Roland Lescure face aux fonds prédateurs : le ministre qui défend l'indéfendable

Novasco : l'État paie pour se faire plumer
"Je le regrette sincèrement". Trois mots. Une pirouette. La confession de Roland Lescure tombe comme un couperet sur les ruines de Novasco.
En 2025, le ministre a validé la reprise de l'ex-Ascoétal par Grébou — un fonds au pedigree sanglant. Monarch Metals au Royaume-Uni. British Steel. Deux cadavres dans son placard. Et pourtant. L'État a injecté 85 millions dans l'opération.
Résultat ? Les fours d'Agondange et d'Augustine sont froids. Les salariés, licenciés. Le tribunal de Paris examine maintenant l'action en responsabilité civile. Trop tard.
La DGE savait. Bercy aussi. Ils ont signé.
Kem One, ou l'art de saigner une entreprise
36,60€ par action. Apollo en a acheté 300 000. Le fonds américain a mis 11 millions sur la table — et fait exploser la dette de Kem One de 10 à 700 millions.
"Certaines entreprises vont mal avec des fonds, d'autres sans", balaie Lescure. Habile. Il oublie juste un détail : 4 700 entreprises françaises laminées par des LBO depuis 2015.
17 milliards d'euros en 2024. Le montant des opérations à effet de levier. Les fonds exigent 15% de rendement. Les entreprises crèvent sous les dettes.
BPI : l'argent public au mauvais endroit
"La BPI n'est pas une assurance tous risques". Voilà. Pendant ce temps, la banque publique injecte 130 millions dans Insect — une start-up aux résultats "extrêmement discutables".
Polytechnil, lui, n'a eu droit qu'à des miettes : 230 millions en 17 ans pour sauver l'industrie. Le leader du polyamide s'est fait dépecer par Onstar. Brevets volés. Usines fermées.
"La BPI pourrait élargir ses missions", murmure Lescure. La Norvège gère des milliers de milliards. Nous, on privatise les pertes.
Régulation ? Un mirage
"Les banques et les fonds n'ont pas les mêmes risques". Le 12 septembre 2024, l'AMF sanctionnait Alpha Blue Ocean pour manipulation de cours. Et après ?
Rien. Les fonds échappent toujours aux plafonds de levier. Les "carried interest" profitent toujours d'avantages fiscaux obscènes.
La directive AIFM révisée ? Un cautère sur une jambe de bois. "La puissance publique doit limiter les excès", admet le ministre. Sans proposer une seule mesure.
Lescure, l'homme qui aimait trop les fonds
Ancien de la Caisse de dépôt du Québec, le ministre cultive ses réseaux. "J'ai quitté ces fonctions il y a dix ans", assure-t-il. Pourtant, sa philosophie saute aux yeux : business d'abord.
300 usines créées depuis 2017, clame-t-il. Combien détruites ? La métallurgie saigne. Les Ehpad deviennent des machines à cash.
"Le capitalisme français a besoin de capitaux". Pas à ce prix. Grébou le prouve : 85 millions perdus, des vies brisées, un fleuron liquidé.
La commission rend son rapport fin mai. Les familles de Novasco attendent toujours.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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