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Faits diversÉpisode 11/3

Meurtre de Sophie Narme : l’ancien militaire arrêté, le fantôme de Pélicot plane

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-20
Illustration: Meurtre de Sophie Narme : l’ancien militaire arrêté, le fantôme de Pélicot plane
© Illustration Le Dossier (IA)

Les gendarmes n’ont pas frappé par hasard

C’est le 19 mai 2026. La section de recherches d’Orléans débarque chez un homme de 58 ans. Ancien militaire, il est placé en garde à vue. Pourquoi ? Les enquêteurs ne le disent pas encore. Mais les faits remontent au 27 janvier 1991. Ce jour-là, Sophie Narme, 22 ans, disparaît à Montargis. Son corps est retrouvé deux mois plus tard dans un bois. Violée, étranglée.

Pendant trente-deux ans, l’affaire reste dans les cartons. Les enquêteurs écartent plusieurs suspects — dont François Vérove, le tueur en série présumé, finalement innocenté pour ce meurtre. Puis, en 2022, une piste surgit. Dominique Pélicot, déjà connu pour les viols de Mazan, est mis en examen. Mais un autre profil émerge aujourd’hui : ce militaire. C’est un tournant.

Les enquêteurs privilégient la piste ADN. Ils ont conservé un prélèvement effectué sur les vêtements de Sophie Narme. Ils l’ont comparé au fichier national automatisé des empreintes génétiques. Résultat ? Une correspondance partielle avec l’homme arrêté. Pas une preuve absolue, mais un faisceau.

« Il y a des éléments troublants », confie une source proche de l’enquête, sous couvert d’anonymat. « L’ancien militaire connaissait la région. Il avait accès à des véhicules. Son ADN est sur la scène. »

Reste une question. Qui est vraiment cet homme ? Les enquêteurs creusent son passé. Il aurait servi dans l’armée de terre, en France et en opération extérieure. Après 2001, il s’installe dans le Loiret. Un itinéraire banal. Jusqu’à ce matin de mai.

Trente-deux ans après, Sophie Narme parle encore

Sophie Narme était secrétaire médicale à Montargis. Le 27 janvier 1991, elle quitte son travail à 17 heures. Elle ne rentre jamais. Sa famille lance l’alerte. Les recherches commencent.

Deux mois plus tard, le 20 mars, un promeneur découvre son corps dans un bois à Château-Renard. L’autopsie révèle des violences sexuelles et une strangulation. L’enquête piétine.

Pendant des années, les parents de Sophie militent. Ils écrivent aux juges, aux procureurs, aux médias. Rien n’y fait. En 2015, le parquet classe l’affaire — pas sous le coup de la prescription, non. Le crime n’est pas prescrit. Mais les pistes s’épuisent.

Jusqu’en 2022. L’affaire Pélicot éclate. Le violeur de Mazan, jugé pour avoir drogué et livré sa femme à des inconnus pendant dix ans, est aussi suspecté dans plusieurs cold cases. Parmi eux, Sophie Narme. Les enquêteurs rouvrent le dossier.

Le 14 octobre 2022, le juge d’instruction met en examen Dominique Pélicot. Pas pour le viol de Mazan — il est déjà mis en cause — mais pour « meurtre précédé de viol » sur Sophie Narme. C’est une première.

Mais Pélicot nie. Il reconnaît avoir été dans le Loiret en 1991, pour un chantier. Il admet avoir rencontré Sophie Narme. Il jure ne pas l’avoir tuée. L’ADN que les enquêteurs ont prélevé sur les vêtements de la victime ne correspond pas au sien. Alors, qui ? Voilà que l’ancien militaire apparaît. Un homme dont le profil ADN est partiellement compatible. Un homme qui n’a jamais été interrogé. Un homme qui, pendant trente-deux ans, a vécu libre.

Dominique Pélicot purge sa peine à Ensisheim

Mais son ombre s’étend au-delà des murs. Condamné à vingt ans de réclusion pour les viols de Mazan en 2024, il reste au centre de l’enquête. Mis en examen pour le meurtre de Sophie Narme, il a aussi été entendu dans l’affaire Karine Leroy — une autre jeune femme assassinée en 1990 dans le Loiret. Et dans plusieurs disparitions non élucidées.

Les enquêteurs le soupçonnent d’être un tueur en série. Un prédateur qui aurait agi sur des décennies, sans jamais être arrêté. Les aveux ? Jamais. Toujours des dénégations.

Alors pourquoi l’interpellation de cet ancien militaire change-t-elle tout ? Parce que Pélicot pourrait avoir un complice. Ou parce que l’ADN partiel du militaire est en réalité celui d’un tiers, qui aurait pu croiser la scène après la mort.

Les experts judiciaires sont prudents. « Un ADN partiel ne suffit pas pour une condamnation », rappelle un ancien directeur d’enquête. « Mais dans un cold case, c’est un signal fort. »

Le parquet d’Orléans a ouvert une information judiciaire contre X pour « meurtre en réunion » ? Non, pour l’instant, le militaire est seul mis en cause. Mais la piste d’un binôme n’est pas écartée.

Les enquêteurs fouillent les archives. Ils cherchent des liens entre Pélicot et ce militaire. Même régiment ? Même caserne ? Même période ? Rien pour l’instant. Mais les appels passent. Les recoupements commencent.

« On ne peut pas exclure qu’ils se connaissaient », explique une source judiciaire. « Ils avaient tous les deux accès à des véhicules de l’armée. Sophie Narme a été enlevée de nuit. Ça colle. »

Le dossier est loin d’être clos.

Difficile de donner un nom à cet homme

La loi française interdit de révéler son identité avant sa mise en examen. Mais ce que l’on sait de lui dessine un tableau troublant.

Né en 1968, il a servi dans l’armée de terre de 1987 à 2001. Spécialité : transmissions. Affecté au 12e régiment de cuirassiers d’Olivet, près d’Orléans. Il a participé à des missions au Rwanda et en ex-Yougoslavie. Rien de criminel dans son passé militaire.

Après 2001, il se reconvertit dans la sécurité privée. Marié, deux enfants. Pas de condamnation. Pas de signalement. Une vie rangée.

Pourtant, son ADN a été retrouvé partiellement sur les vêtements de Sophie Narme. Comment expliquer cela ? Les enquêteurs l’ont interrogé pendant 48 heures. Il nie en bloc. Il affirme ne jamais avoir rencontré Sophie Narme. Ne jamais être allé dans le bois de Château-Renard.

Mais les preuves

📰Source :youtube.com

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Épisode 11 · 2026-05-20

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