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PolitiqueÉpisode 44/11

Affaire Liana : un député RN réclame la démission de Darmanin

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-14
Illustration: Affaire Liana : un député RN réclame la démission de Darmanin
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Un décès, une accusation, un baromètre

L'affaire Liana secoue toujours la place Vendôme. Une fillette de 11 ans décède — des défaillances judiciaires en cascade. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, encaisse les critiques. Ce matin, La Tribune Dimanche publie un baromètre : il perd 5 points de popularité. Nikolic ne s'y attarde pas. « Le sujet, c'est pas de savoir si Gérald Darmanin perd ou gagne des points », tranche-t-il. Il parle de la mort d'une enfant. Il parle de dysfonctionnements.

« S'il avait un peu d'honneur, oui, il devrait démissionner. » La phrase claque. Elle suit la position de Jordan Bardella, qui réclamait déjà le départ du garde des Sceaux. Le RN monte la pression. Le gouvernement, lui, reste muet dans cet extrait.

Promesses non tenues, insécurité en hausse

Le député RN ne se contente pas d'une condamnation morale. Il aligne les chiffres officiels. « Quand il promettait 100 % d'OQTF et que l'année suivante, il y en a eu 6 %. » Darmanin, alors ministre de l'Intérieur, avait promis l'exécution systématique des obligations de quitter le territoire. La réalité s'est effondrée. Les OQTF n'ont été exécutées qu'à 6 % l'année suivante. Un écart abyssal.

Même constat sur l'insécurité. Selon Nikolic, « on a les chiffres de l'insécurité les plus importants en Europe avec une augmentation constante ». Le ministre de l'Intérieur de 2020 à 2024 incarnait la sécurité. Pourtant, les violences sexuelles grimpent dans « les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur ». Nikolic parle d'« échec personnel ». L'honneur voudrait qu'on se retire.

Et pourtant. Darmanin reste en poste. « Quand on est aux manettes et qu'on a échoué, l'honneur voudrait qu'on se retire », lance Nikolic. La phrase résonne.

Des propositions de fond : instructions individuelles, peines planchers, OFMIN sous-doté

Nikolic ne se contente pas de critiquer. Il expose des solutions. D'abord, il approuve la proposition d'Édouard Philippe dans Le Parisien : le retour des instructions individuelles pour le garde des Sceaux. Ces instructions — supprimées par Christiane Taubira en 2013 — permettaient au ministre de dicter la politique pénale aux parquets. « Oui, bien sûr », répond Nikolic, catégorique. « Ça irait dans le bon sens. »

Mais le cœur de son discours porte sur les peines et la détection. L'office des mineurs (OFMIN) traque la pédocriminalité sur Internet. Problème : « il n'y a que 1 % des signalements qui sont pris en charge parce qu'on manque de moyens ». Un gouffre. « C'est systémique », martèle le député. Il prône des peines minimales automatiques, des peines planchers. « Il faut que les personnes dangereuses restent longtemps, très longtemps en prison, voire de manière définitive. »

Il va plus loin. La suppression du juge d'application des peines ? « Ça fait partie des propositions de certains candidats à droite. Oui, bien sûr. » Car, selon lui, « on a pris l'habitude de se dire que c'est normal de libérer préalablement ». Philosophiquement, il rejette la réinsertion : « ça ne marche souvent pas ».

Le budget justice : comparaison avec l'Allemagne, lettre de Lecornu

L'entretien glisse sur les finances. Nikolic brandit un comparatif choc : 77 euros par habitant pour la justice en France, contre 138 euros en Allemagne. Soit presque le double. Pourtant, l'emploi public français pèse 22 % de la population active, contre 11 % outre-Rhin. « On a fait qu'augmenter le nombre d'emplois publics, avec un service qui diminue », dénonce-t-il.

Il évoque la lettre de Sébastien Lecornu à ses collègues : « ça suffit, on ne peut pas encore augmenter de 23 000 fonctionnaires directement sur vos ministères ». La rigueur budgétaire s'invite dans le débat. Nikolic enfonce le clou : « il y a un problème où on augmente systématiquement dans des politiques publiques qui ne fonctionnent pas ». Il enchaîne sur les retraites. Le rapport du COR indique qu'il faudrait partir à 67,6 ans à l'horizon 2070. Le RN propose 42 annuités : départ à 67 ans pour ceux qui commencent à 25 ans. « C'est déjà dans notre programme », assure-t-il.

Immigration et sécurité : des chiffres qui interrogent

La conversation bifurque sur un terrain glissant. Nikolic lie insécurité et immigration. Il cite des chiffres italiens et allemands : « 12 fois plus en Italie d'Afghans représentés dans les affaires de viol », « 16 fois plus en Allemagne ». En France, dit-il, « on n'a pas de chiffres ». Il justifie : « on fait présenter un risque supplémentaire ». La justice serait surchargée par ces affaires. Il faudrait « en faire pas venir ». La phrase est nette.

Ces statistiques sont contestées. Mais le député les brandit comme un fait. Libérer du temps à la justice, ajoute-t-il, permettrait de se concentrer sur les « criminels en France ». Une logique de réduction des flux migratoires.

Le Syndicat de la magistrature dans le viseur

Nikolic s'attaque à une cible précise : le Syndicat de la magistrature. Un tiers des magistrats y votent, selon lui. « Un syndicat avec une vision politique qui prône le laxisme judiciaire », accuse-t-il. Il convoque l'affaire du « mur des cons » — des parents de victimes de crimes sexuels y ont été moqués. « Ça montre la vision idéologique », assène-t-il.

Faut-il l'interdire ? « En tout cas, il ne faut pas de syndicalisation politique », répond-il. Les syndicats ne devraient pas avoir de « revendications politiques idéologiques marquées ». Une position qui heurte le principe de liberté syndicale, mais que Nikolic défend comme une nécessité face au laxisme.

La loi intégrale et la réception à Matignon

Sur la fin, le député aborde la « loi intégrale » contre les violences sexuelles, soutenue par 150 parlementaires et reçue le lendemain à Matignon par Sébastien Lecornu. Nikolic se montre ouvert : « tout ce qui va dans l'intérêt de la défense des enfants va dans le bon sens ». Mais il conditionne son soutien à une volonté politique réelle : « si derrière vous n'avez pas une volonté de mettre fin au laxisme judiciaire, ça ne servira à rien ». Le mot « laxisme » traverse tout l'entretien. Un leitmotiv.

Un épisode de plus dans le dossier Darmanin

L'interview d'Alexandre Nikolic s'inscrit dans le dossier « Affaire Liana : Darmanin admet des défaillances, la justice ébranlée ». Le RN ajoute sa voix à celles qui réclament la tête du ministre. Jordan Bardella avait déjà demandé sa démission. Marine Le Pen, selon un article du Figaro cité dans les vérifications, estimait que « ça ne servirait pas à grand-chose ». Une divergence interne ? Le député Nikolic, lui, ne transige pas : « s'il avait un peu d'honneur, oui, il devrait démissionner ».

Reste à savoir si le garde des Sceaux répondra. L'affaire Liana a déjà provoqué une admission de « grave défaillance ». Mais Darmanin tient bon. Pour combien de temps ?

Sources :

  • Baromètre de popularité, La Tribune Dimanche (via bfmtv.com)
  • Proposition d'Édouard Philippe, Le Parisien
  • Rapport du COR sur les retraites
  • Chiffres officiels du ministère de l'Intérieur (cités par Nikolic)
  • Transcription de l'interview d'Alexandre Nikolic (YouTube)

📰Source :youtube.com

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