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SociétéÉpisode 9/6

Incendies : 128 interpellations, 9 feux sur 10 d’origine humaine – l’enquête des gendarmes

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-05
Illustration: Incendies : 128 interpellations, 9 feux sur 10 d’origine humaine – l’enquête des gendarmes
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La suie, les escargots et le sans-plomb 98

Les gendarmes arrivent après les pompiers. Leur boulot : remonter le sens du feu, déchiffrer les traces sur la roche, la végétation, les escargots.

« Sur toute cette face du rocher, c’est noirci. La suie a dû se déposer. Le feu est allé dans ce sens. On va aller dans l’autre sens pour remonter la zone d’origine », explique un adjudant-chef.

Plus loin, un petit escargot calciné devient indice. La partie blanche a brûlé fort, la noire moins. La direction du feu se lit comme une flèche — simple, mais efficace.

Les enquêteurs éliminent les causes une à une : naturelle, installations, travaux agricoles, humaine volontaire, humaine involontaire. Cinq possibilités, une seule bonne.

En laboratoire, les prélèvements de terre, de suie, de mégots passent à la chromatographie. « C’est l’image d’un super carburant, un carburant pour moteur essence qui peut être un sans-plomb 98 », détaille un technicien. Voilà.

Le poids des chiffres : 1 incendie toutes les 2 minutes

Le laboratoire traite entre 500 et 600 dossiers par an. « Les statistiques donnent à peu près 1 incendie toutes les 2 minutes en France », ajoute un enquêteur.

Depuis le début de la saison, 128 personnes interpellées.

La répartition des causes est connue : 25 % de pyromanes (intentionnel), 15 % mégot ou barbecue, 35 % bricolage (meuleuse, tondeuse, moissonneuse), le reste lié aux transports. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

Fontainebleau : un pompier volontaire et des ouvriers

Le cas le plus récent ? La forêt de Fontainebleau. Quatre personnes en garde à vue. Un pompier volontaire avoue avoir mis le feu. Un autre — des ouvriers utilisant une meuleuse sur un chantier.

Le procureur de Gironde a annoncé des peines plus lourdes pour les comportements à risque. « Ils sont poursuivis parce qu’ils ont été inconséquents, inconscients », commente A. Goutard. « Ils n’ont pas maîtrisé leur environnement comme ils devaient le faire, dans une zone comme celle-ci. »

Résultat : 4 % de récidive après condamnation. (Oui, vous avez bien lu.)

25 % de pyromanes : le plaisir du feu

Il n’y a pas que l’imprudence. Un quart des incendies sont volontaires. Pyromanes, plaisir malade — le feu comme une drogue.

« Même si on n’a plus un humain dans la forêt, on aura des feux », prévient P. Dessertine. Et pourtant, l’homme reste la cause principale.

F. Denhez ajoute : « Il n’y a pas un gamin qui n’a pas mis le feu à un bout de papier… » Une banalité qui cache une vérité plus dure.

Le dérèglement climatique

« Même si on n’a plus un humain dans la forêt, on aura des feux », insiste P. Dessertine. Le climat change, la végétation sèche, les incendies s’emballent. Une équation qui dépasse les seuls pyromanes.

📰Source :youtube.com

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