Ubisoft : les promesses non tenues du géant du jeu vidéo face au harcèlement

slug: "ubisoft-promesses-anti-harcelement" video_source: "https://youtube.com/watch?v=nSbQPFM0-q8" ---# Ubisoft : les promesses non tenues du géant du jeu vidéo face au harcèlement
Trois condamnations. Cinq ans de procédures. Des centaines de victimes. Le géant français du jeu vidéo continue de gérer les violences sexistes comme un problème de communication — pas comme un système à démanteler.
2020-2025 : des condamnations qui ne changent rien
En juillet 2025, trois anciens cadres écopent de peines pour harcèlement moral et sexuel. Les détails ? Absents. Les noms ? Écartés. Ubisoft clame un "tournant". Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les signalements ont baissé de seulement 20% en 2025 — une embellie artificielle, révélée par les documents internes. La cellule anti-harcèlement ? Huit personnes pour 17 000 salariés. Une goutte d'eau.
"La prévention est notre priorité fondamentale", martèle Cécile Russel, vice-présidente exécutive. Pourtant, entre septembre et octobre 2025, une vague de harcèlement frappe les créateurs de jeux — surtout des femmes et des minorités. Leur tort ? Avoir intégré des personnages LGBTQ+.
"On organise des rendez-vous avec des avocats... mais à un moment, il faut ignorer."
— Emmanuel Martin, Ubisoft
La stratégie est limpide. Étouffer. Attendre que l'orage passe. Former les victimes à se taire. "300 collaborateurs formés... pour leur expliquer à quoi ils s'exposent", reconnaît Martin. Traduction : ne parlez pas.
Le mirage de la diversité
23%. C'est la part de femmes chez Ubisoft. Un chiffre figé depuis 2020. Dans les métiers techniques ? Moins de 15%. Les dirigeantes ? Absentes du compte-rendu.
Les mesures ? Un vernis de com' :
- Masterclass réservées aux femmes (sans budget précis)
- Un "référent diversité" par équipe (testé sur une seule production)
- Charte contre le sexisme ordinaire (signée aussi par... Riot Games, épinglé pour harcèlement)
Claire Bourgogne, directrice du studio parisien, explique : "Les écoles nous disent : 'On n'a pas de filles en tech'". Et pourtant. Ubisoft recrute des stagiaires de 3e sans quota. Le cercle vicieux persiste.
Sur 129 jeux testés, seuls 3 passent le test de Bechdel. Même Assassin's Creed, pourtant célébré pour ses héroïnes, reste une exception. "On parle désormais de 'joueuses' par défaut", se félicite Bourgogne. Un changement cosmétique.
La modération en ligne : grand mensonge
Rainbow Six Siege. Le jeu phare d'Ubisoft. Son système de "réputation" ? Une façade.
Les joueurs toxiques bannis reviennent sous de nouveaux pseudos. "On croise des données pour les identifier", affirme Martin. Les relevés de modération montrent pourtant l'inverse.
Pire. Le harcèlement déborde l'écran. Une joueuse — son nom reste censuré — agressée physiquement lors d'un tournoi. Son harceleur en ligne était présent. Aucune protection.
"La justice est lente... il n'avait pas d'interdiction d'approcher."
— Témoignage anonyme
Le guide Francis Sporti ? Des recommandations non contraignantes. Le dispositif Checkpoint de Women in Games ? Une initiative externe, rarement déployée.
Management toxique : la culture Ubisoft
- Le #MeToo du jeu vidéo éclate. Des dizaines de témoignages. Des départs forcés. Cinq ans plus tard, le système perdure.
Les indicateurs clés :
- Déséquilibre salarial : non abordé dans l'audition
- Promotion interne : aucune donnée concrète
- Formation managers : 3 jours par an maximum (les documents en attestent)
La "cellule globale" créée en 2020 ? Basée en France, Canada, Asie. Mais aucun chiffre sur les sanctions. Aucun nom de responsable.
Pendant ce temps, les créateurs subissent. Une narratrice d'Assassin's Creed Shadow harcelée pour avoir révélé son travail. Solution d'Ubisoft ? "Ne pas poster sa passion". C'est tout.
L'industrie complice
Le Sénat interroge. Ubisoft esquive. Les constats sont accablants :
- "Progression lente" des effectifs féminins
- "Chute" des recrutements de femmes à Montréal
- "Polarisation croissante" des attaques
Pourtant, aucune sanction. Aucune conditionnalité des aides publiques. Le SELL (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs) reste muet.
Tech Coalition ? Un groupe de travail où siègent... les mêmes entreprises accusées de harcèlement. Le Digital Services Act ? "Complexe à mettre en œuvre", selon Ubisoft. Traduction : inapplicable.
Sources
- Compte-rendu intégral de l'audition au Sénat, 12 avril 2026
- Rapport de transparence Ubisoft (avril 2025)
- Décisions judiciaires TGI de Paris, juillet 2025
- Étude ESC sur la représentation féminine dans les jeux vidéo (2025)
- Documents internes Ubisoft obtenus par le Sénat
*[RGPD]: Règlement général sur la protection des données
*[SELL]: Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs
*[LGBTQ+]: Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers et autres
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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