Crise énergétique : Le G7 impuissant face à la flambée des prix du pétrole

Or noir, fièvre rouge
Mars 2023 restera dans les annales. Le Brent a pulvérisé tous les records : +50% en trente jours. "C'est un séisme", souffle Philippe Chalmin, historien de l'économie à Paris-Dauphine.
Trois facteurs ont mis le feu aux poudres. D'abord, Ormuz — ce goulot d'étranglement où transite un cinquième du pétrole mondial. Ensuite, Trump et ses rodomontades contre Téhéran. Enfin, l'Asie qui aspire tout.
Résultat ? "Les traders parient désormais sur 150 dollars", révèle Chalmin. Certains contrats asiatiques y sont déjà. Du jamais-vu depuis 2008.
Réunion d'urgence, résultats invisibles
30 mars, 17h30. La réunion devait durer deux heures. Elle s'éternise. Autour de la table : banquiers centraux, ministres, conseillers. Tous hagards.
Le communiqué final évoque pudiquement la "stabilité". Chalmin ricane : "Ils n'ont rien compris à cette crise."
L'Agence internationale de l'énergie a bien ouvert les vannes des réserves stratégiques. Peine perdue. "Quelques gouttes dans un océan", lâche l'expert.
Et maintenant ? "Certains pays peuvent bouger. La France, non." Voilà.
150 dollars : l'heure des comptes
"150 dollars..." Chalmin marque une pause. Le chiffre lui colle à la gorge. À ce tarif, l'Europe plonge.
Les dégâts sont déjà visibles :
- Kérosène : +100% depuis janvier
- Diesel : records historiques
- Gaz asiatique : envolée spectaculaire
"On croyait maîtriser l'énergie. Illusion." La facture sera salée.
Trump vs Téhéran : poker menteur
"Il joue avec les marchés comme d'autres avec des allumettes." Chalmin décrypte la méthode Trump.
Exemple : ce tweet du 28 mars. "Frappez Ormuz, et vos centrales sautent." L'Iran réplique dans l'heure. "Ils tiennent le monde en otage", admet l'économiste.
Conséquence ? Une volatilité maladive. Et des cours qui s'affolent.
Transition énergétique : dernier espoir ?
"Une chance, peut-être." Chalmin entrevoit une lueur. La crise pourrait forcer la main.
Mais.
L'Europe vacille. Les taux grimpent. Les banques tremblent. "La mèche est allumée", prévient le professeur.
Prochain épisode : avril.
Sources
- Agence internationale de l'énergie
- Interview de Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique à l'université Paris Dauphine
- Données de marché Bloomberg
- Communiqué du G7 du 30 mars 2023
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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