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Faits diversÉpisode 6/3

Hantavirus : 5 Français otages du MV Hondius, 3 morts

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-07
Illustration: Hantavirus : 5 Français otages du MV Hondius, 3 morts
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Le piège de l'Atlantique

Tout commence le 1er avril 2026. Le MV Hondius quitte Ushuaia, en Argentine. Un navire de 107 mètres, pavillon néerlandais. À son bord : 147 personnes. 88 passagers — dont cinq Français — et 59 membres d'équipage. Vingt-trois nationalités. Destination : Praia, au Cap-Vert. Un voyage de rêve. Des escales paradisiaques, Tristan da Cunha, l'île habitée la plus isolée du monde. Le prix : entre 8 000 et 25 000 euros par personne. Un budget conséquent pour une croisière d'exception.

Mais le 11 avril, tout bascule. Un passager néerlandais de 70 ans décède à bord. Cause : hantavirus. Pas n'importe lequel : la souche des Andes, la seule des 38 souches connues capable de se transmettre entre humains. Une rareté. Une menace.

Le navire poursuit sa route. Le corps du Néerlandais est débarqué deux semaines plus tard, le 24 avril, à Sainte-Hélène — une île britannique perdue dans l'Atlantique Sud. Le lendemain, son épouse, 69 ans, présente les mêmes symptômes. Elle embarque sur un vol Airlink avec le corps de son mari, direction Johannesburg. Elle s'effondre à l'aéroport. Hospitalisée, elle décède le 26 avril. Ce couple serait le patient zéro. Selon les autorités sanitaires argentines, ils avaient voyagé plusieurs mois entre l'Argentine, le Chili et l'Uruguay avant d'embarquer.

Le 2 mai, une passagère allemande succombe à son tour à bord. Trois morts en trois semaines. Un bilan provisoire ?

Le MV Hondius, lui, erre en Atlantique. Les autorités cap-verdiennes interdisent au navire d'accoster à Praia. Il est redirigé vers Tenerife, aux Canaries. Les passagers, confinés en cabine, attendent. Cinq Français parmi eux. Leur calvaire dure depuis plus d'un mois.

Les patients zéro : un couple néerlandais

Prenons les choses dans l'ordre. Qui sont ces deux morts qui ont déclenché l'alerte ? Un couple de Néerlandais, âgés de 70 et 69 ans. Ils ne sont pas montés à bord porteurs du virus. Les autorités sanitaires argentines le confirment : ils ont été contaminés lors de leurs mois de voyage en Amérique du Sud. Argentine, Chili, Uruguay. Probablement par contact avec des rongeurs infectés ou leurs déjections. Le hantavirus se transmet par inhalation de poussière contaminée, par morsure, par contact avec la salive, l'urine ou les excréments de rongeurs sauvages. Un mode de transmission silencieux.

Le 11 avril, l'homme décède. Le navire n'est pas encore en quarantaine. Personne ne sait que le virus est à bord. On conserve le corps dans une chambre froide. Deux semaines plus tard, à Sainte-Hélène, on le débarque. Son épouse, déjà symptomatique, prend un vol commercial. Pourquoi a-t-elle été autorisée à voyager ? Qui a pris cette décision ?

Le 25 avril, elle embarque sur le vol Airlink entre Sainte-Hélène et Johannesburg. À bord : 82 passagers et 6 membres d'équipage. Tous potentiellement exposés. Le lendemain, elle s'effondre à l'aéroport de Johannesburg. Elle meurt quelques heures plus tard. Les autorités sud-africaines découvrent alors qu'elle était porteuse du hantavirus. Trop tard.

Aujourd'hui, les autorités sanitaires recherchent tous les contacts de cette femme. Les passagers du vol Airlink. Les personnes présentes à l'aéroport ce jour-là. Mais aussi les voyageurs d'un vol KLM, qu'elle a brièvement emprunté avant d'être débarquée. Combien de personnes ont été exposées ? Les chiffres officiels sont provisoires. « 82 passagers et six membres d'équipage », annoncent les autorités. Un chiffre qui peut encore grimper.

La contamination du médecin et la course aux contacts

Le 27 avril, un médecin britannique de 56 ans, qui soignait les malades à bord du MV Hondius, tombe malade à son tour. On l'évacue par avion vers Johannesburg. Son état est stable, mais il a été en contact avec 62 professionnels de santé. 42 d'entre eux ont déjà été retrouvés et placés sous surveillance. Les 20 autres sont activement recherchés. Une course contre la montre.

Le 2 mai, une passagère allemande décède. Trois autres personnes sont contaminées : un homme hospitalisé à Zurich — testé positif, c'est le troisième cas confirmé —, deux membres d'équipage (un Britannique et un Néerlandais) et une personne qui avait côtoyé l'Allemande décédée. Tous évacués par l'OMS au large du Cap-Vert, sur un petit bateau rouge, avec du personnel médical en combinaison de protection. Une image saisissante.

Au total, on dénombre trois cas confirmés et cinq cas suspects. Trois morts. Mais ces chiffres sont provisoires. La période d'incubation du hantavirus peut aller jusqu'à six semaines. D'autres malades pourraient apparaître.

L'OMS est mobilisée. Les autorités sanitaires argentines enquêtent. Les compagnies aériennes KLM et Airlink ont été contactées. Mais les zones d'ombre restent nombreuses. Pourquoi les autorités cap-verdiennes ont-elles interdit l'accostage ? Pourquoi n'a-t-on pas débarqué les passagers plus tôt ? La compagnie Oceanwide Expeditions, basée aux Pays-Bas, communique peu. Aucune déclaration officielle sur les mesures prises pour protéger les passagers.

Cinq Français otages : le silence de la compagnie

À bord du MV Hondius, cinq Français. Leurs noms ? Inconnus. Leur état de santé ? Inconnu. Officiellement, il n'y a plus aucun patient symptomatique à bord. Mais les passagers restent confinés en cabine depuis des jours. L'angoisse monte. Les familles s'inquiètent. Le Quai d'Orsay a-t-il été contacté ? Aucune information.

Le navire se dirige vers Tenerife. Là, les passagers pourront enfin débarquer et rejoindre leur pays. Mais combien de temps encore ? La traversée entre le Cap-Vert et les Canaries prend plusieurs jours. Le MV Hondius avance lentement. Chaque heure qui passe est une heure de plus dans la peur.

Le prix de cette croisière « exceptionnelle » — entre 8 000 et 25 000 euros — semble aujourd'hui dérisoire. Les passagers ont payé pour un voyage de rêve. Ils vivent un cauchemar sanitaire. Trois d'entre eux sont morts. Les survivants sont otages de l'Atlantique. Et la compagnie Oceanwide Expeditions ? Elle se retranche derrière le silence. Pas de communiqué. Pas d'excuses. Pas de plan de remboursement. Rien.

Le Dossier a tenté de contacter la compagnie. Sans réponse. Les autorités néerlandaises, pays du pavillon, restent muettes. L'affaire prend une dimension diplomatique. La France, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni — les nationalités des victimes et des passagers se multiplient. Où est la coordination ?

Un virus connu, une gestion catastrophique

Le hantavirus n'est pas une maladie inconnue. Découvert dans les années 1950 lors de la guerre de Corée — du nom de la rivière Hantan —, il a touché plus de 3 000 soldats. Depuis, environ 200 cas surviennent chaque année, principalement en Amérique du Nord et du Sud. En Europe, la souche Puumala est responsable de la majorité des infections. Mais la souche des Andes, celle qui a tué sur le MV Hondius, est la seule capable de transmission interhumaine. Une spécificité redoutable.

Les symptômes sont classiques : fièvre, myalgies, détresse respiratoire. Ensuite, le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) peut entraîner une détresse respiratoire et cardiaque, avec un taux de létalité de 30 à 50% selon les souches. La souche des Andes est particulièrement meurtrière.

Malgré cette connaissance, la gestion de la crise a été catastrophique. Pourquoi le corps du premier mort a-t-il attendu deux semaines avant d'être débarqué ? Pourquoi l'épouse a-t-elle pu prendre un vol commercial ? Pourquoi les autorités sanitaires argentines n'ont-elles pas immédiatement mis en quarantaine le navire ? Pourquoi l'OMS n'est-elle intervenue que tardivement ?

Autant de questions qui appellent des réponses. Les familles des victimes les attendent. Les passagers bloqués à bord les attendent. Les 62 professionnels de santé exposés au médecin britannique les attendent.

Le MV Hondius arrive à Tenerife. Les passagers vont débarquer. Mais l'enquête, elle, ne fait que commencer. Qui a pris les décisions ? Qui a fermé les yeux ? Qui paiera ?

Le Dossier suivra cette affaire de près. Prochain épisode : les révélations sur les responsabilités de la compagnie Oceanwide Expeditions et des autorités sanitaires.

Sources

  • Autorités sanitaires argentines (communiqué officiel)
  • Organisation mondiale de la santé (OMS) — bulletin d'alerte
  • Linternaute.com — vérification des faits et contexte du MV Hondius
  • Franceinfo.fr — interview et chronologie des événements

📰Source :youtube.com

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