Céline Giboire : suicide impossible, la contre-enquête qui accuse la police

La thèse officielle : une fugue, un suicide
Le 27 février 2012, Céline Giboire disparaît après les cours. Elle n’a pas de raison de fuir. Ses proches le jurent : elle aimait sa vie, sa sœur jumelle Laura, ses projets. Pourtant, la police de Rennes construit dès les premières heures un scénario : fugue, stop jusqu’à Saint-Malo, saut dans le vide depuis la falaise du parc des Corbières. Un lieu qu’elle ne connaissait pas. Une destination qu’elle n’a jamais évoquée.
Le lendemain, le corps est retrouvé. Trente mètres plus loin que le point d’impact prévisible. Sur le dos. Les bras en l’air. Comme si quelqu’un l’avait traînée. La chute a brisé sa colonne vertébrale. Céline est devenue paraplégique instantanément. Seul son bras droit reste fonctionnel.
Mais les enquêteurs tiennent leur ligne. Ils affirment que Céline a sauté, puis qu’elle a rampé sur la plage escarpée — à la seule force de son bras droit — pour aller mettre la tête dans l’eau et se noyer. Un exploit que même un athlète paralympique ne pourrait accomplir. Une absurdité que la police a pourtant validée sans sourciller.
« Dès le début, rien ne colle à cette thèse », dit Max Kays, journaliste de HVF (Hors Vue Fr), qui a mené la contre-enquête. Il a passé des mois à disséquer le dossier. Il a rencontré la famille, les experts, le dernier témoin ayant vu Céline vivante. Et il a obtenu l’intégralité du rapport d’autopsie.
Ce rapport, le Dossier l’a consulté. Il contient des éléments que la version officielle ignore ou minimise.
Le corps parle : les traces de violence
Une adolescente de 16 ans qui se suicide sans raison. Un corps retrouvé trente mètres hors de la zone d’impact. Des bras relevés au-dessus de la tête. Et sur la peau, des marques. Des traces de violence sexuelle.
Le rapport d’autopsie le mentionne clairement. Céline a subi des sévices avant de mourir. Personne n’a cherché à identifier l’auteur. Personne n’a lancé d’investigation pour viol. Au lieu de cela, la police a conclu au suicide.
« Le corps de Céline porte des traces de violence sexuelle », confirme Laura Giboire, sa sœur jumelle. « On lui a coupé un bras », dit leur mère, parlant de la douleur de perdre l’autre moitié de soi. La famille a porté plainte. Rien n’y fait. L’enquête reste classée.
Les enquêteurs de l’époque ont-ils volontairement ignoré ces traces ? Ont-ils été pressés de clore le dossier ? Un seul d’entre eux a accepté de répondre aux questions de Max Kays. Il est venu défendre l’enquête face caméra. Mais ses explications n’ont pas convaincu.
Le journaliste a aussi retrouvé le dernier témoin connu avoir vu Céline vivante. Il l’a filmé en caméra cachée. « Courage », dit-il sobrement. Ce témoin n’a jamais été entendu sérieusement par la police.
Impossible de ramper : le légiste accuse
Alors que la police judiciaire de Rennes affirme que Céline a rampé sur la plage, Max Kays a fait ce que personne n’avait fait avant lui : il a consulté un expert indépendant. Le médecin légiste Philippe Boxo — nom connu des affaires criminelles — a analysé le dossier sans connaître les conclusions officielles.
Sa réponse est cinglante.
« D’après la petite expérience que j’ai, moi je n’ai jamais vu ça, je n’ai jamais connu ça et je n’imagine pas comment on peut le faire. Et puis ce qui m’ennuie, je continue à le dire, qu’est-ce qu’elle fout sur le dos ? Comment elle a fait avec les deux bras relevés au-dessus de la tête ? Non, j’ai jamais vu ça. C’est un bras cassé en plus, qui fait un mal de gueux. Non, c’est de la folie. »
Boxo ne mâche pas ses mots. Pour lui, le scénario du rampement est médicalement impossible. Une personne paraplégique, avec un seul bras fonctionnel et des fractures multiples, ne peut pas se traîner sur une plage escarpée, mettre sa tête dans l’eau et se noyer. C’est une absurdité.
Et pourtant, c’est cette version qui a permis de classer l’affaire.
Où est l’enquête pour viol ? Où sont les prélèvements ADN ? Où est la recherche de l’agresseur ? La réponse est simple : nulle part. La police a préféré une thèse simple, rapide, qui ne dérange pas. Le corps de Céline, lui, n’a pas pu mentir.
La famille Giboire : quatorze ans d’acharnement
Laura Giboire parle d’une voix calme, mais le poids des années se devine dans chaque mot. « Quand ça t’arrive, avant tu dis toujours : ça arrive qu’aux autres. » Depuis quatorze ans, elle et ses parents se battent pour que la justice reconnaisse que Céline a été assassinée.
« Le fait de se battre pour elle, on a cette sensation qu’elle est avec nous », confie Laura. Mais la machine judiciaire reste sourde. Pas de mise en examen. Pas de procès. Juste un dossier qui dort.
« Si tu veux savoir la vérité, il faut te battre. C’est quand même pas une chose normale. Et puis on a cette soif de justice, on l’aimait tellement qu’on ne peut pas laisser passer. Si ça avait été elle à notre place, elle y aurait mis toute la hargne. »
La famille a tout tenté : médias, pétitions, page Facebook « Justice pour Céline Giboire ». Rien n’a forcé la réouverture de l’enquête. Jusqu’à ce qu’un journaliste décide de prendre le relais.
La contre-enquête : ce que Prime Video va montrer
Max Kays, fondateur de HVF, est connu pour ses enquêtes vidéo percutantes. Mais cette fois, il a franchi un cap. Pour la première fois en près de dix ans, il a quitté son studio en Picardie, pris la voiture et roulé jusqu’en Bretagne. Il a passé des mois à reconstituer le puzzle.
« Dès que j’ai découvert le dossier et qu’on m’a tout de suite parlé de fugue et d’enquête bâclée, ça m’a titillé. Parce que là, on est dans le cliché pur et dur des HVF. »
Le résultat est une contre-enquête en trois épisodes, diffusée le 22 mai 2026 sur Amazon Prime Video. La plateforme a soutenu le projet. Le Dossier a pu visionner les bandes-annonces. On y voit le légiste Boxo, la famille, le dernier témoin, et surtout les preuves irréfutables que la version officielle tient de la fiction.
« Je ne peux pas vous promettre que cette série va rouvrir l’enquête, ni que le coupable sera retrouvé, dit Max Kays. Mais je peux vous promettre qu’on aura essayé avec sérieux, respect et rigueur. »
— Et ce n’est pas rien — : en France, la médiatisation reste le seul levier qui fait bouger les lignes. La famille le sait. Elle espère que cette fois, la pression médiatique contraindra la justice à agir.
Justice en suspens
L’enquête sur la mort de Céline Giboire est toujours ouverte. Officiellement. Dans les faits, rien n’avance depuis 2012. Aucun suspect n’a jamais été identifié. Aucune piste n’a été suivie.
La question qui hante les Giboire est simple : qui a tué Céline ? Pourquoi ? Et surtout, pourquoi la police a-t-elle enterré l’affaire ?
Un dossier truffé d’incohérences. Un corps qui porte les stigmates d’un crime. Un légiste qui crie à l’impossible. Et pourtant, la justice dort.
Le Dossier a tenté d’obtenir une réaction du parquet de Rennes. Pas de réponse. Le procureur de l’époque est aujourd’hui à la retraite. Les enquêteurs de la PJ de Rennes, eux, n’ont pas souhaité commenter.
Reste une famille brisée. Une sœur jumelle qui continue de se battre. Une mère qui ne peut pas faire son deuil. Et un assassin ou des assassins qui, quatorze ans plus tard, marchent en liberté.
« Si ça avait été elle à notre place, elle y aurait mis toute la hargne », répète Laura. Alors elle continue. Pour Céline.
Le dossier est loin d’être clos. Une date. Un virement. Une question. Le 22 mai, la vérité sortira des écrans. Sera-t-elle assez forte pour réveiller la justice ?
Sources
- Rapport d’autopsie de Céline Giboire (2012) – contient les traces de violence sexuelle, la paraplégie et les lésions incompatibles avec un rampement.
- Témoignage du médecin légiste Philippe Boxo – consultation indépendante pour la contre-enquête HVF.
- Témoignage du dernier témoin ayant vu Céline vivante – filmé en caméra cachée par Max Kays.
- Témoignage d’un enquêteur de la PJ de Rennes – seul à avoir accepté de défendre l’enquête face caméra.
- Contre-enquête de Max Kays (HVF) « Céline Giboire : suicide impossible » – trois épisodes diffusés sur Amazon Prime Video le 22 mai 2026.
- Page Facebook « Justice pour Céline Giboire » gérée par Laura Giboire, sœur jumelle de la victime.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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