Violence familiale et justice : deux affaires choc en France et aux États-Unis

Alain Poher : une colère meurtrière
Le 7 mai 2007, Alain Poher poignarde son fils Stéphane. Deux coups de couteau — un au cou, un au cœur. Stéphane survit de justesse. "Il me restait l’équivalent d’un litre et demi de sang dans le corps", raconte-t-il. Alain, lui, est en état de récidive légale. Il a déjà tué sa seconde épouse en 1984 et tenté de tuer sa troisième en 2001.
Le procès a lieu aux assises de Besançon. Alain plaide coupable. "J’ai mis deux coups de couteau", admet-il. Sa défense ? La colère. "Joachim était tout seul à la cuisine. Je n’ai pas trouvé ça normal." Pourquoi un couteau ? "C’est le coup de la colère."
Stéphane refuse tout contact avec son père. "Pour moi, c’est une personne qui est morte." La lettre d’excuses d’Alain ? "C’est bâclé, c’est froid." Le verdict tombe : 20 ans de réclusion criminelle, sans période de sûreté. Alain pourra demander une libération conditionnelle dans 10 ans.
L’enfance brisée d’Alain Poher
Alain Poher n’a pas connu ses parents. Placé à 18 mois, il subit violences et abus dans un foyer. À 14 ans, il apprend le métier de fromager. Il rencontre sa première épouse, Stéphane naît. Mais à 18 mois, sa mère quitte le foyer. Stéphane est placé en famille d’accueil.
"J’ai toujours eu des contacts avec Stéphane", affirme Alain. Mais il n’a jamais raconté à son fils les horreurs de son enfance. La psychiatre décrit un homme alcoolique, sujet aux colères meurtrières. "Ce sont des tsunamis pulsionnels qu’il est incapable de maîtriser."
Le verdict : 20 ans de réclusion criminelle
L’avocat général requiert 20 ans de réclusion criminelle. "Nous n’avons aucune autre alternative permettant de suffisamment le contenir." Maître Pichon, l’avocat d’Alain, plaide pour une lueur d’espoir. "Je vous demande de ne pas le condamner à finir par le pire."
Le verdict tombe. Alain est condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Stéphane est satisfait. "La justice est rendue." Mais pardonner ? "Accepter ces excuses ? Elles sont là, mais je ne les accepte pas à 100%."
L’exécution de John Smith : une justice américaine
Aux États-Unis, John Smith est condamné à mort pour le double meurtre de Brandy Kurtz et Wayne Howey en juillet 1997. Les familles des victimes assistent à son exécution. "Meurs", dit Brady, la sœur de Brandy. "Je me suis levée pour être sûre de le voir rendre son dernier souffle."
John Smith présente des excuses avant de mourir. "Je suis désolé." Mais pour les familles, c’est trop peu, trop tard. "Sa souffrance est trop grande", dit Yvonne, la mère de Brandy. Tatoum, la fille de Brandy, est élevée par sa grand-mère. "Elle est la vie", confie Yvonne.
Le frère du condamné : une douleur méconnue
Jim Smith, le frère de John, a aussi souffert. "C’est mon jeune frère, je l’aime toujours." Mais il reconnaît : "Il a mérité la peine de mort." Les familles des victimes assistent à l’exécution. "Si cela les apaise, alors très bien", dit Jim. Mais lui n’y assiste pas. "Ça ne m’amuserait pas."
Les questions sans réponse
Pourquoi Alain a-t-il tenté de tuer son fils ? Pourquoi John Smith a-t-il tué Brandy et Wayne ? Les questions restent sans réponse. Pour l’instant. Deux procès, deux systèmes judiciaires, une même réalité : la violence familiale laisse des cicatrices indélébiles.
La justice peut-elle réparer l’irréparable ? En France, Alain Poher purgera sa peine. Aux États-Unis, John Smith a été exécuté. Mais pour les victimes et leurs familles, la douleur reste. Et les questions aussi.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.


