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Génération Z : l'école réclame des moyens, l'État n'a plus d'argent

Plus 20 % d'étudiants entre 2010 et 2020, moins 2 % d'enseignants ; un professeur débutant à 1 770 euros. Sur France 24, le 22 octobre, quatre invités ont débattu de la colère de la génération Z, en France comme en Grèce et en Italie.

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-10-30
Illustration: Génération Z : l'école réclame des moyens, l'État n'a plus d'argent
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Les faits

La plus grande pancarte, à Athènes, devant le Parlement grec était écrite en français : « la beauté dans la rue ». Les chiffres cités en plateau font état de 5 000 personnes qui ont défilé à Athènes et 3 000 à Thessalonique la veille de l'émission. La correspondante à Athènes, Alexia Kefalas, y voit « clairement un mouvement en solidarité des Français ». Les revendications grecques sont scolaires : il manquerait 15 000 professeurs, et le pays ne consacre que 3,7 % de son PIB à l'éducation, contre environ 4,7 % en moyenne dans l'Union européenne, selon la correspondante.

Une représentante du syndicat étudiant de l'UPEC, à Créteil, résume : « c'est d'abord pour nos conditions de vie et d'étude ». Une essayiste invitée distingue deux mouvements le 17 octobre : celui de la jeunesse, et celui des « pilleurs qui sont arrivés en fin de journée, voire dans la nuit ». Elle cite la plateforme d'admission dans le supérieur, les logements étudiants et l'état des salles de classe.

Le sociologue Fabien Truong, professeur à l'université Paris 8, donne les chiffres : entre 2010 et 2020, « on a eu une croissance de 20 % des étudiants dans les universités françaises ». Le nombre d'enseignants et d'enseignants-chercheurs a diminué de 2 % sur la même période. Le sociologue ajoute que 126 000 jeunes qui « ont eu leur bac » n'ont pas été affectés en septembre : « Ça c'est de la maltraitance institutionnelle ». Le sociologue affirme qu'un enseignant en début de carrière touche 1 770 euros par mois, pour un salaire médian de 2 200 euros.

La réponse de l'exécutif a été sécuritaire. Le président de la République a annoncé que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées, avec des tracés destinés à protéger les commerces. Le président estime qu'une partie des actes du samedi précédent ont été « conduits par des groupes organisés d'ultra gauche qui vise à faire tomber la République », a-t-il déclaré dans l'extrait diffusé.

Ce qu'on ne vous dit pas

Le problème est ancien. Le sociologue parle de « 20 années de sous-investissement éducatif » : il y a vingt ans déjà, il manquait chaque année des milliers de professeurs. Il dit avoir « subi trois réformes » du concours en quinze ans de préparation au CAPES, réformes qui n'ont « absolument rien changé », et qu'il qualifie d'« opération de communication à coût constant ».

Le financement de la solution qu'il propose reste introuvable. Le journaliste invité le dit sans détour : investir dans le social et dans l'éducation, c'est faire de la politique, mais il demande comment investir quand le pays n'a plus aucune marge budgétaire. Il évoque la responsabilité du chef de l'État « notamment depuis 10 ans », mais conclut : « il y a pas d'issue véritablement ».

L'Italie a choisi la sanction. Le décret présenté par la cheffe du gouvernement italien crée une infraction de « participation violente à une manifestation » : à partir de cinq personnes, jusqu'à 5 ans de prison et 20 000 euros d'amende. Elle a aussi annoncé la responsabilité financière des parents et le déploiement de 500 militaires supplémentaires à Milan.

La Grèce sert d'avertissement. La correspondante rappelle que pendant la crise de la dette « 1 million de jeunes sont partis, 10 % de la population ont quitté le pays ». Elle décrit des commerçants « totalement désespérés et qui pensent à l'autodéfense », et un parti néonazi entré au Parlement en promettant d'« imposer la sécurité ». Le salaire minimum grec, selon elle, ne dépasse pas 1 000 euros et l'inflation est à plus de 5 %.

Ce qu'il faut retenir

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le constat tient en deux chiffres, vingt pour cent d'étudiants en plus et deux pour cent d'enseignants en moins : ce n'est pas un complot, c'est une addition. La massification a été décidée — son financement, non.

La vraie question que personne ne pose est celle du journaliste correspondant : avec quel argent ? La demande de tables, de chaises et de professeurs mieux payés est légitime. Mais un État sans marge budgétaire ne peut pas acheter la paix scolaire à crédit. La facture de chaque euro emprunté sera payée par cette même génération.

Les deux réponses européennes divergent. L'Italie durcit la loi. La France restreint le droit de manifester aux syndicats, ces corps intermédiaires qu'une invitée accuse le président d'avoir voulu « affaiblir » depuis dix ans. La Grèce, elle, montre ce qui arrive quand un pays endetté n'offre plus d'avenir à ses jeunes : ils partent.

Et maintenant ?

  • Les suites de la rencontre entre le Premier ministre et les organisations étudiantes et lycéennes, annoncée dans l'émission pour le lundi suivant : un engagement chiffré en est-il sorti ?
  • Les prochains chiffres de la plateforme d'admission dans le supérieur : combien de bacheliers sans affectation à la rentrée prochaine ?
  • Le budget 2027 de l'enseignement supérieur : créations ou suppressions de postes ?
  • La Grèce attend des élections générales d'ici six mois, selon la correspondante de France 24.

Sources : débat de France 24, vidéo publiée le 22/10/2026 (vidéo), avec Fabien Truong (sociologue, université Paris 8), une essayiste, une représentante d'un syndicat étudiant de l'UPEC, un journaliste correspondant à Paris, et Alexia Kefalas (correspondante à Athènes).

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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