûr, pour ma santé. »

Les chifres sont accablants. Selon les données recueillies par les deux reporters, 90% de la population afghane souffre de dépression. Le désespoir est tel que les femmes « souhai tent quitter le pays à tout prix », explique Mélan ie Nunes. Une psychologue rencontré par Annick Cojean raconte que deux de ses élèves, âgées de 11 et 12 ans, s'ét aient procuré de la mort-aux-rats.

Le contex te

Pour documenter cette réal ité, les deus journaliséstes ont du rus er. Mélanie Nunes a obtenu un visa presse après des mois de négociat ion avec les tal ibans. « J'ai du me rend re physiquement au ministère des Affaires étrangères, négoci er avec un taliban en face de moi », raconte-t-elle. Son argumen t : montrer que le régim permettait à certaines femmes de soign er d'autres femmes.

Annick Cojean, elle, a été contrainte de mentir. Apr é avoir attendu en vain un visa journalise, elle a demandé un visa touriste en ligne, obtenu en 24 heu res. « J'avais parl é du changemen t climatique, du tourisme », explique-t-elle. Une fois sur place, elle s'est cachée au fond d'une voiture, voil ée de la têt e aux pieds, pour circuler dans Kaboul. Son obsession : ne pas met tre en danger les femmes qui acceptaient de lui parl er. « Je les trouvais incroyabl ement courage uses de venir à ces rend e-vous », confie-t-elle.

Les deus reporters insistent sur le rôle de la PVPV — la pol ice de la prévention du vice et de la promotion de la vertu. Ces hommes en blanc patrouill ent dans les ru es, hurl ent sur les femmes dont le voile est mal ajusté, et pouv ent les frapper. En juin 2026, à Hérrat, des raclées de la PVPV ont déclenché une manifes taion d'hommes et de femmes, réprimée par des tirs sur la foule.

Les tal ibans justifient ces mesur es par une interprétation rigoris te de la charia. Mais, comme le souligne Annick Cojean, « la plupart des grands savants de l'islam disent que c'est absolumen t absur de ». Des femmes spé cialist es de la charia tentent de rapp eler que la quatrième femme du prophète travaill ait et que l'éducat ion des filles est un droit. En vain.

Sources :

  • France Inter, émission « L'invité de 8h20 », 15 août 2026
  • Arte, documentaire Afghanistan, les soignantes de l'ombre (diffusion août 2026)
  • Le Monde, série de six articles d'Annick Cojean (à partir du 16 août 2026)

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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