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JusticeÉpisode 17/8

Jérôme Barella accusé d'agressions sexuelles sur une collégienne de 12 ans : le signalement ignoré avant la mort d'une autre enfant

Par la rédaction de Le Dossier · '
Illustration: Jérôme Barella accusé d'agressions sexuelles sur une collégienne de 12 ans : le signalement ignoré avant la mort d'une autre enfant
© YouTube

Soirées pyjama et silence

Léa, 12 ans, fin CM2. Sa meilleure amie est la fille de Jérôme Barella. Les deux fillettes se connaissent depuis la crèche — elles ont fait toute l’école primaire ensemble. Les soirées pyjama commencent juste avant l’entrée en sixième. Elles durent trois mois.

Puis Léa trouve tous les prétextes pour ne plus y aller. Elle ne dit rien à personne, ni à ses parents qu’elle voit le week-end, ni aux éducateurs du foyer de l’Aide sociale à l’enfance où elle est placée en semaine.

En février, elle se confie à ses éducateurs. Selon ses déclarations rapportées dans la vidéo, alors qu’elle dormait chez son amie, elle aurait senti la présence de monsieur Barella derrière elle, « à hauteur de ses fesses », et aurait effectué des gestes qu’elle qualifie de « déplacer » à plusieurs reprises.

Les éducateurs font immédiatement un signalement au procureur de la République du Gers. Léa pensait que ça irait vite : elle avait peur pour sa copine, se demandant si la fille de monsieur Barella avait aussi subi les mêmes choses.

Un signalement transmis, une justice qui ne suit pas

Le rapport de l’Aide sociale à l’enfance est transmis à la cellule de recueil des informations préoccupantes du Gers. Mais Léa n’est ni convoquée ni entendue par la justice.

Nous avons contacté cette cellule. Un interlocuteur a répondu : « Je ne suis pas autorisé à vous répondre », renvoyant au service communication du conseil départemental.

Tournure tragique : une autre enfant, Liana, décède dans des circonstances liées à l’affaire. L’avocate de Léa déclare avec colère que le signalement de sa cliente aurait peut-être sauvé Liana.

La procureure de la République affirme avoir reçu le signalement début juin — après la mort de Liana — à cause d’un problème de boîte de réception (le signalement lui avait été envoyé par mail).

Léa et ses parents ont décidé de porter plainte contre Jérôme Barella pour agression sexuelle sur mineur de 15 ans. Les enquêteurs ont entendu Léa pendant deux heures ce lundi.

« 75 % de classement sans suite » : l'avocate dénonce un système

« C’est un problème systémique et sociétal », déclare l’avocate de la collégienne dans la vidéo. « Ce n’est pas que le procureur n’a pas voulu instruire la plainte ou le signalement, c’est que c’est comme ça. » Elle ajoute : « Ce n’est pas les dossiers prioritaires, ce n’est pas les dossiers importants, et donc ce n’est pas l’urgence, et donc ça passe à la trappe. »

Elle cite le chiffre de 75 % de classement sans suite dans les violences sexuelles faites aux mineurs.

L’affaire Barella illustre cette mécanique : signalement transmis, mais pas priorisé. La mort d’une enfant vient tout bousculer.

La mort de Liana

Le transcript ne donne pas de détails sur Liana, mais l’avocate le dit : « Le signalement de ma cliente aurait peut-être permis de sauver Liana. »

Les zones d’ombre persistent sur les raisons du retard. Jérôme Barella n’a pas été contacté par notre média. Il bénéficie de la présomption d’innocence.

Léa continue : foyer en semaine, parents le week-end. Elle a parlé, elle a porté plainte.


Sources : vidéo YouTube dédiée (affaire Barella), rapport de l’Aide sociale à l’enfance, cellule de recueil des informations préoccupantes du Gers, avocate de la collégienne, procureur de la République du Gers.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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