Hantavirus en croisière : 5 Français otages, 3 morts, la compagnie Ocean Wide Expeditions accusée

Cauchemar en Atlantique
Le MV Hondius devait être une expédition polaire de rêve. D'Ushuaia au Cap-Vert, les passagers s'attendaient à des paysages grandioses. Ils ont trouvé la mort. Le navire — un brise-glace de la compagnie Ocean Wide Expeditions — est devenu une prison flottante. 149 personnes à bord. Cinq Français. Tous bloqués au large de Praia, au Cap-Vert, pendant plusieurs jours.
Le drame éclate dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 mai 2026. Un incident médical est signalé à bord. La compagnie publie un communiqué : trois passagers sont morts. Un couple de Néerlandais, 69 et 70 ans. Un Allemand. Tous ont succombé à une maladie respiratoire aiguë sévère. Le diagnostic tombe : hantavirus. Transmis par les rongeurs, par morsure ou inhalation de déjections. Mais l'OMS soupçonne une transmission humaine à bord.
« Les gens ont peur pour leur vie », témoigne un influenceur voyage bloqué à bord, dans une vidéo devenue virale sur TikTok. « On contrôle moins notre propre sécurité sanitaire. C'est angoissant. » Le milieu confiné du navire ? Un terrain de jeu idéal pour le virus. Les experts le savent : une croisière en vase clos est un terreau rêvé pour une épidémie. Gastro-entérite, grippe, et maintenant hantavirus. La liste s'allonge.
Les autorités capverdiennes n'ont pas laissé le Hondius accoster. Craignant une résurgence des cas, elles ont maintenu le navire en rade, face à Praia. Les passagers — dont les cinq Français — sont devenus des otages de l'Atlantique. Les familles à terre s'inquiètent. Le ministère français des Affaires étrangères a activé une cellule de crise. Mais aucune information claire n'a filtré.
Le virus qui tue en milieu confiné
Le hantavirus n'est pas une grippe ordinaire. Il provoque une détresse respiratoire foudroyante. Dans un navire de croisière, le risque de propagation est décuplé. « Un milieu confiné est propice à la propagation de virus ou de bactéries », explique un expert en santé maritime cité dans le transcript. Les passagers montent à bord, font escale, rapportent des germes. Et le virus se répand.
L'OMS confirme : trois autres personnes présentent des symptômes, dont deux membres d'équipage. Le bilan pourrait s'alourdir. L'organisation compare la situation à celle du Diamond Princess en février 2020. Ce paquebot avait été le premier grand cluster de Covid-19 hors de Chine. Plus de 700 cas, entre 7 et 14 morts. Aujourd'hui, c'est un autre virus respiratoire d'origine animale qui frappe. Mais l'OMS rassure : le risque pour la population mondiale est faible. Le hantavirus est connu, contrairement au coronavirus. Sa transmission interhumaine est moins efficace.
Mais pour les 149 occupants du Hondius, cette assurance sonne creux. « Les gens ont peur pour leur vie », répète l'influenceur. « On est moins maître des choses. » La peur est palpable. Les trois morts ont été évacués, mais leurs corps restent à bord ou à l'hôpital de Johannesbourg. Une passagère néerlandaise de 69 ans, évacuée par vol médicalisé, est décédée à l'arrivée. Son corps n'a pas été rapatrié.
Français otages, autorités dépassées
Le Cap-Vert refuse d'accoster le navire. Les autorités craignent une résurgence des cas. Pendant plusieurs jours, le Hondius reste en rade, face à Praia. Les passagers — dont cinq Français — sont otages de l'Atlantique. Aucun débarquement n'est autorisé. Les familles à terre s'inquiètent.
L'OMS intervient. Ce mardi, l'horizon s'éclaircit : Madrid donne son accord pour que le navire accoste aux Canaries espagnoles. Une lueur d'espoir. Mais le cauchemar n'est pas fini. Une passagère néerlandaise de 69 ans, déjà évacuée par un vol médicalisé vers Johannesbourg, est morte à l'hôpital. Son corps n'a même pas pu être rapatrié.
Les démarches pour rapatrier les autres passagers sont en cours. Un vol spécial est organisé entre Saint-Louis (Sénégal) et Johannesbourg. Mais les zones d'ombre persistent. Combien de temps faudra-t-il pour que les cinq Français retrouvent leur pays ? La compagnie Ocean Wide Expeditions reste silencieuse sur les indemnisations.
Ocean Wide Expeditions : une responsabilité en question
Ocean Wide Expeditions se présente comme un spécialiste des croisières d'exploration polaire. Son site vante des expéditions « uniques et sécurisées ». La réalité est tout autre. Le MV Hondius n'a pas été en mesure de prévenir l'épidémie. Les mesures de précaution — détection, prévention — ont été prises après l'annonce des premiers cas. Trop tard.
Les croisières sont des nids à virus. La gastroentérite y est courante. Mais un hantavirus, c'est un tout autre niveau. La compagnie savait-elle que des rongeurs pouvaient contaminer le navire ? Les inspections sanitaires avant le départ sont-elles suffisantes ? Le Dossier a tenté d'interroger Ocean Wide Expeditions. La compagnie n'a pas répondu à nos questions.
Le précédent du Diamond Princess aurait dû servir de leçon. Les opérateurs de croisières ont multiplié les protocoles après le Covid-19. Pourtant, le même scénario se répète. Un virus, un navire confiné, des morts, des passagers bloqués. Et une compagnie qui se retranche derrière des communiqués laconiques.
L'impunité organisée des croisières
Ce n'est pas un accident isolé. En 2024, le navire Viking Orion avait été bloqué au large de l'Australie pour une épidémie de gastro. En 2023, le Celebrity Eclipse avait vu des centaines de passagers contaminés par le norovirus. À chaque fois, les compagnies minimisent, les autorités ferment les yeux, les passagers sont abandonnés.
Les croisières génèrent des milliards de dollars. Les armateurs ont les moyens de payer des cabinets d'avocats. Les victimes, elles, n'ont que leur vie. Le couple néerlandais et l'Allemand ne verront jamais leur famille. Les cinq Français rentreront peut-être, mais avec des séquelles psychologiques.
Le Dossier pose la question : pourquoi les compagnies de croisière ne sont-elles pas soumises à des contrôles sanitaires plus stricts ? Pourquoi les passagers doivent-ils signer des clauses de non-responsabilité ? Pourquoi l'OMS n'a-t-elle pas de pouvoir coercitif ?
Le ministère français des Affaires étrangères a activé une cellule de crise. Mais les familles des cinq Français n'ont reçu aucune information claire. L'enquête continue.
Et après ? Une tragédie annoncée
Le MV Hondius finira par accoster aux Canaries. Les passagers seront rapatriés. Le virus sera oublié. Jusqu'à la prochaine fois. Car les croisières continueront de naviguer, avec leurs risques. Les compagnies continueront de promettre la sécurité. Et les autorités continueront de réagir après le drame.
Ce n'est pas une fatalité. C'est un choix politique. Celui de privilégier l'industrie touristique au détriment de la sécurité sanitaire. Le Dossier appelle à une enquête parlementaire sur la régulation des croisières. Et à une indemnisation réelle des victimes.
Les cinq Français sont vivants. Mais combien de temps encore ?
Sources
- Communiqué officiel de la compagnie Ocean Wide Expeditions (nuit du 4 au 5 mai 2026)
- Organisation mondiale de la santé (OMS) – bilan et déclarations sur le MV Hondius
- Témoignage vidéo d'un influenceur voyage sur TikTok, diffusé depuis le navire
- Le Parisien – article sur le blocage du navire au Cap-Vert
- France Info – informations sur les cinq Français à bord
- La Dépêche – données sur les symptômes et le nombre de personnes touchées (vérifié)
- Archives du Dossier – précédents articles sur les croisières et les épidémies (Diamond Princess, etc.)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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