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PolitiqueÉpisode 16/14

Attal et Philippe durcissent le ton sur l'immigration : la présidentielle en ligne de mire

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-11
Illustration: Attal et Philippe durcissent le ton sur l'immigration : la présidentielle en ligne de mire
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Le réveil tardif du bloc central

Début août, Gabriel Attal dégaine dans le Journal du Dimanche. Le patron de Renaissance — et ancien Premier ministre — place les frontières parmi ses « quatre chantiers prioritaires ». Sa proposition : renforcer Frontex, l’agence européenne de garde-frontières, et réformer l’espace Schengen pour empêcher qu’un pays membre puisse régulariser massivement des clandestins. L’idée est simple : couper le robinet des régularisations en cascade qui transforme un pays en passoire pour tout l’espace européen.

Le lendemain, Édouard Philippe répond dans une tribune publiée sur le site du Figaro. Le maire du Havre va plus loin. Il propose de suspendre l’enregistrement des demandes d’asile quand une frontière est submergée — une mesure de bon sens qui existe déjà dans plusieurs pays européens. Et il compte utiliser les centres de retour dans des pays tiers, permis par une directive européenne, pour renvoyer les clandestins.

Sur ce dernier point, Attal et Philippe divergent. Le premier y est opposé. Le second l’assume.

Mais une chose les unit : l’urgence politique.

Car la crise de Ceuta n’est pas un incident isolé. C’est un révélateur. Des milliers de migrants ont forcé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole. L’Espagne, submergée, a appelé l’Europe à l’aide. La réponse ? Quelques forces de l’ordre supplémentaires envoyées par la France. Rien, ou presque, face à l’ampleur du défi.

Le consensus dans le pays, pas à l’Assemblée

Les sondages CSA sont sans appel : entre 70 et 90 % des Français veulent réduire l’immigration. C’est systématique, constant, massif. Il n’y a aucun débat à avoir dans l’opinion publique.

Pourtant, à l’Assemblée nationale, le consensus n’existe pas. Les majorités se font et se défont sur le sujet. Les gouvernements successifs — y compris celui d’Attal — n’ont pas pris les mesures nécessaires. Pourquoi ? Parce que le macronisme a toujours traité l’immigration comme un angle mort. Un sujet qu’on espérait voir disparaître tout seul.

Résultat : le président de la République détient le pire bilan migratoire de la Ve République. 384 000 titres de séjour en une seule année. Un record qui pèse lourd sur les héritiers.

Gabriel Attal et Édouard Philippe n’ont donc pas le choix. Ils doivent durcir le ton. Non par conviction soudaine — mais par nécessité électorale. Faire la même erreur que Macron pourrait leur coûter très cher à la présidentielle.

La concurrence à droite : un autre braquet

Les propositions d’Attal et Philippe paraissent audacieuses dans le camp macroniste. Mais à côté de Marine Le Pen ou de Bruno Retailleau, elles font figure de demi-mesures.

La première veut revenir à l’esprit original de Schengen : une libre circulation réservée aux seuls ressortissants européens. Le second demande carrément la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen — une mesure radicale qui montre l’ampleur de la colère.

Le contraste est saisissant. D’un côté, des propositions techniques — renforcer Frontex, réformer Schengen, suspendre l’enregistrement des demandes d’asile. De l’autre, des mesures de rupture — sortie de Schengen pour certains pays, retour aux frontières nationales.

Les macronistes changent de braquet, c’est vrai. Mais ils roulent encore sur une voie secondaire pendant que la droite roule sur l’autoroute.

Le problème de crédibilité

Car le vrai problème n’est pas le contenu des propositions. C’est la crédibilité de ceux qui les portent.

Gabriel Attal et Édouard Philippe ont été les Premiers ministres d’Emmanuel Macron. Ils ont appliqué sa politique. Ils ont défendu son bilan. Et ce bilan, c’est 384 000 titres de séjour en un an. C’est une immigration qui n’a jamais été maîtrisée. Ce sont des frontières qui n’ont jamais été vraiment contrôlées.

Les Français ne sont pas dupes. Ils voient bien que le virage est tardif, opportuniste, dicté par les sondages. La question n’est pas de savoir si Attal et Philippe ont compris le sujet — ils l’ont probablement compris, au moins en partie. La question est de savoir si les Français leur feront confiance pour le régler.

Et c’est là que le bât blesse.

Car la confiance ne se décrète pas. Elle se construit sur des actes, pas sur des tribunes. Or, les actes du macronisme en matière migratoire parlent d’eux-mêmes. Et ils ne plaident pas en faveur de ses héritiers.

Et maintenant ?

La présidentielle approche. Gabriel Attal et Édouard Philippe sont donnés favoris dans le camp macroniste. Mais leur principal adversaire n’est pas Marine Le Pen ou Bruno Retailleau — c’est leur propre passé.

Ils doivent convaincre les Français qu’ils ont changé. Que cette fois, c’est sérieux. Que les propositions ne sont pas des effets d’annonce mais des engagements fermes.

Le chemin est étroit. Très étroit.

Car à force de vouloir rattraper le temps perdu, on risque de paraître ce qu’on est : des convertis de la dernière heure. Et les Français, eux, n’ont pas oublié que c’est sous le règne de leurs mentors que l’immigration a battu tous les records.

Le dossier est loin d’être clos. À suivre.

Sources :

  • Le Journal du Dimanche — propositions de Gabriel Attal (début août 2026)
  • Le Figaro — tribune d’Édouard Philippe (août 2026)
  • Sondages CSA — opinion des Français sur l’immigration (récurrents)

📰Source :youtube.com

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