Dette française : le piège de l'euro se referme

4,9%. Un chiffre qui devrait glacer le sang. C'est ce que coûte aujourd'hui chaque euro emprunté par l'État. La facture ? Un montant substantiel en intérêts seulement. Et ce n'est que le premier étage de la fusée.
Une machine à dettes
Bruno Lemaire, ancien conseiller économique de Marine Le Pen, n'y va pas par quatre chemins. Il faudra rembourser les obligations à taux zéro... en empruntant à un taux élevé. La boucle est vicieuse : des milliards d'émissions cette année, dont une bonne part sert à éponger les dettes passées.
Les banques, elles, se frottent les mains. La Banque de France leur prête à un taux faible. Elles revendent à un taux plus élevé à l'État. Marge garantie — payée par vous et moi.
Mais non. L'article 123 du traité de Lisbonne impose le détour par les marchés. Résultat : 119% du PIB. Un montant colossal au compteur. Un chiffre qui donne le vertige.
Le mur se rapproche
Angel Hubide, de Citadel, n'est pas du genre à mâcher ses mots. Les investisseurs fuient les obligations françaises pour le bon vieux Bund allemand. L'écart de taux ? Un pourcentage significatif — du jamais vu depuis la crise de 2011.
Et ce n'est pas tout. Les dettes Target 2 s'accumulent : 400 milliards dus par la France à la BCE. Pendant ce temps, l'Allemagne crédite un montant bien plus élevé.
L'option interdite
Regardez nos voisins du Nord. Le Danemark et la Suède, hors de l'euro, s'en sortent plutôt bien. Chômage faible. Dette bien inférieure à celle de la France. Et ils contrôlent leur monnaie — ce luxe.
"Seulement une faible part de notre dette serait affectée par une dévaluation." Lemaire enfonce le clou. Grâce aux clauses "lex monetae", la plupart des contrats seraient préservés. Le vrai gain ? Reprendre les rênes de la politique monétaire.
"Les banques doivent redevenir de simples coffres-forts." Une révolution. Aujourd'hui, les établissements privés créent une grande partie de la monnaie en circulation — contre une part bien moindre pour la BCE.
La quadrature du cercle
L'austérité, alors ? Des mesures d'austérité sont envisagées, notamment sur les retraites et le chômage. Une broutille face aux besoins.
La BCE pourrait voler au secours — comme en 2012 pour Rome. Mais à quel prix ? Un contrôle renforcé de Bruxelles sur nos finances.
Pire scénario : le "grand emprunt obligatoire" façon Grèce. Jacques Attali y songe à voix haute. Confisquer l'épargne des Français — l'idée fait son chemin.
Les chiffres sont têtus. L'euro nous étouffe. Le quitter nous isolerait. Un dilemme cornélien. Et le temps joue contre nous : quand les marchés auront choisi, il sera trop tard.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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