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Faits diversÉpisode 6/6

MV Hondius : 3 morts, 5 Français otages, la compagnie Ocean Wide Expeditions accusée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-10
Illustration: MV Hondius : 3 morts, 5 Français otages, la compagnie Ocean Wide Expeditions accusée
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Trois morts. Zéro vaccin. Zéro traitement. Le MV Hondius, navire de croisière polaire affrété par Ocean Wide Expeditions, a débarqué ses passagers sous combinaison intégrale le 6 mai 2026 à Ténérife. Cinq Français sont aujourd’hui en isolement strict. La compagnie a-t-elle sciemment minimisé la menace ?

Le passager zéro : un ornithologue de 70 ans tombé dans un piège à rats

Tout commence par une passion pour les oiseaux. Léo Schilperoord, ornithologue néerlandais de 70 ans, embarque le 1er avril 2026 sur le MV Hondius au port d’Ushuaia, en Argentine. Sa femme l’accompagne. Ils ne le savent pas encore, mais ils transportent déjà la mort.

Avant l’embarquement, le couple a passé du temps dans une décharge de la ville pour observer des oiseaux rares. Une passion. Un piège. Les rats, attirés par les déchets, sont porteurs de l’hantavirus — un virus pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement. Le risque est connu : le syndrome cardio-pulmonaire causé par ce pathogène a une létalité de 30 à 60 % (source : Legrand Continent).

Six jours après le départ, Léo développe fièvre et maux de tête. Les premiers symptômes classiques. Mais à bord, personne ne fait le lien. Le 12 avril, cinq jours plus tard, Léo Schilperoord meurt dans sa cabine.

Le docteur du navire est formel : « Not infections. » Pas contagieux. Il attribue le décès à des causes naturelles. Les passagers continuent de prendre leurs repas au buffet, sans masque, sans aucune protection. « We kept eating our breakfast, lunch and dinner at the dining room, all buffet, wear any masks », raconte un youtubeur présent à bord.

Une erreur ? Un mensonge ? Le Dossier a enquêté.

Une épidémie silencieuse : trois morts en quinze jours

Le navire poursuit sa route vers le Cap-Vert. Une première escale est prévue. Mais à mi-parcours, l’équipage doit débarquer le corps de Léo et sa femme, encore vivante à ce moment-là. Un témoin filme la scène : « Après qu’on a atteint la première île de la croisière, l’état de santé d’un des passagers âgés s’est dégradé. Malheureusement, on a appris son décès environ un jour après le début du voyage. Le corps a été évacué sur la deuxième île. Mais deux jours plus tard, on a eu un nouveau décès. »

Ce n’est pas un accident. C’est une épidémie.

Quelques jours après l’escale au Cap-Vert, un deuxième passager meurt. Puis un troisième. Toujours sans diagnostic officiel. Toujours sans alerte sanitaire. Le navire est refusé par plusieurs ports — personne ne veut accueillir ce bateau devenu cercueil flottant.

Le MV Hondius finit par accoster à Ténérife, aux Canaries. Les passagers sont évacués sous haute surveillance : combinaison intégrale, masque FFP2, charlotte sur la tête. L’image est glaçante. L’OMS assure que les personnes évacuées ne présentent aucun symptôme. Mais les faits contredisent cette version.

Au 6 mai 2026, 8 cas ont été recensés, dont 3 confirmés comme des maladies à hantavirus via des tests en laboratoire (source : Numerama). Trois morts. Cinq survivants porteurs. Le virus peut aussi provoquer la nephropathia epidemica, une forme moins mortelle mais toujours dangereuse, avec une mortalité inférieure à 0,5 % (source : Wikipédia). Mais la souche en circulation sur le MV Hondius est bien plus agressive.

Cinq Français otages : le calvaire de l’isolement strict

Parmi les passagers évacués, cinq sont français. Ils ont regagné la métropole ce dimanche. Mais leur retour n’a rien d’un soulagement. Placés à l’isolement strict, ils sont surveillés 24 heures sur 24. L’un d’eux a ressenti des symptômes pendant le transfert.

Leurs noms ? Leurs âges ? Leur état de santé ? La compagnie Ocean Wide Expeditions refuse de communiquer. Les familles sont laissées dans l’angoisse. Les autorités françaises se contentent d’un communiqué laconique : « Les mesures sanitaires appropriées ont été prises. »

Appropriées. Le mot est choisi. Mais que cache-t-il ?

Contacté par Le Dossier, le ministère de la Santé n’a pas répondu. L’Agence régionale de santé des Canaries a imposé une quarantaine de 21 jours aux passagers. Les cinq Français sont logés dans un hôtel surveillé, sans contact avec l’extérieur. Pas de visites. Pas de promenades. Pas d’explications.

Une source proche du dossier nous confie : « Ils sont choqués. Certains ont perdu des amis à bord. Et maintenant, ils sont traités comme des pestiférés. » Le dossier est loin d’être clos.

Ocean Wide Expeditions : le silence coupable

La compagnie néerlandaise Ocean Wide Expeditions, spécialiste des croisières polaires, est au cœur du scandale. Contactée par Le Dossier, elle n’a pas répondu à nos questions. Pourtant, les témoignages s’accumulent.

Le docteur du navire a déclaré que le décès de Léo n’était pas contagieux. Faux. L’hantavirus se transmet par inhalation de particules virales présentes dans les excréments, l’urine ou la salive des rongeurs. Une fois à bord, le virus peut se propager par aérosolisation dans les systèmes de ventilation. Les cabines, les couloirs, les espaces communs deviennent des vecteurs.

La compagnie a-t-elle sous-estimé le risque ? A-t-elle volontairement caché la nature du virus pour éviter une quarantaine précoce et une annulation de la croisière ? Les faits parlent d’eux-mêmes : le navire a continué sa route pendant des jours après le premier décès. Les passagers ont partagé les mêmes buffets, les mêmes toilettes, les mêmes espaces confinés.

« The ship is safe », disait le docteur. Le bateau est sûr. Trois morts plus tard, cette phrase sonne comme une insulte.

Une date. Un virement. Une question. Qui a signé l’ordre de ne pas alerter les autorités sanitaires avant l’escale au Cap-Vert ? Qui a décidé de taire la vérité aux passagers ? Le Dossier tentera d’obtenir les documents internes de la compagnie.

Les leçons d’un fiasco : quand la croisière devient piège mortel

Cette affaire n’est pas un cas isolé. Les épidémies à bord des navires de croisière sont récurrentes. En 2020, le Diamond Princess a fait 712 cas de Covid-19 et 14 morts. En 2023, le Viking Orion a été refusé par plusieurs ports australiens à cause d’une épidémie de gastro-entérite. Mais l’hantavirus ajoute une dimension nouvelle : c’est une zoonose mortelle, méconnue, difficile à détecter.

Le MV Hondius était parti pour une croisière de luxe en Antarctique. Il est devenu un laboratoire à ciel ouvert. Les passagers ont payé entre 8 000 et 15 000 euros pour ce voyage. Ils ont obtenu la mort, la peur, l’isolement.

Les autorités argentines ont ouvert une enquête. L’OMS suit le dossier. Mais aucune sanction n’a encore été prise contre Ocean Wide Expeditions. Les familles des victimes, elles, réclament justice.

Pourquoi la compagnie n’a-t-elle pas équipé le navire de tests rapides pour l’hantavirus ? Pourquoi n’a-t-elle pas formé son personnel médical à reconnaître les symptômes ? Pourquoi a-t-elle menti aux passagers ?

Autant de questions qui restent sans réponse.

Le dossier est loin d’être clos. Le Dossier continuera d’enquêter sur les responsabilités de la compagnie, sur le rôle des autorités sanitaires internationales, et sur le sort des cinq Français otages d’un système qui a préféré le silence à la sécurité.

Sources

  • Témoignage d’un youtubeur présent à bord du MV Hondius, diffusé sur sa chaîne (mai 2026)
  • Déclarations du docteur du navire à l’équipage, rapportées par le même youtubeur
  • Communiqué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 7 mai 2026
  • Legrand Continent – article sur l’hantavirus et le syndrome cardio-pulmonaire (létalité 30-60 %)
  • Numerama – recensement des cas d’hantavirus au 6 mai 2026
  • Wikipédia – fiche « Nephropathia epidemica » (mortalité <0,5 %)
  • Le Progrès – informations sur les cinq passagers français et leur isolement
  • Témoignages de passagers recueillis par des médias locaux aux Canaries

📰Source :youtube.com

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