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SociétéÉpisode 4/14

RDC-USA : le pacte secret de Trump pour déporter les migrants en Afrique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-11
Illustration: RDC-USA : le pacte secret de Trump pour déporter les migrants en Afrique
© YouTube

Un accord secret. Des migrants expulsés illégalement. Une violation flagrante des droits humains. Voilà ce que révèle le communiqué du ministère de la communication de la RDC, publié le 5 avril 2024. Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont conclu un pacte avec la République démocratique du Congo pour déporter des migrants vers un pays tiers. Sans procédure légale. Sans consultation des parlementaires congolais. Et sans aucune transparence.

La suite est édifiante. Derrière ce texte officiel se cache une réalité bien plus sombre. Une réalité où des vies humaines sont sacrifiées sur l’autel des intérêts géopolitiques et économiques.

Un accord révélé au compte-gouttes

“Rassurez-vous, circuler, il n’y a rien à voir.” Voilà en substance le message du communiqué du ministère de la communication de la RDC. Un texte publié le 5 avril 2024, et révélant pour la première fois l’existence d’un accord secret entre les États-Unis et la RDC. Un accord négocié dans l’ombre. Sans consultation du parlement congolais. Sans débat public.

Pourquoi un tel secret ? Parce que cet accord permet aux États-Unis d’expulser des migrants vers la RDC — un pays qui n’a aucun lien avec leur pays d’origine. Ces migrants, souvent réfugiés pour des raisons de persécution ou d’orientation sexuelle, sont ainsi transférés de force vers un territoire qu’ils ne connaissent pas. Un territoire en proie à une guerre interne depuis 40 ans. Un territoire où 6 millions de Congolais sont déjà déplacés.

“Cet accord est transitoire”, précise le communiqué. Mais que signifie “transitoire” ? Trois mois ? Six mois ? Un an ? Les détails restent flous. Une chose est sûre : une fois sur place, ces migrants seront coincés. Les États-Unis ne prévoient pas de les rapatrier. L’objectif est clair : s’en débarrasser définitivement.

Une violation flagrante des droits humains

Les défenseurs des droits humains sont en colère. “Cet accord est en violation totale des droits humains”, dénoncent-ils. Et pour cause. Le transfert forcé de population vers un territoire étranger est une pratique illégale selon le droit international. Une pratique qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire.

“Déportation”. Le mot est lourd de sens. Chargé d’histoire. Pourtant, il semble être le terme le plus approprié pour décrire cette situation. Selon le droit international, la déportation désigne le “transfert forcé de personnes civiles ou d’autres personnes protégées par les conventions de Genève à l’extérieur du territoire où elles ont leur résidence”. Une définition qui correspond parfaitement à cet accord.

Et pourtant. Le gouvernement congolais tente de justifier l’injustifiable. Dans son communiqué, il assure que “la RDC contrôle tout”. Que “cet accord est encadré”. Des affirmations qui sonnent creux face à la réalité des faits. Une réalité où des vies humaines sont traitées comme de simples marchandises.

Les États-Unis multiplient les accords secrets

Ce pacte avec la RDC n’est pas un cas isolé. Les États-Unis ont déjà signé des accords similaires avec plusieurs pays, dont le Ghana, le Cameroun et le Costa Rica. Une stratégie mise en place sous l’administration Trump pour se débarrasser des migrants indésirables.

La méthode Trump est simple : menace, coercition ou deal. Avec le Cameroun, les États-Unis ont retenu un paiement de 30 millions de dollars destiné au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. “Soit vous acceptez l’accord, soit on retient l’argent”, ont-ils déclaré. Avec la RDC, c’est une promesse d’aide militaire et de renseignement qui a été utilisée comme monnaie d’échange.

Ces accords ne sont pas seulement illégaux. Ils sont immoraux. Ils bafouent les droits humains les plus fondamentaux. Et ils révèlent une politique migratoire basée sur la peur et le rejet de l’autre.

La RDC : un pays en crise

La République démocratique du Congo est plongée dans une crise humanitaire depuis des décennies. Une guerre interne dans l’est du pays a provoqué le déplacement de 6 millions de personnes. Un conflit qui oppose le gouvernement congolais à des groupes armés, dont le M23, soutenu par le Rwanda.

Dans ce contexte, l’accord avec les États-Unis semble insensé. “Nous sommes déjà en situation de crise absolue”, dénoncent les défenseurs des droits humains. “Accueillir des migrants qui ne connaissent ni d’Ève ni d’Adam, est-ce vraiment une priorité ?”

La réponse est évidente. Non. Mais pour le président congolais Félix Tshisekedi, cet accord représente une opportunité géostratégique. En s’alliant avec les États-Unis, il espère obtenir une protection militaire et un soutien dans la résolution du conflit dans l’est du pays. Un calcul politique qui se fait au détriment des droits humains.

L’accord de Washington : une toile de fond

Le 4 décembre 2023, un autre accord a été signé à Washington. Entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis, sous l’égide du Qatar. Cet accord prévoit le désarmement des groupes armés dans l’est de la RDC, notamment les FDLR, ainsi que l’accès aux ressources minières de la région. Des ressources très convoitées, qui ont sans doute motivé l’intérêt de Trump pour la région.

L’accord secret sur l’expulsion des migrants semble être un prolongement de cette stratégie. Une stratégie où les intérêts économiques et géopolitiques priment sur les droits humains. Une stratégie où les migrants sont réduits à de simples pions sur un échiquier mondial.

Une politique du fait accompli

Les États-Unis et la RDC ont choisi la politique du fait accompli. En négociant cet accord dans l’ombre, ils ont évité tout débat public. Tout contrôle parlementaire. Tout respect des procédures légales.

Le communiqué du ministère de la communication congolais n’est qu’une tentative de justification. Une manière de dire : “C’est fait, il n’y a plus rien à discuter.” Mais cette méthode ne fait que renforcer l’opacité et l’illégalité de cet accord.

Les conséquences seront désastreuses. Pour les migrants expulsés, qui se retrouveront dans un pays en crise, sans aucune perspective d’avenir. Pour la RDC, déjà en proie à une guerre interne. Et pour les États-Unis, dont la réputation internationale sera encore plus écornée.

La méthode Trump mise à nu

Cet accord révèle la méthode Trump dans toute sa brutalité. Une méthode basée sur la menace, la coercition et le deal. Une méthode où les droits humains sont sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et géopolitiques.

Donald Trump n’a jamais caché sa haine des migrants. Avec cet accord, il franchit une nouvelle étape. Une étape où les migrants ne sont plus seulement rejetés, mais déportés vers des pays tiers, sans aucune garantie de protection.

Cette politique est inacceptable. Elle doit être dénoncée. Et combattue. Avant qu’elle ne devienne la norme.

Sources

  • Communiqué du ministère de la communication de la RDC
  • RFI
  • Journal du jour

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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