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SociétéÉpisode 22/4

Canicule : médias et Macron enterrent l'urgence climatique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-16
Illustration: Canicule : médias et Macron enterrent l'urgence climatique
© YouTube

Des morts, des records — pas de politique

Cet été 2026, la France suffoque. 50 décès par noyade. Deux enfants morts dans la chaleur de leur voiture à Carpentras. Les urgences reçoivent le double de patients par rapport à la normale. À l'hôpital de Beauvais, impossible d'accoucher ou d'opérer pendant 48 heures. 45 patients dans les couloirs sur des brancards. Certains attendent trois jours. Trois jours sous les néons.

Les médias en parlent. Beaucoup. Éditions spéciales. Bulletins permanents. Débats alarmistes. « On a un peu l'impression d'un retour de 2020, avec le Covid », raconte le Canard réfractaire, chaîne YouTube qui a analysé le traitement médiatique. Mais ce flot d'images cache un vide. « Ça ne parle jamais du vrai sujet de fond, pas un seul propos politique », résume la vidéo.

Pourquoi ? La canicule est devenue un « marronnier médiatique très efficace ». Quand vous êtes bloqué dans un logement surchauffé, vous regardez la télé. La canicule épuise. Vous restez devant votre écran. Et les médias en profitent. « Du commentaire patronal », tranche le Canard réfractaire. L'obsession ? L'économie. Ce que la canicule va coûter au PIB.

Une étude de l'assureur allemand Allianz, citée dans la vidéo, estime que le réchauffement pourrait faire perdre près de 200 milliards d'euros de croissance entre 2026 et 2030. « C'est vrai que ça vaut mieux de croire les assureurs que les gens ou les scientifiques », ironise le Canard réfractaire. Les morts, les hôpitaux saturés, les rails déformés — tout ça passe au second plan.

Luc Ferry et le déni climatisé

Et quand on parle politique, on tombe sur Luc Ferry. L'ancien ministre de l'Éducation nationale, invité sur les plateaux, minimise. « On a qu'un jour de chaleur », lance-t-il. « Mon père s'est évadé quatre fois des camps nazis. Il faisait très chaud aussi, surtout dans le four qu'on avait préparé pour lui. » Sa conclusion ? « On est capable de supporter ça. »

« Ce type a été ministre de l'éducation nationale », réagit le Canard réfractaire. « S'il était couvreur, il aurait été beaucoup plus utile à la société. On verrait surtout pas sa vieille carne stupide se balader de plateau climatisé en plateau climatisé. » Le déni n'est pas neuf. Il dure depuis des décennies.

Pendant ce temps, les vrais chiffres tombent. Le dernier rapport du GIEC, en 2023, alertait déjà sur la mortalité en ville, sur l'effet d'îlot urbain, sur la Méditerranée comme zone de sécheresse intense. Des canicules plus longues, plus intenses. Des nuits qui ne descendent pas sous 20°C. « On ne peut pas être surpris », insiste la vidéo.

149 mesures au placard

Emmanuel Macron a voulu se repeindre en vert. Il a récupéré la Convention citoyenne pour le climat. Il a invité 150 citoyens à plancher sur la réduction des émissions. Ils ont travaillé sérieusement. Baisser la TVA sur les transports. Augmenter les fonds pour le vélo. Interdire une partie des vols intérieurs. Interdire les publicités pour les produits les plus émetteurs.

Résultat : 149 de ces mesures ont été mises au placard. « Les 150 personnes qui se sont fait enfler ont retenu la leçon », raconte le Canard réfractaire. Elles se sont formées en collectif. Elles continuent à défendre leur travail. Mais l'État n'a pas suivi.

L'OCDE vient d'épingler la France. À la fois sur l'atténuation — réduire les émissions de CO₂ — et sur l'adaptation — ajuster les structures au climat qui vient. L'État français a déjà été condamné deux fois pour inaction climatique sous Emmanuel Macron. Deux fois. (Oui, vous avez bien lu.) Et les politiques d'adaptation qui existent visent le climat d'il y a 30 ans, pas celui qui arrive.

Exemple : les calculs énergétiques des logements, avec les lettres A à E. Ils sont conçus pour l'hiver. Pour le froid. Pas du tout pour le confort thermique en cas de canicule. Les bâtiments ont été construits pour retenir la chaleur. En été, ils se transforment en pièges thermiques.

Climatisation : la fausse solution

Face à ça, une idée revient sans cesse sur les plateaux : la climatisation. Emmanuel Macron lui-même a promis un plan massif. « Je mettrai en place un plan massif de climatisation, en commençant par les espaces où il y a les gens les plus vulnérables, les hôpitaux, les EHPADs, les écoles. » Mais le Canard réfractaire dénonce une « fuite en avant ». « Climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts. »

La climatisation augmente la dépendance énergétique. Elle évite les travaux structurels, comme l'isolation. « La climatisation, c'est une maladaptation », résume la vidéo. Pourtant, les médias en font la promotion. « La climatisation est une des réponses au réchauffement climatique », a affirmé un intervenant sur un plateau. « Ce n'est pas la seule, mais convenons qu'elle est évidente à l'hôpital, à l'école. »

Mais le vrai problème, c'est que les solutions à court terme rapportent de l'argent. Aux industriels. Aux publicitaires. « La climatisation, c'est le jackpot », ironise le Canard réfractaire. Les médias suivent la même logique que pour la voiture électrique : une solution technologique, immédiate, qui ne remet pas en cause le système.

Les propriétaires des médias et l'inaction

Le Canard réfractaire pose une question gênante : pourquoi les médias n'abordent-ils jamais le fond ? « Les propriétaires des médias sont des industriels qui ont besoin de pétrole et de la production de leur noir pour assurer leur profit. » Les patrons des chaînes — M6, LCI, CNews — font partie des bénéficiaires de l'inaction climatique. Leurs clients publicitaires aussi.

Hors des événements extrêmes, le changement climatique n'est quasiment jamais évoqué à la télévision. Les gens qui regardent M6, LCI ou CNews n'en entendent pour ainsi dire jamais parler. Et quand on en parle, c'est deux fois plus l'été que l'hiver. Pendant les canicules. Un effet de saison, pas une prise de conscience.

La vidéo pointe aussi un autre mécanisme : la recherche de coupables individuels. Exemple : Hamza, un adolescent de 14 ans qui arrose les passants avec un pistolet à eau au canal Saint-Martin. « Hamza sème la terreur », titrent les médias. « Voilà que les médias audiovisuels, après avoir été en dessous de tout pendant 40 ans sur le réchauffement climatique, finissent par médiatiser un adolescent », dénonce le Canard réfractaire. Le coupable est désigné. La solution — l'interdiction, la répression — est immédiate. Le système reste intact.

L'avenir : coupures, trains bloqués, hôpitaux saturés

Les conséquences de cette inaction sont déjà visibles. EDF a annoncé une baisse de production nucléaire. Pour refroidir une centrale, il faut de l'eau fraîche. Mais quand l'eau des rivières atteint 33°C, impossible. Les rails se déforment en France et en Allemagne. Les trains sont annulés. Les routes deviennent impraticables. Le bitume ramollit.

Dans un avenir proche, le GIEC prévoit une saturation des hôpitaux, une demande forte en électricité pour la climatisation — mais avec des centrales nucléaires bridées. Des coupures de courant sur des villes, des départements, des régions entières. L'eau douce qui manque. La production agricole qui chute. Des incendies.

« Pour survivre au réchauffement, il va falloir investir massivement », conclut le Canard réfractaire. « Toute la richesse captée aujourd'hui par la grande bourgeoisie française, c'est précisément ça qu'il va falloir mobiliser. » Le message est clair : les profiteurs de l'inaction doivent passer à la caisse.

Mais les médias et les politiques restent en boucle. Ils parlent de la canicule comme d'un phénomène météo. En septembre, quand les débats à l'Assemblée reprendront, ils seront en ordre de bataille pour couper dans l'adaptation et l'atténuation. « Ils se sont gavés pendant des années et ils ont bousillé notre environnement », assène la vidéo.

Une question demeure : combien de morts faudra-t-il encore ?

À suivre.

Cet article fait partie du dossier « Macron et les médias français complices du massacre à Gaza » (épisode 22). Les épisodes précédents ont notamment exploré les liens entre Macron et Orbán, la chasse aux donateurs des médias libres, et l'instrumentalisation de la justice contre Juan Branco.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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