Calvaire de Laëtitia : le procès d'un tortionnaire à Digne

Digne sous le choc
Stupeur. Colère. Indignation. — Trois mots qui collent à la peau de Digne-les-Bains, préfecture endormie des Alpes-de-Haute-Provence. Ici, on connaît tout le monde. Les ruelles étroites, les places ombragées, le calme apparent. Pourtant, depuis le début du procès de Guillaume B., un silence froid s’est abattu sur la ville. Un silence de honte et de rage mêlées.
Les habitants regardent ailleurs. Ce que l’on chuchote dans les cafés, ce que les journaux locaux effleurent à peine, c’est l’histoire d’un homme qui a réduit une femme à l’état d’objet. Laëtitia R., son ex-compagne. Elle est la victime. L'accusation le poursuit pour proxénétisme aggravé, viols aggravés et actes de torture et de barbarie. Des mots qui, à Digne, prennent une épaisseur tragique.
Jeanne, Marie-Claire, Léa – trois militantes du collectif féministe « 8 mars toute l'année » – se tiennent chaque jour devant le palais de justice. Elles ne portent pas de banderoles criardes. Leur présence suffit. Leur regard fixe sur les portes closes — et cela en dit long. « Nous sommes là pour Laëtitia, pour toutes les femmes », a confié Jeanne, dans un souffle, au micro d’Alice Motte, envoyée spéciale du Parisien. Ce reportage, publié le 21 mai 2026, a brisé le silence.
Pourquoi ce procès n’a-t-il pas eu lieu plus tôt ? Combien de temps les violences ont-elles duré ? Les détails ne sont pas tous publics. La cour impose le huis clos sur certaines audiences. Mais les charges, elles, sont publiques. Et elles donnent le vertige.
Un arsenal judiciaire contre l’horreur
Vingt ans de réclusion criminelle. — C'est la peine pour proxénétisme aggravé. Mais quand il s'agit de torture et de barbarie, le quantum passe à trente ans, voire la perpétuité si les circonstances sont établies (oui, vous avez bien lu). Le parquet poursuit Guillaume B. pour les trois qualifications. Un triptyque pénal que les magistrats des assises des Alpes-de-Haute-Provence n’avaient jamais vu réuni sur une seule affaire — une première dans ce département.
Le procureur a requis une lourde peine. Les avocats de la défense, eux, plaident la confusion – ils nient les faits de torture, minimisent le proxénétisme. Sauf que les preuves sont là. Expertises médicales, témoignages. Traces d’un calvaire méthodique. Laëtitia R. — son histoire est gravée dans le dossier.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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