Philippot accuse Darmanin de laisser les violeurs en liberté pour traquer les paysans

54 circulaires en un an — zéro priorité
Gérald Darmanin a pris ses fonctions de garde des Sceaux en septembre 2024. Depuis, il multiplie les directives. Combien exactement ? 54 circulaires en un an, selon les syndicats du monde judiciaire cités par Florian Philippot.
- Un record. Et ce n'est pas rien.
« Vous n'avez pas 54 priorités sinon vous n'en avez aucune », lance Philippot dans l'interview.
La première « circulaire de politique pénale générale » date du 27 janvier 2025. Darmanin y pointait les violences sexuelles contre les femmes et les enfants comme priorité. Le texte existe. Il est public. Mais entre les mots et les actes, le fossé est immense.
Les syndicats de magistrats le disent : à force de tout prioriser, on ne priorise plus rien. Chaque circulaire en annule une autre. Chaque urgence efface la précédente. Résultat : les parquets naviguent à vue.
Et pourtant.
Le drame de Liana — un système en accusation
Le 12 mai 2025, la petite Liana, 5 ans, est retrouvée morte dans le Cher. Le principal suspect, M. Barella, était connu des services de police. Il était en liberté.
« Pendant ce temps-là, vous aviez ce violeur d'enfance, cet assassin présumé maintenant, monsieur Barella, qui lui était laissé libre comme l'air », dénonce Philippot.
Le parquet de Bourges, dans le Cher, avait pourtant du temps. Beaucoup de temps. Pour traquer les agriculteurs.
Trente convocations dans le seul département du Cher. Des paysans convoqués pour des commentaires sur Facebook. Certains ont passé sept heures en garde à vue. Leur crime ? Avoir critiqué le gouvernement, le Mercosur, l'Union européenne ou le couple Macron.
« Dès que vous mettez un commentaire un peu désobligeant pour monsieur Macron, madame Macron ou l'Union européenne sur Facebook, alors là, on vous envoie la troupe », affirme Philippot.
Où est la proportionnalité ? Où est la logique ?
La France consacre 0,2 % de son PIB à son système judiciaire, soit environ 5,3 milliards d'euros et 77,2 euros par habitant (source : Ifrap). L'Allemagne, elle, y consacre 0,3 % de son PIB, soit 136,1 euros par habitant. Les moyens ne sont pas les mêmes. Les priorités non plus.
Des consignes politiques — Philippot accuse
Florian Philippot va plus loin. Beaucoup plus loin.
« Il y a des consignes politiques. C'est évident. Un parquet pour dire : vous poursuivez pas un violeur mais vous poursuivez des paysans. »
Il ne dit pas que Darmanin a ordonné textuellement de « laisser tomber les violeurs ». Il dit que les consignes implicites existent. Que les moyens sont fléchés. Que les parquets savent ce qu'on attend d'eux.
« Je pense qu'il leur dit : c'est eux qu'il faut viser », ajoute-t-il.
La version de Darmanin ? Le garde des Sceaux n'a pas répondu à ces accusations. Sa circulaire de janvier 2025 mettait en avant la lutte contre les violences sexuelles. Mais les faits, selon Philippot, parlent d'eux-mêmes.
« Au lieu d'attaquer nos paysans, on ferait mieux de s'en prendre effectivement au violeur d'enfant. »
Voilà où ça se complique.
Patrick Bruel — la justice à deux vitesses
Le 3 juin 2025, Patrick Bruel est mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel. Il est remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il reste présumé innocent.
Philippot note le contraste. « Il vaut mieux être parfois Patrick Bruel qu'un gilet jaune ou qu'un paysan dans notre pays. »
Le chanteur n'est pas en détention provisoire. Les gilets jaunes, eux, y sont allés. Les agriculteurs aussi.
« On avait le sentiment qu'il valait mieux être une grande star qu'un gilet jaune qui se battait pour ses droits », résume Philippot.
La justice suit son cours, dit-il. Mais elle suit un cours à deux vitesses.
L'affaire Epstein — la commission d'enquête fantôme
Autre angle mort de la justice française : l'affaire Epstein. Le volet français existe. Des victimes potentielles sont en France. Des réseaux ont été identifiés.
« Nous refusons toujours aujourd'hui à l'Assemblée, au Sénat, ce qui est une véritable honte, une commission d'enquête sur l'affaire Epstein et son volet français », s'indigne Philippot.
La France est pourtant « le pays de l'affaire Epstein », selon lui. Mais rien ne bouge. Aucune commission d'enquête. Aucune audition publique. Aucune transparence.
Pendant ce temps, les scandales de l'aide sociale à l'enfance s'accumulent. Placements abusifs. Prostitution de mineurs. Des commissions d'enquête ont eu lieu. Des rapports ont été écrits. Et puis ? Rien.
« La protection de l'enfance n'intéresse pas beaucoup dans notre pays », conclut Philippot.
La candidature présidentielle — entre ambition et renoncement
Florian Philippot est candidat à l'élection présidentielle de 2026. Il l'a annoncé il y a un mois. Mais il a déjà posé une condition : il pourrait renoncer si Philippe de Villiers se présente.
« Ça montre que je ne mets pas mon ego avant la patrie », explique-t-il.
En 2022, il n'avait obtenu qu'une seule signature. Cette fois, il dit partir « beaucoup plus tôt et dans des conditions bien plus favorables ». Son mouvement, Les Patriotes, revendique 44 000 adhérents. Il se présente comme « le plus grand mouvement souverainiste de France ».
Mais les chiffres des européennes de 2024 sont cruels : 0,93 %. En 2019, c'était 0,65 %. Cinq ans de stabilité sous la barre des 1 %.
« Notre temps de parole était inférieur à 1 % », se défend Philippot.
Il propose une primaire souverainiste. Une candidature unique du camp patriote. Nicolas Dupont-Aignan est déjà candidat. Philippe de Villiers pourrait l'être. Philippot veut que « le peuple souverainiste choisisse l'unique candidat de rassemblement ».
« Si c'est pas derrière Philippe de Villiers, c'est derrière Nicolas Dupont-Aignan », dit-il.
Et si c'est lui le gagnant de cette primaire ? « Je ferai la campagne du gagnant. »
Le duel Bardella-Mélenchon — Philippot veut le briser
Le second tour de 2026 pourrait opposer Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon. Philippot veut tout faire pour éviter ce scénario.
« Bardella, c'est un mélange entre la pensée de Macron et le bling-bling de Sarkozy », lance-t-il.
Il cite la coupe de champagne à Monaco pendant la marche blanche pour Liana. « Je crois que ça veut tout dire. »
Mélenchon ? « Le révolutionnaire d'opérette. » Philippot lui reconnaît un certain brio oratoire, mais dénonce son refus de sortir de l'euro et de l'Union européenne.
« Comment on fait pour augmenter les salaires en restant dans l'euro et l'Union européenne qui sont là pour faire baisser nos salaires ? », demande-t-il.
Sa solution : sortir de l'UE, de l'OTAN, de Schengen, de la CEDH. Retrouver la souveraineté monétaire, budgétaire, frontalière.
« 95 % des pays du monde ont leur monnaie nationale, leurs frontières nationales, leurs lois souveraines », rappelle-t-il.
La démission de Darmanin — une exigence
Philippot demande la démission de Gérald Darmanin depuis le premier jour de l'affaire Liana. Il constate que le Rassemblement national ne la demande pas.
« Ils se sont tellement ralliés au système », accuse-t-il.
Le RN reste dans l'UE. Reste dans l'OTAN. Reste dans la CEDH. Reste dans Schengen. Reste dans le marché européen de l'électricité.
« Ce parti-là, c'est un parti du système aujourd'hui », conclut Philippot.
Lui veut une « France qui se libère et qui se redresse ». Une France où les paysans ne sont pas traqués pour un commentaire Facebook pendant que les violeurs d'enfants restent libres.
Une France où la justice protège les plus faibles — pas les plus puissants.
Sources :
- Interview de Florian Philippot (YouTube)
- Circulaire de politique pénale générale de Gérald Darmanin (27 janvier 2025)
- Syndicats du monde judiciaire (54 circulaires en un an)
- Ifrap : budget de la justice en France (0,2 % du PIB, 77,2 €/habitant) vs Allemagne (0,3 % du PIB, 136,1 €/habitant)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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