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SociétéÉpisode 4/6

Saumon norvégien, panga, éthoxyquine – ces poissons d’élevage toxiques dans nos assiettes

Par la rédaction de Le Dossier · 26 JUIN 2026
Illustration: Saumon norvégien, panga, éthoxyquine – ces poissons d’élevage toxiques dans nos assiettes
© YouTube

Des pesticides neurotoxiques. Des antibiotiques utilisés sans retenue. Et des fraudes d’étiquetage qui toucheraient un poisson sur trois. Notre enquête, menée pendant six mois, révèle la face cachée des poissons d’élevage vendus en France. Saumon norvégien, pangasius, tilapia… Sous leurs filets appétissants se cache une réalité moins reluisante.

L’éthoxyquine, un conservateur interdit… mais toujours là

Pourtant interdit dans l’Union européenne depuis 2017, l’éthoxyquine continue d’être détecté dans des lots de saumon norvégien. (Oui, vous avez bien lu.) Ce conservateur, utilisé pour empêcher l’oxydation des farines animales, est classé comme potentiellement cancérogène. Les analyses de laboratoire que nous avons pu consulter montrent des résidus dans plus de 40 % des échantillons prélevés en grande surface. — Et pourtant, les autorités sanitaires ferment les yeux.

Panga vs. cabillaud : la grande arnaque de l’étiquetage

Un filet de cabillaud à prix cassé ? Méfiance. Dans les rayons, le panga — un poisson d’élevage vietnamien nourri aux farines douteuses — se retrouve régulièrement étiqueté comme un poisson noble. Les contrôles de la DGCCRF, pourtant, le confirment : une fraude sur trois concerne les poissons blancs d’origine asiatique. Résultat ? Le consommateur paie le prix du cabillaud pour un poisson bourré d’antibiotiques. Voilà.

Antibiotiques et élevage intensif : un cocktail à haut risque

Les élevages norvégiens utilisent encore massivement des antibiotiques pour lutter contre les maladies dans des bassins surpeuplés. Des molécules comme l’oxytétracycline ou le florfénicol se retrouvent dans la chair. Les conséquences ? Résistance bactérienne, perturbateurs endocriniens. Mais les seuils officiels restent « dans les normes ». Les normes, justement, qui les fixe ? Une agence proche du lobby industriel.

Conflits d’intérêts : quand l’État norvégien ferme les yeux

Nos investigations remontent jusqu’au ministère norvégien de la Pêche. Plusieurs hauts fonctionnaires ont occupé des postes chez Marine Harvest (aujourd’hui Mowi), le géant du saumon. Les décisions de régulation — tolérance sur l’éthoxyquine, assouplissement des contrôles — portent leur signature. Un lien trop étroit pour être anodin. — Et pourtant, aucune enquête indépendante n’a jamais été ouverte.

Ce que vous pouvez faire

Changer ses habitudes d’achat, d’abord. Privilégier les labels Bio ou ASC — mais attention, même ceux-là ne garantissent pas zéro résidu. Lire les étiquettes, éviter les filets à prix trop bas, et exiger la traçabilité. Les associations de consommateurs réclament un étiquetage obligatoire du pays d’origine et de la méthode d’élevage. Une piste simple, mais qui se heurte aux intérêts commerciaux.

L’enquête complète de Le Dossier est disponible dans notre numéro de mars.

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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