Total et le gouvernement accusés de profiter de la crise du carburant

2,28€ le gazole. 1,98€ le SP95. Des chiffres qui brûlent les yeux — et le portefeuille. Pendant que le baril plonge sous les 100 dollars, les pompes, elles, résistent. Les distributeurs balancent la patate chaude aux raffineurs. Et pourtant.
Le paradoxe des pompes
« On ajuste nos prix chaque jour selon les cours de Rotterdam. » Dominique Schelcher (Système U) se défend devant la Commission des affaires économiques. Hausse d’un centime, baisse de deux… Mais jamais de vraie décrue.
La raison ? Les distributeurs assurent ne toucher que 1 à 3 centimes par litre. Une marge symbolique. Le vrai jackpot, selon eux, se cacherait ailleurs : « Le sujet est chez les raffineurs qui veulent chercher l’argent. » Un aveu cash.
Total, l’empire des marges
Total cumule les casquettes : producteur, raffineur, distributeur. Trop, selon le ministre de l’Économie, qui a saisi Bruxelles. Les marges de raffinage ? « Excessives », tranche Schelcher.
Solution avancée : suspendre les certificats d’économie d’énergie (C2E). Gain estimé : 10 à 15 centimes par litre. Simple. Efficace. Mais le gouvernement regarde ailleurs.
L’État dans l’impasse
Plafonner les marges des distributeurs ? « Une usine à gaz », ironise Schelcher. L’OFCE enfonce le clou : « L’opinion veut des coupables. Mais l’État n’engrange pas de profits sur cette crise. »
Pendant ce temps, les aides ciblées arrivent au compte-gouttes. Trop peu. Trop tard.
Familles sous tension
2% de pouvoir d’achat envolé depuis 2022. Les vacances ? Un rêve lointain. « Certains annulent leurs trajets en camping-car », constate Schelcher. Covoiturage, optimisation des trajets… La débrouille devient la norme.
Et ça va durer. L’OFCE, le FMI et la Banque de France sont formels : pas de retour au calme avant 2027. « Les infrastructures endommagées coûtent cher à rouvrir », explique Eric Heyer.
Voilà.
Urgence sociale
Agriculteurs asphyxiés. PME au bord du gouffre. Le plan d’électrification de Lecornu ? « Déjà obsolète », critique Heyer. Il fallait agir en 2022.
Un auditeur de France Inter résume la colère : « Le consommateur trinque. L’État se gave. » Wauquiez exige plus de transparence sur les bénéfices publics. Heyer tempère : « L’État ne gagne pas en crise. Jamais. »
Épilogue sans fin
Trois coupables. Un seul perdant : le Français moyen. Entre Total, les distributeurs et l’État, la crise du carburant révèle un système à bout de souffle.
Les solutions existent. La volonté, elle, se fait attendre.
À suivre — mais jusqu’à quand ?
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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