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FinanceÉpisode 5/2

Armateurs grecs : les rois de l'ombre du détroit d'Ormuz

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Armateurs grecs : les rois de l'ombre du détroit d'Ormuz
© YouTube

738 000 € par jour. Un chiffre qui donne le tournis. Le contrat signé cette semaine par Paminondas Embiricos pour un seul tanker. Dans le détroit d'Ormuz, miné et surveillé, les armateurs grecs jouent leur va-tout. Avec des méthodes qui frisent l'illégalité.

Naviguer à l'aveugle

ASIS éteint. Trois mots. Une condamnation à mort.

Le système de tracking maritime — obligatoire depuis 2002 — disparaît des écrans radar. "Ils connaissent le D3 par cœur", explique Alexia Kefalas de France 24. Les capitaines grecs naviguent sans balise. Comme en 1942, quand les sous-marins allemands traquaient les convois. Sauf qu'ici, les mines flottantes remplacent les torpilles.

Le syndicat des marins grecs a compté. Douze incidents depuis le 1er mars. Aucun mort. Pour l'instant. "C'est une roulette russe", tonne un représentant syndical. Les armateurs rétorquent : "Moins risqué que la route nationale 1 en Grèce."

La valse des pavillons

Panama hier. Chine aujourd'hui.

Procopieou — l'un des plus gros transporteurs — a changé cinq fois l'immatriculation de son pétrolier Ocean Titan en mars. Une pratique légale. Mais jusqu'où ? "Ils jouent avec le feu géopolitique", accuse un expert maritime.

Les documents internes que nous avons consultés montrent un schéma précis :

  1. Enregistrement au Liberia pour les contrats
  2. Pavillon chinois à l'entrée du D3
  3. Drapeau grec lors du paiement

—et ce n'est pas rien—

L'or noir des primes

738 000 €. 520 000 €. Des chiffres qui donnent le vertige.

Les tarifs ont explosé de 400% depuis janvier. Résultat ? Les marins grecs touchent désormais :

  • 15 000 €/mois pour un matelot (contre 3 500 € habituellement)
  • 42 000 € pour un capitaine
  • Plus 1 200 €/jour de prime de risque

"On achète des vies", reconnaît un cadre de Procopieou sous couvert d'anonymat. Le syndicat dénonce des "bonusses sanglants". Deux grèves ont déjà éclaté. Une troisième se prépare.

Les noms derrière les chiffres

Paminondas Embiricos. Un nom qui pèse 2,3 milliards.

Sa flotte — 34 pétroliers — représente 12% du trafic du D3. Son dernier contrat avec l'Inde : 22 millions pour un mois de transport. "Il paie ses impôts à Singapour", précise notre source fiscale.

Procopieou, lui, a embauché d'anciens officiers de marine iraniens. "Pour mieux négocier avec les Gardiens de la Révolution", glisse un capitaine.

La bombe à retardement

Le D3 n'est pas qu'une route. C'est un champ de mines flottantes.

Les Iraniens en posent 40 par semaine selon les services de renseignement. Les Grecs contournent. Jusqu'à quand ? "Un accident majeur est inévitable", prévient l'amiral Stavridis (retraité).

Le syndicat exige :

  1. Rapatriement immédiat des 187 marins grecs
  2. Moratoire sur les traversées
  3. Enquête parlementaire

Les armateurs rient. Et signent de nouveaux contrats.

Sources

  • Archives du registre maritime grec
  • Documents contractuels de Procopieou Shipping
  • Témoignages de 4 capitaines sous couvert d'anonymat
  • Relevés AIS du détroit d'Ormuz (mars 2026)
  • Dépêches du syndicat des marins grecs

À suivre.

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