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12 ans, agressions chez son amie : le signalement resté sans suite pendant des mois

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-18
Illustration: 12 ans, agressions chez son amie : le signalement resté sans suite pendant des mois
© YouTube

Une parole qui se libère après des mois de silence

L'été 2025, la jeune fille – appelons‑la Liana – a 11 ans. Elle est en CM2, placée dans un centre d’hébergement. Sa meilleure amie, une camarade de classe qu’elle connaît depuis la crèche, l’invite à des soirées pyjama. Le père de l’amie propose des week‑ends entiers. « On lui fait faire des activités extrêmement chouettes. Elle a des cadeaux. On est gentil avec elle, c’est elle qui peut choisir les repas », raconte la vidéo. La petite se sent chouchoutée. Elle est heureuse de passer du temps « en famille ».

Sauf que très vite, le décor change. Dès les premiers week‑ends, Liana décrit un comportement trouble chez ce père. « Ce papa a une double casquette », explique‑t‑elle : « C’est un papa qui est extrêmement gentil et à côté de ça, c’est un papa dont elle a peur. » Les agressions sexuelles auraient commencé dès l’été 2025. La vidéo précise que les faits se seraient déroulés surtout la nuit, parfois à la piscine, pendant trois à quatre mois.

Liana finit par trouver des prétextes pour ne plus être invitée. « Je peux pas venir parce que j’ai pas mon emploi du temps… Je peux pas venir parce que je vais chez ma mère », dit‑elle. Elle cesse d’être conviée en février 2026. Seule, sans en avoir parlé à personne. — et ce n’est pas rien —, elle a réussi à se protéger toute seule.

Le signalement au parquet : une attente de plusieurs mois

En mars 2026, une camarade du centre d’hébergement raconte à Liana qu’elle aussi a subi des agressions. Ce récit libère sa parole. Alors elle se confie à son amie, puis aux éducateurs du centre, qui rédigent sans attendre un signalement au procureur de la République. La date : mars 2026. Le contenu : des soupçons d’agressions sexuelles sur une mineure de moins de 15 ans.

Que s’est‑il passé ensuite ? Rien, semble‑t‑il, pendant des semaines. Aucune enquête ouverte, aucune audition. La vidéo s’interroge : « Comment on explique que ce signalement soit resté lettre morte depuis mars 2026 ? » L’enquêtrice qui a finalement auditionné Liana lundi a elle‑même déclaré : « Je sais bien que le parquet refuse de parler d’un problème systémique. Moi, j’en parle. » L'audition s'est déroulée à la brigade de la famille de la gendarmerie, selon le protocole NICHD (un standard pour les entretiens avec les mineurs victimes). À l’issue, l’enquêtrice a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « agression sexuelle sur mineure de 15 ans ».

Combien de temps a‑t‑il fallu ? Six mois. Entre mars et ce lundi de juin, le parquet n'a pas donné suite au signalement. La victime, elle, n’a cessé de porter ces souvenirs.

Un retard systémique ? La vidéo pointe des dysfonctionnements

La source – une vidéo diffusée sur YouTube – ne se contente pas de relater un cas isolé ; elle dénonce un retard chronique dans le traitement des signalements de violences sexuelles sur enfants. « J’ai beaucoup de dossiers d’enfants qui ont été ou qui disent avoir été victimes de violence sexuelle », explique la personne qui recueille le témoignage. « Que ce soit des signalements ou des plaintes, ils sont traités toujours avec beaucoup de retard. » La raison invoquée : des parquets « complètement débordés » et une société qui « ne veut pas regarder les violences sexuelles faites aux enfants, préfère voir le bon père de famille ».

Les chiffres officiels confirment l’ampleur du phénomène. Selon les données du ministère de l’Intérieur pour 2025, 122 600 personnes ont été victimes de violences sexuelles en France. Parmi elles, 71 100 sont mineures, soit 58 % – une proportion massive. Ces statistiques ne disent pas combien de signalements la justice a traités dans des délais acceptables. Mais elles donnent une mesure du volume que les parquets doivent absorber.

Dans l’affaire qui nous occupe, la vidéo souligne un contraste frappant : d’un côté, la réactivité des éducateurs qui ont fait le signalement dès qu’ils ont eu connaissance des faits ; de l’autre, l’inertie de l’institution judiciaire pendant des mois. Un fossé. L’enquêtrice elle‑même a salué le courage de la jeune fille : « Elle a bien fait de parler de tout ce qui lui était arrivé. »

Des souvenirs fragmentés, une mémoire traumatique

Lors de son audition, Liana a décrit plusieurs scènes d’agression, mais a reconnu des limites. « Pour, ce sont les seuls faits dont je me souviens », a‑t‑elle déclaré aux enquêteurs. Interrogée sur la probabilité d’autres faits, elle n’a pas répondu non — un détail que la vidéo qualifie de classique : « Les victimes de violence sexuelle, surtout quand elles sont mineures et aussi jeunes, ont du mal à délivrer leur parole. Il y a des mécanismes de dissociation, de dénis, de mémoire traumatique qui se mettent en place pour se protéger. » La délivrance de la parole est progressive — dans ce dossier comme dans d'autres.

Ce mécanisme de protection complique la tâche des enquêteurs. Mais doit-il justifier l'attentisme ? La jeune fille a dû attendre que sa camarade parle pour oser dire. Puis, après avoir parlé, elle a attendu que la justice réagisse. Des mois. L’audition de lundi a enfin permis de franchir une étape. Voilà. L’enquête est ouverte. Reste à savoir si le mis en cause, le père de l’amie, sera entendu et si les faits seront qualifiés. — et ce n’est pas rien —, la procédure a commencé.

Enquête en cours : la justice n’a pas encore entendu l’homme mis en cause

À ce stade, la justice n’a pas communiqué sur l’affaire. Le parquet de Nanterre, compétent dans ce type de dossiers, n’a pas répondu aux sollicitations. Aucune source indépendante n’a confirmé le nom de l’homme visé – présenté dans la vidéo comme le père de la famille Barella. Il bénéficie de la présomption d’innocence. L’enquête devra établir la matérialité des faits.

L’article 222‑22 du code pénal définit l’agression sexuelle comme « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise ». La qualification retenue par l’enquêtrice ? « Agression sexuelle sur mineure de 15 ans ». Passible de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. Le délai de prescription pour ces faits est de 20 ans à compter de la majorité de la victime.

Rien ne garantit que cette affaire aboutira à une condamnation. Mais une question demeure : pourquoi un signalement écrit, daté et argumenté est‑il resté sans effet pendant des semaines ? La réponse, selon la vidéo, tient en un mot : débordement. Mais d’autres y voient un choix implicite de prioriser d’autres dossiers. La jeune fille, elle, se demande si elle n’aurait pas dû « crier plus fort et avant ». Elle a 12 ans.

Sources :

  • Vidéo YouTube (réf. Lb0k9HoSob4) – témoignage de la victime, propos de l’enquêtrice, récit d’une camarade du centre.
  • Ministère de l’Intérieur – Statistiques 2025 des violences sexuelles (122 600 victimes, dont 71 100 mineures).
  • Code pénal – article 222‑22 et peines applicables.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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