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SociétéÉpisode 10/9

Pêcheurs français en colère : le carburant hors de prix

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-09-17
Illustration: Pêcheurs français en colère : le carburant hors de prix
© YouTube

Un prix record. Pour les pêcheurs français, la hausse du gasoil est synonyme de faillite. Depuis plusieurs jours, ils bloquent les dépôts pétroliers pour protester contre la hausse des prix du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail. Le gouvernement a réagi en prolongeant les aides jusqu’au 31 décembre. Mais pour les professionnels de la mer, c’est insuffisant. Voici pourquoi.

Le carburant, cœur de la crise

Un coût substantiel par jour. C’est le constat pour un chalutier. Manuel Martinez, vice-président du comité des pêches de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, résume la situation : « On part le matin, on fait un plein qui nous coûte tant, et on va pêcher un gain qui va nous rapporter autant. Donc aucun intérêt d’aller travailler. » Le prix du gasoil a triplé depuis le début de l’année. Résultat : les pêcheurs perdent de l’argent à chaque sortie en mer.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une augmentation de l’aide carburant de 10 centimes par litre, portant celle-ci à 0,35 €. Une mesure jugée dérisoire par les professionnels. « 10 centimes de plus sur un gasoil qui va prendre 30 ou 40 centimes de plus, c’est pas logique », déplore Manuel Martinez. Les pêcheurs demandent un plafonnement du prix du carburant à 70-80 centimes par litre. Au-delà, le métier n’est plus viable.

Comparaison internationale : l’Espagne en exemple

Un prix bien inférieur en Espagne. En France, le gasoil atteint des niveaux élevés. Une différence importante qui interroge. « Comment un pays frontalier comme l’Espagne peut avoir pratiquement 1 € de différence avec la France sur le prix du gasoil ? », s’interroge Manuel Martinez. Les salaires espagnols sont certes inférieurs, mais cette explication ne suffit pas à justifier un tel écart.

Les pêcheurs critiquent des aides jugées insuffisantes et mal ciblées. « On veut pas vivre d’aides non plus. On veut pas attendre les aides à la fin du mois pour payer nos frais », martèle Manuel Martinez.

Les surcoûts administratifs et sécuritaires

Une charge administrative importante. Les pêcheurs dénoncent également les surcoûts administratifs et sécuritaires qui plombent leurs entreprises. « On devient des secrétaires, on doit passer une heure à faire des papiers », explique Manuel Martinez. Ces contraintes, ajoutées à la hausse des prix du carburant, rendent le métier de plus en plus difficile.

Le réchauffement climatique et la guerre au Moyen-Orient sont également pointés du doigt comme facteurs aggravants. Les tensions internationales sur les routes du pétrole font flamber les prix.

Le gouvernement face à la colère

Un effort budgétaire substantiel. Mais pour les pêcheurs, c’est trop peu, trop tard. « Le gouvernement s’occupe du monde entier, mais pas des Français », dénonce Manuel Martinez. Les professionnels de la mer demandent une réaction plus forte et plus rapide.

La ministre de la mer et de la pêche a reçu une délégation de pêcheurs pour discuter de leurs revendications. Mais les annonces faites jusqu’à présent ne suffisent pas à calmer la colère. « On est mort. Mort pour mort, on va continuer », prévient Manuel Martinez.

Et maintenant ?

La mobilisation pourrait s’étendre. Les pêcheurs espèrent que d’autres secteurs, comme les agriculteurs et les routiers, les rejoindront dans leur lutte. « Il faut être solidaire. C’est le moment où le Français doit être solidaire », insiste Manuel Martinez.

Le gouvernement devra trouver des solutions rapides et efficaces pour éviter une crise sociale de grande ampleur. Les pêcheurs, eux, sont prêts à aller jusqu’au bout. « Si rien ne change, on devra arrêter les bateaux, vendre des entreprises qui ne coûteront plus rien », prévient Manuel Martinez. La balle est dans le camp du gouvernement.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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