DZ Mafia : des membres présumés nient avoir menacé le maire d'Alès

Les faits
Un an après l'exfiltration du maire d'Alès. Le 21 juillet 2025, Christophe Rivenq quittait son domicile sous escorte du Raid. Motif : une menace de mort émanant de la DZ Mafia, ce gang marseillais qui étend son emprise sur le sud de la France. L'information, confirmée par le ministre de l'Intérieur de l'époque, avait fait l'effet d'une onde de choc.
Le 22 juillet 2026, une vidéo refait surface. D'après Le Figaro Marseille, des individus masqués y prennent la parole. Ils se présentent comme des membres de la DZ Mafia. Leur message est clair : ils n'ont pas proféré de menaces contre l'élu.
« Nous condamnons fermement cette façon de faire », lancent-ils.
Une déclaration qui interroge. Pourquoi nier, un an après les faits ? Pourquoi maintenant ? Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
Le journaliste Nicolas Farmine, du Figaro Marseille, a relayé l'information. Il précise que la vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux. Son authenticité n'a pas été contestée par les autorités. Mais son contenu, lui, est vivement débattu.
Car les faits, eux, sont documentés. En juillet 2025, Christophe Rivenq a bien été exfiltré. La DZ Mafia a bien été identifiée comme la source de la menace. Des sources policières, citées par Le Monde à l'époque, confirmaient l'imminence du danger.
La vidéo de dénégation change-t-elle quelque chose ? Rien, pour l'instant.
Le contexte
La DZ Mafia n'est pas un groupuscule anonyme. C'est une organisation criminelle structurée, basée à Marseille. Ses activités ? Trafic de stupéfiants, règlements de comptes, tentatives de meurtre. Ses ramifications ? Internationales.
En mars 2024, treize membres présumés du gang étaient interpellés en Espagne. Motif : une tentative de meurtre. En France, plusieurs points de deal lui sont attribués. La violence est son mode opératoire.
Alès, ville de 40 000 habitants dans le Gard, n'est pas Marseille. Pourtant, le narcotrafic y a pénétré. Christophe Rivenq, maire depuis 2020, en a fait son combat. Il a multiplié les opérations de fermeture de points de deal. Il a réclamé des renforts policiers. Il a été entendu — puis menacé.
L'exfiltration de juillet 2025 n'était pas un geste symbolique. C'était une mesure de protection d'urgence. Le Raid, unité d'élite de la police nationale, avait été mobilisé. Le maire et sa famille avaient été mis à l'abri.
Depuis, Christophe Rivenq vit sous protection. Il continue d'exercer ses fonctions. Mais la menace plane.
La vidéo du 22 juillet 2026 vient brouiller les pistes. Qui sont ces hommes masqués ? Des membres authentiques de la DZ Mafia ou des imitateurs ? Leur dénégation est-elle sincère ou stratégique ?
« Il a fait le malin, alors ils ne vont pas le lâcher », confie un habitant d'Alès au Figaro. Une phrase qui en dit long sur la perception locale. La violence est banalisée. Les menaces, intégrées.
Le traitement judiciaire
Où en est l'enquête ? Les sources disponibles ne le précisent pas. Aucune information n'a été communiquée sur d'éventuelles poursuites liées à la vidéo. Les circonstances exactes de sa diffusion restent floues.
Ce que l'on sait : en juillet 2025, une enquête avait été ouverte pour « menaces de mort en bande organisée ». Confiée à la police judiciaire de Marseille. Aucun suspect n'avait été interpellé à l'époque.
La vidéo de dénégation pourrait relancer les investigations. Les enquêteurs chercheront à identifier les hommes masqués. À vérifier leur appartenance réelle à la DZ Mafia. À comprendre leur motivation.
Mais la présomption d'innocence s'applique. Les hommes dans la vidéo ne sont que des « membres présumés ». Leur dénégation n'est pas un aveu de culpabilité. Elle n'est pas non plus une preuve d'innocence.
La suite est édifiante. Car cette affaire dépasse le simple fait divers local. Elle révèle une mécanique plus large : celle de la communication des organisations criminelles.
Pourquoi nier ? Pour restaurer une image ? Pour semer le doute ? Pour intimider autrement ? Les questions restent ouvertes.
Ce que ça dit de la France
Alès n'est pas une exception. Depuis plusieurs années, les maires de villes moyennes sont en première ligne face au narcotrafic. Ils ferment des points de deal. Ils réclament des moyens. Ils deviennent des cibles.
Christophe Rivenq est l'un d'eux. Son exfiltration a marqué les esprits. Mais d'autres élus, moins médiatisés, vivent la même réalité. Menaces de mort, intimidations, pressions quotidiennes.
La vidéo de la DZ Mafia révèle une tension profonde. Celle d'une société où le crime organisé n'hésite plus à s'adresser directement aux institutions. Où la violence est devenue un langage. Où la peur s'installe.
« Il a fait le malin, alors ils ne vont pas le lâcher » — cette phrase, rapportée par Le Figaro, résume tout. Le maire est perçu comme un homme qui a défié l'organisation. Et qui, pour cela, doit payer.
Une logique de vendetta. Une logique de territoire. Une logique qui gangrène les quartiers, les villes, les vies.
Les inégalités territoriales jouent leur rôle. Alès, comme d'autres villes du Gard et des Bouches-du-Rhône, subit une précarité économique. Le chômage y est élevé. Les perspectives, limitées. Le narcotrafic offre une échappatoire — et une emprise.
Les pouvoirs publics tentent de réagir. Opérations place nette, renforts policiers, lois renforcées. Mais le phénomène est protéiforme. Il s'adapte. Il mute.
La vidéo de dénégation en est une illustration. Les organisations criminelles maîtrisent les codes de la communication moderne. Elles savent quand parler, quand se taire, quand nier.
Pour les habitants d'Alès, le doute n'est pas permis. Les menaces étaient réelles. L'exfiltration, nécessaire. La vidéo ne change rien à leur quotidien.
« Nous condamnons fermement cette façon de faire », disent les hommes masqués.
Mais laquelle ? Celle de menacer un élu ? Ou celle de se faire prendre ?
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
Sources :
- Le Figaro Marseille — « Nous condamnons fermement cette façon de faire » : dans une vidéo, des membres présumés de la DZ Mafia nient avoir menacé le maire d'Alès (22 juillet 2026)
- Le Figaro Marseille — « Il a fait le malin, alors ils ne vont pas le lâcher » : à Alès, une étonnante banalisation de la violence après les menaces de mort répétées contre le maire (22 juillet 2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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