Sahara occidental : la grève de la faim des prisonniers sahraouis met à nu les contradictions françaises

Dix-sept jours sans manger. Naâma Asfari, 54 ans, en est à son deuxième refus de nourriture depuis août. Son corps porte les stigmates de seize années de détention — et de sévices documentés par l'ONU. Claude Mangin, son épouse, nous confirme au téléphone : "Il tiendra jusqu'au bout".
Des vies suspendues
Neuf hommes. C'est le nombre de Sahraouis qui risquent leur vie derrière les murs des prisons marocaines. Leur seul tort ? Avoir osé demander, sans armes, ce que le droit international leur accorde : un référendum.
Kénitra. Tiflet. Aït Melloul. Trois noms qui résonnent comme des couperets. Dans ces geôles, deux prisonniers croupissent en isolement depuis des années — un traitement qualifié de torture par les experts onusiens.
Les transferts vers l'hôpital ? Une parodie. Menottes aux poignets, coups à l'arrivée. L'un des détenus, Massaoud Oukal, souffre de séquelles neurologiques irréversibles. Son dossier médical mentionne des électrochocs administrés en détention.
Et pourtant. Chaque semaine, des familles parcourent 800 kilomètres pour trente minutes de visite. D'autres n'ont pas serré leur enfant dans leurs bras depuis cinq ans.
Gdeim Izik : l'étincelle
- Un campement de 20 000 âmes surgit dans le désert. Des tentes, pas des armes. Des cahiers de doléances, pas des manifestes violents.
L'armée marocaine donnera l'assaut le 8 novembre. Bilan officiel : 11 morts. Les observateurs indépendants en comptent le double.
Naâma Asfari paye cher son rôle de porte-parole. Cinq condamnations du Comité contre la torture de l'ONU plus tard, Rabat continue de nier l'évidence.
La France ? Elle ferme les yeux. Tout en signant, en catimini, des contrats d'armement avec le Maroc. Le Quai d'Orsay parle de "réalisme géopolitique". Les juristes, eux, évoquent une violation flagrante du droit international.
Le double jeu
L'ONU exige des libérations. La France bloque. Pire : elle torpille toute résolution gênante pour Rabat au Conseil de sécurité.
— Vous trouvez ça normal ? L'Espagne, pourtant tout aussi dépendante du Maroc, a obtenu la libération de 12 prisonniers politiques l'an dernier. Berlin a fait pression pour des visites médicales. Paris, elle, livre des drones de combat.
Ce qu'il faut suivre :
- L'état critique des grévistes — deux ont perdu 15 kg en trois semaines
- Le vote à l'Assemblée générale de l'ONU le 18 octobre
- Les livraisons françaises d'équipements militaires (oui, vous avez bien lu) prévues en novembre
Dans l'ombre des cellules, neuf hommes préfèrent mourir plutôt que de se taire. Leur jeûne est devenu la seule arme contre l'oubli.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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