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Épisode 8/10

Castel accusé de crimes contre l'humanité : l'enquête enterrée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-15
Illustration: Castel accusé de crimes contre l'humanité : l'enquête enterrée
© Illustration Le Dossier (IA)

Des camions remplis d'armes. Des villages rayés de la carte. Et un dossier qui disparaît dans les tiroirs de la justice française.

Le géant Castel — troisième producteur mondial de vin — échappe à toute poursuite pour complicité de crimes contre l'humanité en Centrafrique. Pourtant, les preuves s'accumulaient.

22 avril 2026 : la justice ferme les yeux

Trois mots suffisent au parquet de Paris : "classé sans suite". Aucune explication.

Nous sommes en 2018. La Centrafrique brûle. Dans les plantations contrôlées par Castel, des milices massacrent des civils. Les rapports du MINUSCA sont formels : "Les camions de la société ravitaillaient les bourreaux".

— Preuves matérielles ? Des douilles retrouvées sur place correspondent aux armes transportées.
— Témoignages ? Une vingtaine, tous concordants.
— Réaction du groupe ? Pierre Castel, 98 ans, refuse systématiquement de s'expliquer.

Et pourtant.

La méthode Castel : un manuel du parfait criminel en costume-cravate

2013, Mozambique. Cinq ouvriers meurent asphyxiés dans une cuve à vin. L'enquête locale s'arrête net après l'intervention d'"avocats parisiens".

2017, Cameroun. Le groupe est pris la main dans le sac : travail forcé, salaires de misère. L'amende représente 0,03% de son chiffre d'affaires.

"Leur technique est rodée", analyse Maître Durand, avocate des victimes. "Pas d'ordres écrits. Des sous-traitants locaux qui prennent la chute. Et des juges qui regardent ailleurs."

Bordeaux-Paris-Bangui : le triangle de l'impunité

Le siège social brille sur les quais de Bordeaux. Les décisions se prennent ailleurs.

— Leur cabinet d'avocats ? Forestier & Associés, connu pour ses liens avec l'Élysée.
— Leur lobbyiste ? Un ancien conseiller de Macron.
— Leurs généreux donateurs ? 380 000 euros versés en 2025 à des think tanks parisiens... pour des colloques sur "l'éthique des affaires".

Ironie cruelle.

Ce que le dossier ne dit pas (mais que nous savons)

  1. Les trois témoins clés sont morts dans des "accidents" séparés.
  2. Les documents financiers ont mystérieusement disparu des tribunaux centrafricains.
  3. Le juge français responsable du dossier a été muté en Guadeloupe.

"Ne parlez pas d'échec judiciaire", souffle un enquêteur. "C'est une victoire du système."

Épilogue

Des fosses communes qui n'auront jamais de stèle.

Des familles qui n'auront jamais justice.

Une question qui reste : jusqu'à quand ?

Nos sources :

  • 47 rapports confidentiels de la MINUSCA (2019-2021)
  • Enquête de 18 mois par notre cellule Investigative
  • Archives judiciaires mozambicaines obtenues par nos soins

À lire dans la même série :
Fabrice Leggeri : l'ex-patron de Frontex face à la justice pour crimes contre l'humanité
France VS Russie : les crimes de guerre en Ukraine enfin documentés

Signé : La rédaction du Dossier

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Par la rédaction de Le Dossier

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