Collège de Paris : l'étrange affaire des cartes Pokémon prend une nouvelle tournure

L'effondrement d'un empire
Le groupe Collège de Paris n'est plus. Enfin, plus tout à fait. L'enquête de Béatrice Mathieu, publiée par L'Express le 19 juin 2026 et mise à jour le 22 juin, détaille le démantèlement du groupe d'enseignement supérieur. Un démantèlement qui laisse des traces.
Des traces humaines, d'abord. Des milliers d'étudiants sans établissement stable. "Ballottés d'établissement en établissement", écrit la journaliste. Certains sont "sur le carreau". La formule est brutale — et terriblement concrète. Des jeunes dont la scolarité s'arrête, des diplômes compromis, des projets de vie suspendus.
Des traces financières, aussi. Des centaines d'enseignants et de vacataires attendent toujours leur salaire. Depuis des mois. Le chiffre n'est pas donné. Mais le mot "centaines" dit l'ampleur du désastre.
Au cœur du scandale : le Digital College
C'est là que les fraudes ont éclaté. L'enquête de L'Express ne détaille pas les mécanismes exacts des détournements, mais elle pointe un nom : Ridouan Abagri.
Le créateur du Digital College est présenté comme "l'un des plus gros collectionneurs de cartes Pokémon en France". Une photo signée SEBASTIEN NOGIER/EPA/MaxPPP le montre. Un homme. Des cartes. Des millions.
L'affaire des cartes Pokémon n'est pas un détail pittoresque. C'est le cœur du scandale. Les investissements illicites de Ridouan Abagri ? Près de 3 millions d'euros, selon des données vérifiées. Dont 2,2 millions en cartes à collectionner. Des Pokémon, donc. Et d'autres.
Le 10 avril 2026, le groupe Collège de Paris — 32 écoles et organismes de formation professionnelle — a été placé en procédure de cession. Un aveu d'échec. Ou de faillite.
Un secteur sous surveillance
L'affaire du Collège de Paris n'est pas un cas isolé. C'est le symptôme d'un mal plus profond. "Le symbole d'un secteur, celui de l'enseignement supérieur, qui manque singulièrement de règles et de surveillance", écrit Béatrice Mathieu.
Le constat est sévère. Il interroge. Comment un groupe privé a-t-il pu détourner des millions sans que personne ne s'en aperçoive ? Où étaient les autorités de tutelle ? Les commissaires aux comptes ? Les banques ?
Les réponses, pour l'instant, sont rares. L'enquête de L'Express ouvre des pistes, mais ne les referme pas. Le dossier est loin d'être clos.
Des zones d'ombre persistantes
Tout n'est pas clair dans cette affaire. Loin de là. Les montants exacts des détournements restent flous. Les responsabilités précises aussi. Ridouan Abagri est mis en cause. Mais d'autres acteurs ont-ils participé ? Des complices ? Des bénéficiaires ?
La question mérite une réponse. Les enquêteurs, sans doute, travaillent. Mais le temps presse. Pour les étudiants, pour les enseignants, pour les vacataires.
L'article de L'Express ne donne pas de date de procès. Pas de condamnation. Pas de verdict. Seulement des faits. Et des questions.
Des précédents inquiétants
L'affaire des cartes Pokémon n'est pas la première du genre. D'autres scandales ont éclaboussé l'enseignement supérieur privé ces dernières années. Des écoles qui promettent monts et merveilles, encaissent des frais de scolarité élevés... et parfois disparaissent.
Le secteur manque de règles, dit L'Express. C'est un euphémisme. Les contrôles sont rares, les sanctions plus rares encore. Et les étudiants paient le prix fort.
L'impact sur les victimes
Derrière les chiffres et les procédures, il y a des vies. Des étudiants qui ont cru en une école. Investi du temps, de l'argent, de l'espoir. Et qui se retrouvent aujourd'hui sans rien.
"Des milliers d'étudiants sont aujourd'hui ballottés d'établissement en établissement, ou pire se retrouvent sur le carreau." La phrase de Béatrice Mathieu résonne comme un constat d'échec collectif.
Et les enseignants ? "Des centaines d'enseignants aussi, et de vacataires, qui n'ont pas été payés depuis des mois." Des mois sans salaire. Sans revenus. Sans perspective.
La responsabilité de l'État
L'enseignement supérieur privé est un secteur lucratif. Très lucratif. Mais aussi, selon L'Express, "singulièrement" peu régulé. Une carence qui interroge.
Pourquoi l'État n'a-t-il pas vu venir la catastrophe ? Pourquoi n'a-t-il pas agi plus tôt ? Les réponses, pour l'instant, ne sont pas dans l'article. Mais elles devront venir.
Le Sénat, selon les données vérifiées, s'est saisi du dossier. Une audition a eu lieu. Des questions ont été posées. Les réponses, elles, se font attendre.
Des cartes Pokémon comme valeur refuge
L'angle des cartes Pokémon peut sembler anecdotique. Il ne l'est pas. Ces cartes valent cher — très cher. Certaines se négocient à des centaines de milliers d'euros. Parfois plus.
Ridouan Abagri, selon L'Express, est "l'un des plus gros collectionneurs de cartes Pokémon en France". Une passion qui, selon les données vérifiées, lui aurait coûté 2,2 millions d'euros. De l'argent qui, selon les accusations, aurait dû servir à payer des salaires, des cours, des diplômes.
La suite est édifiante. Car l'argent des cartes Pokémon n'est pas le seul à avoir disparu. Les investissements illicites du fondateur s'élèveraient à près de 3 millions d'euros. Un chiffre qui donne le vertige.
Un système à réformer
L'affaire du Collège de Paris pose une question plus large : comment réguler l'enseignement supérieur privé ? Comment protéger les étudiants ? Comment garantir que l'argent public — car il y a de l'argent public — soit utilisé à bon escient ?
Les réponses sont complexes, mais urgentes. D'autres scandales, sans doute, couvent. D'autres écoles, peut-être, sont en danger. D'autres étudiants, probablement, risquent de se retrouver sur le carreau.
Le dossier est loin d'être clos. Et ce n'est pas rien.
En attendant la justice
Pour l'instant, les victimes attendent. Les étudiants cherchent une autre école. Les enseignants réclament leurs salaires. Les vacataires espèrent juste être payés.
La justice suit son cours. Lentement. Trop lentement, sans doute, pour ceux qui sont dans l'urgence.
L'enquête de L'Express a le mérite de mettre des mots sur un scandale, des faits sur une affaire, des noms sur des responsabilités. Mais elle ne peut pas, à elle seule, réparer les dégâts.
Reste à savoir si les leçons seront tirées. Si le secteur sera réformé. Si les étudiants seront protégés.
L'avenir le dira. En attendant, des milliers de jeunes Français attendent. Et des centaines d'enseignants aussi.
Sources :
- L'Express — "Collège de Paris : l'étrange affaire des cartes Pokémon prend une nouvelle tournure", par Béatrice Mathieu, publié le 19/06/2026, mis à jour le 22/06/2026.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.
Les autres épisodes de ce dossier
Voir tout le dossier →Épisode 3 · 2026-03-25
Gims PIÉGÉ dans un scandale de blanchiment organiséÉpisode 4 · 2026-05-25
Tsunami blanc : comment les cartels sud-américains noient la France sous la cocaïneÉpisode 5 · 2026-03-26
Gims dans le viseur de la justice pour blanchiment d'argentÉpisode 5 · 2026-05-17
Digital Digital College : des cartes Pokémon pour financer la débâcleÉpisode 5 · 2026-05-19
3000 étudiants abandonnés : le Sénat face au scandale Digital CollegeÉpisode 6 · 2026-04-19
Le crime organisé recrute désormais des femmes — une stratégie délibéréeÉpisode 6 · 2026-05-05
Blanchiment immobilier : le parquet de Paris dans la tourmenteÉpisode 6 · 2026-05-17
Digital College : 3 000 étudiants sacrifiés pour des cartes PokémonÉpisode 7 · 2026-04-21
Crime organisé : le plan flou des ministres européens pour sécuriser les portsÉpisode 7 · 2026-05-12
Ndrangheta : 53 milliards, 200 clans, zéro ÉtatÉpisode 7 · 2026-05-18
Digital College liquidée : des cartes Pokémon au cœur du scandaleÉpisode 8 · 2026-06-22
Collège de Paris : l'étrange affaire des cartes Pokémon prend une nouvelle tournure
Épisode 9 · 2026-04-27
EXCLUSIF - Comment le crime organisé braque les cartes PokémonÉpisode 10 · 14 JUIN 2026
70 000 euros en trois jours : comment les dealers blanchissent leur cash dans nos quartiers

