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JusticeÉpisode 18/11

EXCLUSIF - Guyane : l'armée française et la Légion étrangère en guerre contre la mafia de l'or

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-06
Illustration: EXCLUSIF - Guyane : l'armée française et la Légion étrangère en guerre contre la mafia de l'or
© YouTube

La jungle, nouveau Far West

10 000 orpailleurs clandestins. 20 000 hectares de forêt détruits. Une économie parallèle basée sur l’or. Voilà le tableau brut de la Guyane, devenu un Far West moderne. Les militaires français y mènent une guerre sans merci contre des réseaux mafieux qui pillent les ressources et dévastent l’environnement.

La plupart de ces orpailleurs viennent du Brésil voisin, avec lequel la France partage 700 km de frontières. Pour extraire l’or, ils utilisent du mercure, empoisonnant les sols et les cours d’eau. À 7000 km de Paris, les militaires traquent ces chasseurs d’or illégaux tout en sécurisant un site stratégique : le pas de tir de la fusée Ariane.

En première ligne : la Légion étrangère

La Légion étrangère est en première ligne. Ses hommes s’entraînent au CEFEU (Centre d’Entraînement en Forêt Équatoriale), où les stages comptent parmi les plus difficiles au monde. Pendant deux semaines, 18 légionnaires sont poussés à bout dans des conditions extrêmes.

L’adjudant Thomas, un Polonais de 21 ans de service, dirige l’entraînement. "À la fin de ce stage, la section devrait maîtriser les techniques de combat dans le milieu équatorial", explique-t-il. Son objectif ? Transformer ces hommes en combattants aguerris capables de survivre dans la jungle.

Les orpailleurs, proies des mafias

Armés et souvent liés à des gangs, les orpailleurs clandestins sont à la merci des mafias. Ces réseaux criminels volent, rançonnent ou éliminent ceux qui menacent leur business. À leur tête, Zélius, un parrain de Macapá, ville brésilienne proche de la frontière guyanaise.

Les militaires français ont pour mission d’arrêter ces criminels et de détruire les mines illégales. Ils opèrent en coordination avec la police aux frontières et la gendarmerie. "Objectif du jour : arrêter et expulser un maximum de chercheurs d’or", précise le sergent Nicolas.

Une économie parallèle basée sur l’or

Dans la jungle guyanaise, l’or est la monnaie locale. Canettes de coca, frigos, tout se paie en grammes d’or. Les orpailleurs dépendent entièrement des réseaux mafieux qui contrôlent leur ravitaillement. "C’est toute une organisation, une économie", confie un soldat.

Les conditions de travail sont extrêmes. Les mines illégales, souvent étroites et instables, ressemblent à un voyage au centre de la terre. "Les éclats de roche peuvent provoquer des blessures graves", explique un militaire. Et pourtant, les opérations continuent.

La destruction des mines illégales

Pour détruire les mines, les militaires utilisent des explosifs. Ces opérations, menées avec prudence, nécessitent un soutien médical sur place. "Les manœuvres à risque comme les explosifs exigent un médecin sur zone", souligne Vanessa, médecin militaire.

Lors d’une mission, Ricardo, un orpailleur clandestin, perd l’usage de ses deux mains en tentant d’empêcher une explosion. Les militaires montent un poste de secours sous la pluie et tentent de stopper l’hémorragie. Ricardo est évacué à l’hôpital de Cayenne, où il sera amputé dès le lendemain.

La Légion, une seconde chance

La Légion étrangère offre une porte de sortie à ceux qui veulent changer de vie. Scott, ancien militaire américain, a rejoint la Légion après avoir été renvoyé de la Navy. À 40 ans, il est le plus âgé du stage. "Je me suis engagé pour servir la France, dans l’espoir d’être déployé en mission extérieure", raconte-t-il.

Paulin, originaire du Cameroun, a aussi trouvé sa voie. Après des débuts difficiles, il s’est imposé. "Si t’as été désigné par l’instructeur pour être ici, c’est qu’il a jugé que t’étais le meilleur de la section", félicite l’adjudant Thomas.

Une guerre sans fin

La lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane est un combat sans fin. Les réseaux mafieux sont puissants, et les conditions de travail, éprouvantes. Mais les militaires français restent déterminés à protéger les ressources naturelles et à sécuriser le territoire.

"Les missions sont cruciales. Elles mettent un coup d’arrêt à leur insouciance", explique Patrick, major de la police aux frontières. Et aujourd’hui, la loi française les a rattrapés. Mais une chose est sûre : cette guerre est loin d’être terminée.

📰Source :youtube.com

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