LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

PolitiqueÉpisode 3/2

Pesticides interdits : la ministre Pannier-Runacher dénonce une dérégulation « trop loin »

Par la rédaction de Le Dossier · 18 JUIN 2026
Illustration: Pesticides interdits : la ministre Pannier-Runacher dénonce une dérégulation « trop loin »
© YouTube

Quarante pour cent du territoire français en sécheresse dès 2026. C’est le chiffre que la ministre de la Transition écologique a lancé depuis le Sénat. Un constat alarmant. Et pourtant, le projet de loi d’urgence agricole va dans le sens inverse.

Agnès Pannier-Runacher s’oppose à la réintroduction de deux pesticides — l’acétamipride et le flupiradifuron — que les rapporteurs du texte ont glissés dans la loi en commission. La ministre le dit clairement : « Je trouve que cela va beaucoup trop loin sur l’eau et beaucoup trop loin sur la prédation du loup. »

La colère des agriculteurs, toujours pas entendue

Le sénateur auteur de la question ne mâche pas ses mots : « le texte n’apporte pas de solutions concrètes pour améliorer le revenu des agriculteurs », revendication première. Il dénonce une « méthodique dérégulation » environnementale. Le texte facilite les ouvrages de stockage d’eau en rendant facultative la réunion publique. Il affaiblit les mesures compensatoires dans les zones humides. Il assouplit les règles de compensation pour la biodiversité. Il réduit les délais de recours contre les projets de stockage. Et il bafoue les jugements d’interdiction de prélèvement. — Une litanie de reculs.

La ministre contre son propre camp

Agnès Pannier-Runacher explique que le gouvernement était arrivé avec un texte compromis avec lequel elle pouvait vivre. « L’Assemblée a débattu et est sorti sur un texte dont je n’approuve pas la totalité des amendements », déclare-t-elle. « Cela va beaucoup trop loin sur l’eau et cela va beaucoup trop loin sur la prédation du loup. » Elle attend les discussions au Sénat et juge certains reculs sur l’eau « pas acceptables ». Voilà.

40 % du territoire en sécheresse : l’urgence ignorée

La ministre annonce : « Aujourd’hui, à la date à laquelle je parle, nous avons déjà 40 % du territoire en sécheresse pour l’année 2026. » Elle prévient : « Il y a de l’accaparement de l’eau qui ne pourra pas se faire au profit de certaines professions. » La gouvernance de l’eau — construite avec les collectivités locales — est menacée : « Il faudra qu’on veille à ce que les collectivités locales retrouvent toute leur place. »

La réintroduction des pesticides : un non-sens environnemental

Le sénateur interpelle : « La sacro-sainte simplification, érigée en principe intangible, nous autorise-t-elle à faire tout et n’importe quoi ? » La ministre répond sans détour : « Mon point de vue est clair. J’y suis opposée. »

Sources : Projet de loi d’urgence agricole, déclarations d’Agnès Pannier-Runacher à l’Assemblée nationale, vidéo du débat parlementaire (lien).

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 3 · 18 JUIN 2026

Pesticides interdits : la ministre Pannier-Runacher dénonce une dérégulation « trop loin »

Sur le même sujet