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PolitiqueÉpisode 2/4

Convention citoyenne : la promesse des 150, les 10% de réalité

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-25
Illustration: Convention citoyenne : la promesse des 150, les 10% de réalité
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Une photo, une promesse, un gouffre

L’image a fait le tour du monde. Emmanuel Macron assis face aux 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat. Nous sommes en juin 2020 — presque jour pour jour il y a six ans. David Bornstein, chef de la rubrique politique et société de The Conversation, la décrit comme « l’image peut-être la plus forte concernant les grandes promesses démocratiques faites par Emmanuel Macron ».

Contexte : les Gilets jaunes. Entre 2018 et 2019, des centaines de milliers de Français manifestent pour plus d’initiatives citoyennes et des mesures climatiques urgentes. En octobre 2019, les débats de la Convention commencent. Cinq thèmes : transport, alimentation, logement, etc.

150 propositions émergent. Parmi elles : un écoscore alimentaire, l’interdiction des voitures les plus polluantes en centre-ville d’ici 2030, la baisse de la vitesse sur autoroute à 110 km/h.

Une participante : « C’est enfin mis sur papier tout ça. Je suis contente. » Un autre : « Je suis prêt à recevoir les tomates. »

Le président reçoit les citoyens à l’Élysée. Il leur dit : « Je prends tout, je vais tout prendre, tout ce que vous avez décidé va être appliqué. Tout est bon, sauf trois jokers. »

Bornstein : « Les observateurs et les participants avaient vu ce moment comme un nouveau moment démocratique. » Deux chercheurs, Laurent Sémar et Christian Simon, ont suivi les travaux. « Ils avaient été frappés par la maturité politique de ces gens tirés au sort », rapporte Bornstein. « Il y avait eu un consensus assez étonnant sur les choix de politique publique au nom de l’intérêt général. Ça contrastait avec les partis politiques. »

149 propositions, 10% d’adoption

La suite est édifiante. « Sur 149 propositions, le chef de l’État en a retenu certaines, mais avec tous les processus législatifs, finalement 10 % auraient été adoptés selon les médias qui ont enquêté », déclare David Bornstein.

Pendant son second mandat, Emmanuel Macron a même « détricoté bon nombre de politiques publiques environnementales qu’il avait construites pendant son premier mandat », ajoute Bornstein.

Le grand débat national, lancé après les Gilets jaunes, a produit des centaines de milliers de cahiers de doléance — « comme au moment de la Révolution française », selon Bornstein. « Malheureusement, ces cahiers sont dans des archives départementales. Ils ne servent pas à grand-chose. Ils sont même pas vraiment accessibles. » Le référendum d’initiative citoyenne ? Une version édulcorée. Rien de concret.

13% de confiance dans la politique : le baromètre qui glace

Les chiffres sont implacables. Le baromètre Science Po / Institut Verrian de septembre 2025, relayé par The Conversation via un article de Dimitri Courante, révèle l’ampleur de la défiance.

13 % des Français interrogés font confiance à la politique. 17 % au gouvernement.

Bornstein : « Le décrochage vis-à-vis de la politique est abyssal aujourd’hui. »

Ce n’est pas un rejet de la démocratie — 80 % des Français y restent attachés, selon la même enquête.

Pourquoi ? La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, l’avalanche de Premiers ministres, les budgets votés à la peine, l’absence de cap. « On a l’impression d’être coincé dans une impasse qui n’a pas de solution », résume Bornstein.

Les Français veulent être écoutés. « C’est une demande d’être pris en compte, que le vote serve à quelque chose », ajoute-t-il.

67 % des Français souhaitent des conventions citoyennes avec de vrais pouvoirs de décision — pas un simple gadget consultatif. Plus de la moitié des personnes interrogées voudraient que ces conventions remplacent le Sénat, jugé « très peu démocratique » (Bornstein).

La vie politique est devenue la première préoccupation des Français, devant l’inflation, la criminalité, la dette et l’immigration. « Les partis politiques ne s’emparent pas vraiment de ce sujet, et pourtant c’est devenu la préoccupation majeure », constate Bornstein.

Le modèle suisse : une inspiration aux limites

Un reportage montre comment fonctionne la démocratie directe helvétique. Depuis 1848, la Suisse a organisé plus de 600 référendums. Les citoyens votent quatre fois par an sur des sujets variés — subventions pour les vaches à cornes, fiscalité, limitation des travailleurs étrangers.

Un habitant : « Nous en Suisse, dès qu’il y a une nouvelle loi, avant qu’on l’impose, on demande une votation.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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