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SociétéÉpisode 25/9

Huit morts, des steaks frelatés, des logements qui s'effondrent : l'enquête choc sur les dérives de la consommation

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-09
Illustration: Huit morts, des steaks frelatés, des logements qui s'effondrent : l'enquête choc sur les dérives de la consommation
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La machine Amazon broie consommateurs et salariés

Chaque Français dépense en moyenne 2500 euros par an en ligne. Katia, 26 ans, ne fait pas exception. « Je préfère commander sur internet », dit-elle, les bras chargés de cartons. Son mari Raphaël passe trois commandes par semaine. Leur poubelle déborde.

Amazon livre 16 000 colis par minute en France. Bénéfice : 21 milliards. Le directeur français, John, nous a ouvert les portes de l’entrepôt d’Orléans. « Voilà, vous avez à peu près une heure de travail là », annonce-t-il.

Les employés, comme Théo, marchent 14 km par jour. Leur mission : garnir les chariots au milieu d’un stockage volontairement aléatoire. « C’est mathématique, c’est comme à la bataille navale », explique John. Résultat : chaque colis ne doit pas coûter plus de 1,91 euro à expédier — selon un rapport interne.

Les vendeurs, eux, paient une commission de 30 % sur chaque vente. Cyril Jolivet, patron de PME dans le Gers, a vu ses ventes exploser. Mais à quel prix ? Une partie de sa marge part dans les caisses américaines. Amazon est soupçonné d’optimisation fiscale en Europe.

Et les consommateurs ? Ils reçoivent parfois des surprises. Une balle antistress cassée, un produit qui ne correspond pas à la description. « Franchement ça valait pas le coup », lâche une cliente.


Wish : le paradis des promesses en carton

Wish connaît une croissance rapide en Europe. Ses produits à très bas prix attirent des millions de Français. Mais la répression des fraudes (DGCCRF) enquête sur la plateforme. Les griefs : fausses promos, publicités mensongères, contrefaçon.

Le directeur de Wish en Europe se défend. Pourtant, les preuves s’accumulent. Un client reçoit un collier qui ressemble à du plastique. Un autre, un gadget électronique qui ne fonctionne pas. « C’est pas cher, mais c’est pas ce qu’ils promettent », témoigne Fidèle.


Marseille : la ville qui s’effondre

Deux immeubles s’effondrent à Marseille. Bilan : huit morts. Une vidéo filmée par un habitant avant la catastrophe montre l’appartement se disloquer. « Fissure, sol affaissé, porte qui ne ferme plus », décrit la voix. La cuisine se déforme. Puis le bâtiment tombe.

Depuis, 400 immeubles dangereux ont été fermés à Marseille. 4500 personnes ont été évacuées, dont 500 encore à l’hôtel.

Pendant notre tournage, nous assistons à une nouvelle évacuation. Toufik et sa famille, locataires au dernier étage, voient une partie du plafond s’effondrer. Les pompiers condamnent l’appartement. « Je suis perdu. On ne sait pas ce qu’on va devenir », lâche sa nièce.

Quelques jours plus tard, nous pénétrons dans le logement. Les images sont glaçantes : plafond effondré, murs fissurés, champignons. L’humidité a rongé la structure.

À deux pas, Karima, 84 ans, vit dans un appartement qui se dégrade. Les murs s’effritent, le plafond s’affaisse. « C’est complètement trempé, ça pue », constate Caouter, de l’association Marseille en colère. La retraitée dort dans une pièce où le plâtre tombe chaque jour.

Les services de la ville inspectent. Des arrêtés de péril sont apposés. Mais les propriétaires ne réagissent pas toujours. La Direction départementale des territoires et de la mer suit le dossier. Le maire de Marseille promet des actions. Et pourtant, des immeubles continuent à se dégrader.


Escargots, macarons, steaks : le grand bluff alimentaire

La France produit 1000 tonnes d’escargots par an. Mais à Noël, elle en consomme seize fois plus. D’où viennent les quinze seizièmes manquants ? De Serbie, le plus souvent. Sans mention d’origine sur l’étiquette.

Pascal et Francine, éleveurs d’escargots dans le Gers, sont furieux. Leurs bêtes coûtent 72 euros le kilo en gros. Les escargots de Serbie arrivent à 30 euros. « On nous vole notre travail », disent-ils. La législation n’oblige pas à indiquer l’origine des escargots transformés en France. Philippe Dargel, commercial chez une PME de surgelés, confirme : « Les clients ne savent pas ce qu’ils mangent. »

Même chose pour les macarons. Alain, fabricant industriel à Mâcon, nous montre la recette : 3 % de framboise, 45 % de sucre. « C’est un produit d’appel », assume-t-il. Cinquante millions de macarons sont vendus chaque année en France. Les artisans pâtissiers, comme Mélanie et Arnaud, crient au scandale. « Nous, on met de vrais fruits », assure Arnaud.

Le caviar, lui non plus, n’est pas épargné. La France est le troisième producteur mondial. Mais en hypermarché, on trouve du caviar à moins de 500 euros le kilo, contre 3000 euros en boutique. Laurent, producteur français, explique : « Seuls 20 % des esturgeons femelles donnent des œufs après douze ans. » Stefano, commercial italien, ajoute : « Le prix bas cache une qualité douteuse. »

Les langoustes aussi sont truquées. Manu, pêcheur méditerranéen, vend sa langouste 55 euros le kilo au débarquement. En hypermarché, le même produit surgelé des Bahamas coûte 35 euros maximum. Les employés d’usine aux Bahamas gagnent 800 euros par mois. « C’est du dumping social », dénonce Whitfield, pêcheur bahaméen.

Mais le scandale le plus grave concerne les steaks hachés polonais. Un rapport du Sénat révèle que 1500 tonnes de faux steaks ont été livrées à des associations caritatives. Ces steaks ne contiennent que 50 % de viande. Le reste : os, abats, cartilage, et même du poulet. L’avocat Arnaud Benousan, qui a suivi l’affaire, parle de « tromperie aggravée ». La mère de Julia, une fillette contaminée par un fromage avarié, témoigne : « On ne peut plus faire confiance à l’industrie agroalimentaire. »


Les justiciers contre l’insalubrité

Face à ces dérives, des citoyens se mobilisent. À Marseille, Jean-Yve, surnommé le « justicier antidéchet », a organisé le plus grand nettoyage de France. Un mois avant notre reportage, il a mobilisé des entreprises, des camions, un tractopelle. « 50 camions ont été nécessaires », raconte-t-il. Résultat : un quartier rendu aux habitants. Laïla, qui vit là depuis deux ans, souffle : « On respire, on revit. »

À Lesville, le maire Christophe a instauré le « retour à l’envoyeur ». Quand il retrouve l’auteur d’un dépôt sauvage, il lui facture le ramassage. Les caméras de vidéoprotection aident à identifier les pollueurs. « Il y a des vidéos qui montrent le camion déverser les déchets », explique Christophe. En trois ans, les dépôts sauvages ont baissé de 90 %.

À Paris, les agents de la mairie traquent les fumeurs qui jettent leurs mégots. Jean-Jacques et ses collègues verbalisent en civil. En deux heures, une dizaine d’amendes. Plus d’une centaine de fumeurs seraient verbalisés chaque jour.

Les rats prolifèrent. Dans les caves, Émilio, spécialiste, pose des pièges. À Paris, on estime la population de rats à 4 millions.


Des alternatives responsables existent-elles ?

Oui, mais elles restent marginales. Antoine Maréché, agriculteur, a installé un distributeur automatique de produits fermiers. Coût de l’investissement : 45 000 euros. Rentabilité espérée en deux ans. « C’est meilleur qu’au supermarché », dit un client.

La location de vêtements gagne du terrain. Marine loue sa garde-robe pour 49 euros par mois. « Je fais des économies, je ne fais quasiment plus les boutiques », explique-t-elle. Paul, responsable logistique, gère 150 retouches par jour. 95 % des retours sont remis en état.

Le troc aussi revient à la mode. Une enseigne de l’Est propose d’échanger ses vieux vêtements contre des occasions. Un ordinateur à 119 euros, « c’est une bonne affaire », sourit un client.

Mais ces initiatives ne pèsent pas lourd face aux géants du e-commerce. Amazon, Wish, et les grandes surfaces continuent de dicter leur loi. Les contrôles, eux, restent insuffisants. Moins de 1 % des inspections aboutissent à une fermeture administrative. Le site du ministère de l’agriculture, qui publie les notes des restaurants, totalise 1 million de consultations. Mais combien de fraudes passent entre les mailles du filet ?

📰Source :youtube.com

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