Colombie : comment un séisme de 265 morts fait vaciller l’économie du café

265 morts et un pays à genoux
C’est le séisme le plus meurtrier depuis le début du siècle en Colombie. 265 morts. Et 11 000 logements réduits en gravats.
La région du triangle du café — Pereira, Manizales, Armenia — a été gravement touchée. Les dégâts matériels sont colossaux. Entrepôts, commerces, entreprises : tout est touché. Une estimation préliminaire de la banque d’investissement BTG Pacto évalue les pertes à 6,3 milliards de dollars. Soit 1 % du PIB colombien.
L’état d’urgence économique : une arme à double tranchant
Le président Abelardo de la Espriella a décrété l’état d’urgence économique. Concrètement, cela lui permet de modifier le budget sans passer par le Parlement. Il peut augmenter des impôts, en créer d’exceptionnels, ou débloquer des fonds pour la reconstruction.
C’est un outil classique en Colombie. En décembre dernier, sous le gouvernement précédent de Gustavo Petro, cet outil avait déjà été utilisé pour lever un impôt sur la fortune. Résultat : 4 milliards de dollars supplémentaires pour le budget 2026, alors bloqué par le Congrès.
Mais cette fois, la marge est quasi nulle. Le déficit budgétaire 2026 est déjà annoncé à 7,1 % du PIB. L’un des plus élevés de l’histoire du pays.
Le café : 7 à 9 % du PIB en zone sinistrée
Le séisme a frappé le cœur économique du pays. La région du café — l’Eje Cafetero — représente 7 à 9 % du PIB colombien. Chaque année, 750 000 tonnes de café sont produites. Soit 13 millions de sacs de 60 kg exportés dans le monde entier. Pour un revenu annuel de 3 à 4 milliards de dollars.
Les plantations ne sont pas directement impactées, mais les infrastructures ont été touchées. Routes effondrées, tunnels obstrués, glissements de terrain. Résultat : 60 % des exportations de café — celles qui transitent par le port de Buenaventura sur la côte Pacifique — sont bloquées. L’autoroute qui relie le triangle du café au port est inaccessible.
Plusieurs usines de traitement à sec ont suspendu leurs activités. Soit à cause des dégâts, soit à cause des coupures d’électricité, soit parce que le personnel est occupé à déblayer ses propres maisons.
Le café flambe, mais la Colombie ne peut pas vendre
Les cours du café sont en hausse sur les marchés internationaux. Mais la Colombie ne peut pas profiter de cette manne car elle ne peut plus exporter.
Le président de la Espriella a accepté l’aide internationale. L’Union européenne a proposé 2 millions d’euros. Les États-Unis, 15,5 millions. Les pays voisins envoient de l’aide humanitaire. Bogota a même demandé un prêt exceptionnel de 450 millions de dollars à la Banque mondiale.
ET MAINTENANT ?
Le président Abelardo de la Espriella va annoncer un « fonds miracle » pour les sinistrés. Mais avec un déficit à 7,1 % du PIB, la marge est réduite. L’État colombien devra choisir entre augmenter les impôts ou emprunter.
Le café, pilier de l’économie, est en suspens. Les routes ne sont pas déblayées. Les usines tournent au ralenti. Les cours mondiaux montent, mais la Colombie ne peut pas vendre.
Sources :
- France 24 (YouTube) — « Colombie : le séisme pèse sur l’industrie du café et toute l’économie », 12 août 2026.
- Banque d’investissement BTG Pacto (estimation citée par France 24).
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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