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Faits diversÉpisode 13/13

ADN, balistique, téléphonie : quand la science fait vaciller la vérité judiciaire

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-14
Illustration: ADN, balistique, téléphonie : quand la science fait vaciller la vérité judiciaire
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L'arme du crime qui n'en était peut-être pas une

L'affaire débute par un couteau. Indice 36, comme l'appellent les enquêteurs. Un couteau de cuisine retrouvé chez Raffaele Sollecito, le petit ami d'Amanda Knox à l'époque du meurtre de Meredith Kercher, en 2007, à Pérouse. Sur le manche, l'ADN d'Amanda. Sur la lame, celui de la victime, selon la police scientifique. L'arme du crime, disaient-ils. Présentée comme telle au procès.

Sauf que. Deux professeurs de médecine de Rome — Conti et Vyoti — ont été mandatés pour une nouvelle expertise. Leurs conclusions ont chamboulé le scénario établi. D'après la vidéo Faites entrer l'accusé, ces experts ont estimé que la quantité d'ADN retrouvée sur la lame était insuffisante pour affirmer formellement qu'il s'agissait de celui de Meredith. Impossible de procéder à de nouveaux prélèvements : il n'y avait plus assez de matière biologique.

Voilà où ça se complique. Si la seconde expertise juge l'échantillon insuffisant, la première l'était aussi. Logique. Mais le mal était fait : le couteau avait déjà été présenté comme preuve centrale. L'ADN sur le manche, lui, était bien celui d'Amanda. Rien d'étonnant, concèdent les experts : elle fréquentait Sollecito depuis deux semaines, elle avait pu toucher ce couteau. Rien de plus normal.

Un légiste, mandaté par la défense, a examiné la blessure mortelle de Meredith. Il a observé des ecchymoses autour du point d'entrée du couteau dans la gorge. Des équimoses, en langage médical. Ce débat technique — la présence ou non de ces marques — peut sembler anodin. Il ne l'est pas. Il remet en cause le scénario de l'accusation sur les circonstances de la mort.

Les chiffres ne mentent pas. Mais leur interprétation, si.


Trois balles, une exécution, une arme qui parle

L'affaire Serge Genou — nom non vérifié, possible erreur de transcription — est celle d'un bijoutier exécuté de trois balles dans la tête. Une balle au-dessus de la tempe, deux autres en haut de la nuque, exactement à l'emplacement du cervelet. Les trois balles, des calibres 22 long rifles, ont été tirées par la même arme.

Pas de trace de tatouage de poudre brûlée sur la peau. Le canon se trouvait au moins à 30 centimètres de la tête. Pas un tir à bout touchant. Une exécution à distance, délibérée.

Les balisticiens se sont penchés sur la pression exercée sur la queue de détente. Deux cas de figure : simple action ou double action. En simple action — le chien est relevé, on appuie, il retombe — il faut 2,1 kg de pression. En double action — le chien est abaissé, on appuie, il se soulève puis retombe — il faut 5 kg.

Cinq kilos. Ce n'est pas un accident. C'est une volonté.

L'arme a été versée dans le fichier cible — comparaison identification balistique par localisation des empreintes. Le fichier a reconnu l'arme : elle avait déjà servi. Sur le double meurtre d'un couple de retraités, trois mois plus tôt.

Retenez ce détail : l'arme a parlé pour lui.


Maëlys, 8 ans, et l'homme au chien

L'affaire Maëlys, on la connaît. Disparition lors d'une fête de mariage, à 3h15 du matin. Plusieurs témoins l'ont vue parler avec un homme d'une trentaine d'années qui voulait lui montrer les photos de son chien sur son téléphone. Elle l'a appelé « tonton », « mon copain ». Elle serait montée dans sa voiture.

L'homme au chien, c'est Nordahl Lelandais. Ancien maître-chien dans l'armée, 34 ans, petit casier judiciaire. Il s'est invité au mariage — une vague connaissance du marié. Entendu comme témoin, il nie avoir parlé à Maëlys. Puis il se souvient. Puis il est réentendu.

Sa voiture, une Audi, a été lavée le dimanche 27, quelques heures après la disparition. Les gendarmes récupèrent les images de vidéosurveillance de la station de lavage. Lelandais passe 1h44 à laver sa voiture. Il insiste sur le coffre, sur la portière passager. Il met toutes les lingettes dans un sac poubelle et les emporte.

Les résultats des analyses ADN tombent : l'ADN de contact de Maëlys est retrouvé sur le commodo — la commande de phare de l'Audi. La preuve qu'elle est montée dans la voiture.

Les caméras de surveillance de Pont-de-Beauvoisin montrent une Audi qui ressemble à celle de Lelandais à 2h47. Le conducteur porte un t-shirt sombre. À côté de lui, une silhouette plus petite, en tenue claire. La même voiture repasse à 3h25. Cette fois, une seule personne à bord.

Lelandais avait des griffures sur le bras, l'épaule gauche, la main droite, un mollet, un genou. Il avait deux téléphones portables. L'un d'eux a été mis en mode avion deux fois cette nuit-là. Il a quitté le mariage entre 2h46 et 3h25 — l'heure de la disparition.


Aline Arth et le visage disparu

L'affaire Aline Arth est celle d'une belle-mère jugée pour le meurtre de Béatrice Bové — nom non vérifié, possible erreur. Le 6 avril, Aline Arth raconte avoir vu deux gitans, un homme et une femme, qui traînaient dans le village. Elle les décrit précisément : un tatouage avec un glaive, une rose rouge, des pétales. Elle donne même un numéro de plaque d'immatriculation.

Les gendarmes vérifient. L'immatriculation correspond à une voiture dans les Pyrénées-Orientales. Ils interrogent les gens du voyage qui ont campé dans la région. Personne ne reconnaît ce couple. Les villageois non plus. Aucun rapprochement possible.

Et les voyageurs disent aux gendarmes : chez nous, jamais un gitan ne fait du démarchage avec sa femme.

Aline Arth a menti. Elle a posté un message sur Facebook le 6 avril à 11h15 : « Attention, il y a des gitans qui traînent dans le village. » Or, elle était sortie de chez Béatrice Bové vers 8h30-9h. Pourquoi avoir attendu deux heures pour donner l'alerte ?

Pour les gendarmes, c'est évident : elle s'est fabriqué un alibi. Au cas où quelqu'un l'aurait vue sortir de chez la victime.

Le visage de Béatrice Bové n'a jamais été retrouvé. Le légiste parle d'une découpe franche, réalisée avec une lame. L'hypothèse du chien qui aurait arraché le visage a été écartée. Mais Aline Arth a raconté que le chien de son compagnon avait du sang dans ses selles. Aucune analyse n'a été réalisée.

La juge a renvoyé Aline Arth devant les assises pour meurtre précédé d'actes de torture et de barbarie. Mais à l'issue de l'instruction, elle a estimé ne pas avoir assez d'éléments pour établir avec certitude que les actes de barbarie ont été commis alors que la victime était encore vivante. Or, dans le code pénal, pour caractériser le crime d'acte de torture et de barbarie, la victime doit être en vie. Le légiste a dit qu'au moment de la découpe du visage, Béatrice Bové était déjà morte.

Aline Arth n'est même pas poursuivie pour atteinte à l'intégrité d'un cadavre.


Steven d'Obul et les 20 minutes fatales

À Charleroi, Émilia — nom probablement correct — a été tuée. Le suspect, Steven d'Obul — nom non vérifié — avait un alibi : il jouait à la PlayStation 3. Sa PS3 était connectée de façon ininterrompue pendant trois heures.

Sauf que. L'heure de connexion était en GMT, l'heure du méridien de Greenwich. En Belgique, on est à +2. Quand il est 17h GMT, il est 19h belge. Entre la dernière tentative de connexion et le moment où la PS3 se connecte de façon ininterrompue, il y a 20 minutes. Exactement entre 19h et 19h20 — l'heure du meurtre d'Émilia.

Vingt minutes. Le temps de monter un étage, de donner un coup de couteau, de redescendre et de reprendre la manette.

L'alibi ne tient plus.


Gislen Leclerc et les taches de sang non déformées

Gislen Leclerc — nom non vérifié — a été tuée selon un scénario différent de celui décrit par Sylvain Schrute — ou Dwight Schrute, selon le contexte. Le corps a été retrouvé allongé, face contre terre, légèrement en décubitus. Pas assise contre son lit, comme le prétendait le suspect.

La chronologie des tirs a été reconstituée. Les trois premières balles ont été tirées alors qu'elle était encore debout. Elle tombe sur son lit, perd du sang — d'où la tache de transfert sur le couvre-lit. Elle glisse, assise contre son lit, et reçoit la quatrième balle. Elle n'est pas encore morte. Elle bascule vers l'avant, se retrouve à plat ventre. Autour d'elle, une immense tache de sang projeté par son cœur qui battait encore. Si elle avait été morte, un peu de sang se serait écoulé par ses plaies, par sa bouche — pas une telle quantité.

Le corps est retrouvé allongé sur le ventre. Qui peut savoir qu'elle a été assise contre son lit quelques minutes avant sa mort ? Une personne qui l'a vue. Peut-être même quelques secondes avant.

Dans le couloir, des traces de sang de Gislen Leclerc, laissées par son meurtrier au moment où il est parti. Si Sylvain Schrute était passé dans le couloir une première fois pour aller dans la chambre, puis repassé, il aurait piétiné ces taches. Elles auraient été écrasées, déformées. Or, elles ne le sont pas.


Le chromosome Y et le logiciel Salvac

À Montpellier, une série de viols. Les enquêteurs utilisent le Salvac — système d'analyse des liens de la violence associé au crime. Un logiciel canadien importé en France en janvier 2003. Il permet de faire des rapprochements entre des affaires de meurtre, de viol, d'agression. Les enquêteurs renseignent 168 points : âge de la victime, couleur de cheveux, jour de l'agression, mode d'entrée, type d

📰Source :youtube.com

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