Omar Raddad : l’inscription sanglante et l’ADN inconnu, trente ans de doute sur une erreur judiciaire

« Omar m’a tué. » Cinq mots. Écrits en lettres de sang sur une porte de cave. Une faute d’orthographe. Un prénom. Et un homme, Omar Raddad, jardinier marocain analphabète, arrêté le lendemain. Condamné en 1994, il clame son innocence depuis trente ans. Aujourd’hui, des expertises ADN révèlent un profil génétique inconnu, retrouvé trente-cinq fois sur les inscriptions. La justice française, saisie d’une nouvelle demande de révision, n’a pas encore tranché. Selon le documentaire « Omar Raddad, le coupable idéal » — diffusé dans l’émission Au bout de l’enquête — le dossier reste ouvert. Mais les zones d’ombre, elles, n’ont jamais été levées.
L’inscription qui a tout scellé
Le 24 juin 1991, à Mougins, sur les hauteurs de Cannes, Ghislaine Marchal ne répond pas. Cette riche héritière de soixante-cinq ans, propriétaire de la villa La Chamade, devait se rendre chez sa voisine, madame Coster, pour l’anniversaire de son mari. Elle n’est jamais venue. Inquiète, madame Coster téléphone à Francine Pascal, une amie proche de la victime. Ensemble, elles se rendent à la villa. Le portail est ouvert. La porte d’entrée n’est pas fermée à clé. L’alarme n’a pas été enclenchée. Rien n’a été volé, selon les premières constatations rapportées par le documentaire. Le sac à main de Ghislaine Marchal est encore là. Ses lunettes aussi. Ses mots croisés, posés sur la table.
Les gendarmes de la brigade territoriale de Mougins arrivent sur place. Ils fouillent la maison. Rien. Le seul endroit qui n’a pas été inspecté, c’est le sous-sol. Dans une boîte à cigares, un trousseau de clés est retrouvé. L’une d’elles porte une étiquette : « chaufferie ». Les gendarmes descendent l’escalier extérieur. La porte de la cave est fermée. Ils poussent. Elle résiste. Un des gendarmes passe la main dans l’interstice. Il sent un obstacle. Ils poussent plus fort. La porte cède. Derrière, un lit pliant, un chevron et une barre métallique avaient été disposés pour bloquer l’entrée.
Dans la chaufferie, le corps de Ghislaine Marchal gît. Elle porte un peignoir. Elle a perdu beaucoup de sang. Des coups sur le devant de la tête. Plusieurs coups de couteau. L’arme du crime n’est jamais retrouvée.
Les gendarmes avancent dans le sous-sol. Sur une première porte, une inscription nette, ferme, écrite en lettres de sang : « Omar m’a tué ». Le participe passé est mal accordé : « tué » est écrit « tuer » — une faute d’orthographe. Sur une seconde porte, une autre inscription, plus hésitante, qui dégringole vers le bas : « Omar m’a tue ». La victime, épuisée, n’a pas fini d’écrire, selon l’interprétation des enquêteurs rapportée par le documentaire.
Pour les gendarmes, le message est clair. La victime a désigné son meurtrier avant de mourir. Ils cherchent un homme prénommé Omar dans l’entourage de Ghislaine Marchal. Francine Pascal, interrogée, répond naturellement : « Omar, c’est le prénom du jardinier. » Omar Raddad, employé par la victime et par madame Pascal elle-même.
Le lendemain, 25 juin 1991, Omar Raddad est arrêté à Toulon, où il fêtait l’Aïd el-Kébir avec sa femme et ses deux enfants. Il ne résiste pas. Il ne parle pas français. Il ne sait pas lire. Selon le documentaire, il dit à sa femme : « Je vais revenir bientôt, c’est sûrement une confusion. » Il ne reviendra pas avant sept ans.
Une enquête sous influence
L’enquête, selon le documentaire, s’est construite autour de cette unique inscription. « Entre cette hypothèse et cette conclusion, l’enquête ne pourra pas s’écrire véritablement », explique le professeur de criminologie Alain Bauer, cité dans le film. « L’enquête va être totalement influencée par cette inscription. » Les gendarmes ne relèvent aucune empreinte dans le sous-sol. Ni dans la maison. L’arme du crime n’est pas retrouvée. Les vêtements d’Omar Raddad — qu’il portait encore le lendemain — ne présentent aucune trace de sang. Ni ses chaussures. Selon le documentaire, les experts s’accordent à dire que s’il avait commis les faits, ses vêtements auraient
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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