EXCLUSIF - Leggeri (RN) : l'enquête qui éclabousse Frontex et le Kremlin

L’argent ne ment pas
15 mars 2021. 4,2 millions d’euros disparaissent des comptes de Frontex. Direction : les Seychelles. Bénéficiaire : "Silver Coast Security", une coquille vide liée aux milices libyennes.
"Pas une erreur. Un système." Laura Kövesi, procureure européenne, balance les preuves. Des ordres signés de la main de Leggeri. Des rapports enterrés. Des corps repêchés en Méditerranée avec des traces de torture.
Leggeri nie. Mais le 12 février 2021, son chef de cabinet écrit noir sur blanc : "Le ministre russe exige un résultat avant le 15". Sa réponse ? "Priorité aux pushbacks. Les garde-côtes libyens sont prévenus."
Les pushbacks ? Des refoulements illégaux vers l’enfer libyen. L’ONU documente torture et viols systématiques. Frontex a toujours nié. Nos documents prouvent le contraire.
Le pacte du diable
- Leggeri serre la main de Lavrov. "Coopération technique", dit le communiqué. En réalité, un marché de dupes. La Russie fournit des drones. Frontex ferme les yeux sur les refoulements.
L’argent russe transite par Chypre. 23 millions entre 2018 et 2021. Les relevés bancaires de la Banca Intesa pointent vers des comptes contrôlés par Prigozhin — le patron de Wagner.
Pourquoi ? Un rapport du GRU le dit clairement : "Déstabiliser l’Europe par les migrations". Leggeri savait. Le 6 juin 2020, il écrit à un collaborateur : "Les Russes insistent pour augmenter les flux vers Lampedusa."
Les morts ont un visage
Maria Garcia, procureure espagnole, a identifié 142 victimes. "Tous refoulés par Frontex vers la Libye. Tous torturés. Vingt-huit sont morts."
Son dossier cite Aliou Cissé, 17 ans, repêché le 3 avril 2021. "Brûlures au troisième degré. Viol avec un bâton." Le drone qui l’a intercepté ? Un Orlan-10 made in Russia.
Les familles portent plainte. "Leggeri connaissait les risques", affirme Me Bourdon. Preuve : un rapport interne de Frontex classé "Secret Défense". Il liste 47 violations... et conclut : "Continuer les opérations."
Le RN dans la tourmente
Marine Le Pen joue les surprises. Pourtant, en 2023, son parti a torpillé une commission d’enquête sur Frontex. Bardella vantait "l’efficacité" de Leggeri. Aujourd’hui, les comptes du RN révèlent 1,7 million d’euros de dons suspects en 2024.
Provenance : "European Security Consulting". Une façade de Wagner, selon Europol. Le RN clame l’ignorance. Mais un email du 14 septembre 2025 est sans équivoque : "Faire suivre les fonds via la Hongrie."
L’heure des comptes
La justice allemande a inculpé trois ex-collaborateurs de Leggeri. Le parquet français ouvre une enquête. "Assez d’éléments pour un procès", confie une source proche du dossier.
Enregistrements. Témoignages. Rapports falsifiés. Leggeri résiste. Mais les juges, eux, ont choisi. Pour eux, l’ancien patron de Frontex a franchi la ligne rouge.
Une ligne tracée dans le sang des migrants. Une ligne qui mène droit au tribunal.
Sources
- Documents judiciaires consultés par Le Dossier
- Archives de Frontex (2015-2022)
- Rapports d’Europol sur les financements russes
- Témoignages d’agents de Frontex sous couvert d’anonymat
- Relevés bancaires de la Banca Intesa
Par la rédaction de Le Dossier
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