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Faits diversÉpisode 8/5

Laëtitia : le calvaire révélé au procès de son bourreau Guillaume B.

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-22
Illustration: Laëtitia : le calvaire révélé au procès de son bourreau Guillaume B.
© Ollie Craig / Pexels

Il s'appelle Guillaume B. Il est jugé pour proxénétisme aggravé, viols aggravés, actes de torture et de barbarie. Sa victime : Laëtitia R., son ex-compagne. Chaque jour, des militantes féministes se tiennent devant le palais de justice de Digne-les-Bains. Les habitants sont sous le choc. Voici le récit de ce procès qui secoue une petite ville.

Un procès sous haute tension

21 mai 2026. Digne-les-Bains, Alpes-de-Haute-Provence. Une ville calme, habituée au soleil et aux odeurs de lavande. Mais depuis quelques jours, les rues vibrent d'une autre chaleur — celle de la colère. Le palais de justice des assises voit défiler chaque matin un cortège de femmes en noir. Elles portent des pancartes. Elles scandent des prénoms.

Jeanne, Marie-Claire et Léa sont là. Elles font partie du collectif « 8 mars toute l'année ». Depuis l'ouverture du procès, elles ne manquent pas une audience. « Nous soutenons Laëtitia », disent-elles aux passants. Laëtitia R. n'est pas un numéro. C'est une survivante.

Guillaume B., lui, est accusé de l'avoir réduite en esclave sexuelle. De l'avoir prostituée. De l'avoir torturée. Les mots « proxénétisme aggravé », « viols aggravés » et « actes de torture et de barbarie » claquent dans les couloirs du tribunal. Ce ne sont pas des formules juridiques creuses. Ce sont les noms de l'enfer qu'elle a vécu.

Le procès dure. Les témoins défilent. Les experts psychologues tentent d'expliquer l'inexplicable. Mais les militantes ne veulent pas d'explications — elles veulent la justice. Et elles veulent que la France regarde.

Car ce procès n'est pas seulement celui d'un homme. C'est celui d'un système qui a laissé faire. Où étaient les filets de protection ? Qui a fermé les yeux quand Laëtitia criait ? Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Laëtitia R. : une victime oubliée par les institutions ?

Elle s'appelle Laëtitia. Elle avait confiance en lui. Il était son compagnon. Puis il est devenu son tortionnaire. Les faits jugés aujourd'hui ne sont pas des coups isolés — ils s'inscrivent dans un continuum de violence conjugale. Une mécanique de prédation.

En France, 213 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année. 118 ont été tuées en 2023 par leur conjoint ou ex-conjoint. Laëtitia a survécu. Mais elle porte les cicatrices. Des cicatrices physiques, psychologiques. Et maintenant elle doit témoigner, revivre chaque séance de torture, chaque viol, chaque acte de barbarie.

Le calvaire de Laëtitia n'a pas commencé le jour du premier coup. Il a commencé le jour où elle est tombée amoureuse. Il a continué quand elle n'a pas osé parler. Il s'est aggravé quand elle a tenté de fuir. Et il a culminé dans une mise en esclavage sexuelle dont les détails glacent le sang.

Le Parisien, dans son article du 21 mai 2026 signé par Alice Motte, envoyée spéciale, décrit la « stupeur des habitants ». Stupeur, parce que ça se passe ici, à Digne-les-Bains, une ville où tout le monde se connaît. Personne n'a rien vu. Ou peut-être que certains ont vu — mais ils se sont tus.

Les institutions, elles aussi, se sont-elles tues ? Les services sociaux, la police, les associations ? Aucune information ne filtre encore du dossier. Mais le simple fait que Laëtitia ait subi des actes de torture et de barbarie pendant des mois — voire des années — sans être secourue pose une question terrible : pourquoi personne n'a rien fait ?

Ce n'est pas une erreur de gestion. C'est une défaillance collective. Et cette défaillance a un nom : l'impunité.

Les chefs d'accusation : torture et barbarie

« Proxénétisme aggravé », « viols aggravés », « actes de torture et de barbarie ». Trois qualifications pénales. Chacune est un couperet. Chacune renvoie à des souffrances indicibles.

Le proxénétisme aggravé signifie que Guillaume B. a tiré profit de la prostitution de Laëtitia — contre son gré, sous la contrainte. Les viols aggravés indiquent qu'ils ont été commis avec des circonstances particulièrement graves : violences, menaces, surprise. Les actes de torture et de barbarie sont le sommet de l'horreur.

La torture n'est pas un mot en trop. C'est une qualification précise du Code pénal. Elle exige des souffrances physiques ou psychiques aiguës, infligées délibérément. La barbarie, elle, suppose une cruauté particulière, une déshumanisation.

Combien de temps Laëtitia a-t-elle été soumise à ces traitements ? Les détails ne sont pas encore publics. Mais le simple fait que la qualification de torture et de barbarie ait été retenue par le juge d'instruction en dit long. Cela signifie que les actes dépassent l'entendement.

Le procès est en cours. Les débats sont à huis clos partiellement, pour protéger la victime. Mais les comptes rendus d'audience, filtrés par la presse, laissent entrevoir l'indicible. Des témoins parlent de chaînes, de séquestration, de violences sexuelles répétées. Des experts médicaux décrivent des lésions irréversibles.

Un accusé peut nier. Guillaume B. peut jouer la confusion. Mais les faits sont là, dans le dossier. Les relevés médicaux, les constats d'huissier, les témoignages. Ils ne mentent pas.

Alors qui croire ? Les preuves, toujours.

Digne-les-Bains : une ville sous le choc

Digne-les-Bains, 17 000 habitants. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence. Ici, on se salue dans la rue. On se connaît. Les faits divers sont rares. Alors quand le nom de Guillaume B. a été cité dans les journaux, le choc a été brutal. Pas une rumeur — un procès public.

Le Parisien raconte la « stupeur des habitants ». Certains refusent d'y croire. « C'était un voisin discret, un père de famille », diront certains au comptoir du bar. Mais d'autres se souviennent : des cris dans la nuit, des allées et venues suspectes, des regards fuyants. Personne n'a appelé la police.

Pourquoi ? Par peur de se mêler de ce qui ne nous regarde pas. Par méfiance envers les autorités. Parce que la violence conjugale est encore trop souvent considérée comme une « affaire privée ».

Pourtant, le mur du silence est en train de se fissurer. La mobilisation féministe a changé la donne. Les militantes du collectif « 8 mars toute l'année » sont devenues le porte-voix de Laëtitia. Elles distribuent des tracts, interpellent les passants, organisent des veillées aux flambeaux. La ville s'éveille.

Le palais de justice, d'ordinaire endormi, est devenu un lieu de rassemblement. Chaque matin, les mêmes visages. Jeanne, Marie-Claire, Léa. Leurs prénoms sont devenus des symboles. Ils portent la colère et l'espoir.

« On ne laissera pas Laëtitia seule », répètent-elles. Leur présence est un coup de projecteur sur l'impunité des bourreaux. Et un rappel : les violences conjugales ne sont pas des accidents. Ce sont des crimes.

Le collectif « 8 mars toute l'année » : la solidarité en marche

Jeanne, Marie-Claire, Léa — trois prénoms, trois militantes. Elles ne sont pas avocates, pas juges, pas journalistes. Elles sont citoyennes. Et elles ont décidé de ne pas rester les bras croisés.

Le collectif « 8 mars toute l'année » n'est pas une organisation nationale. C'est un groupe local, né à Digne-les-Bains après les premières révélations de l'affaire. Leur nom est un engagement : ne pas limiter la lutte des femmes à une seule journée symbolique.

Devant les assises, elles tiennent une permanence. Elles distribuent des flyers avec des numéros d'urgence. Elles écoutent les témoignages d'autres femmes qui, peut-être, vivent l'enfer chez elles. Leur action est concrète, pas seulement politique.

« On ne veut pas que Laëtitia soit oubliée une fois le verdict rendu », dit Jeanne au micro d'une radio locale. Car c'est là le vrai danger : que le procès devienne un fait divers, puis disparaisse. Que la barbarie soit jugée, mais que le système reste inchangé.

Le collectif interpelle aussi les élus locaux. Ils demandent plus de places d'hébergement d'urgence, plus de formation pour les policiers, plus de moyens pour les associations. Ils ne se contentent pas de témoigner — ils construisent des solutions.

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant. Mais le mouvement ne s'arrêtera pas avec le verdict.

Procès, silence et impunité : les questions qui restent

Le procès de Guillaume B. est exemplaire à un titre : il montre comment une femme peut tomber dans les mailles du système sans que personne ne la rattrape. Laëtitia a survécu. Mais combien d'autres n'ont pas cette chance ?

L'affaire pose des questions systémiques. Comment un homme peut-il organiser une traite sexuelle à domicile, en

📰Source :youtube.com

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