Vincent Bolloré face à la justice : corruption, exploitation et contradictions politiques

Corruption : le mode d’emploi Bolloré
2010, Togo. Faure Gnassingbé se fait élire président. Bolloré obtient le port de Lomé. Simple coïncidence ?
Pas selon Tracfin. L’agence française a prouvé que Havas, sa filiale com’, a financé la campagne en échange des concessions. Le deal est clair : tu me donnes le port, je te donne les moyens de rester au pouvoir. Et pourtant. En 2018, la garde à vue de Bolloré n’a rien changé. Son empire a continué à tourner.
Le double jeu médiatique
C’est là que ça devient surréaliste. Le même homme qui exploite l’Afrique contrôle CNews, Europe 1, le JDD. Des médias qui hurlent à l’« invasion migratoire ». Jean-Jacques Lumumba résume : « Il crée la misère là-bas, puis finance ceux qui haïssent les miséreux ici. »
Voilà. Le système est parfaitement cynique.
Un héritier, pas un pionnier
Marie-Yemta Moussanang le rappelle : Bolloré n’a rien inventé. En 1996, il rachète Rivaud — un groupe colonial spécialisé dans le caoutchouc. La boucle est bouclée. Privatisations, accords opaques, mainmise sur les économies locales : le modèle date des années 60. Bolloré l’a juste industrialisé.
Procès 2026 : trop peu, trop tard ?
Dix ans de prison potentiels. Une première pour un homme de cette stature. Mais les paysans camerounais spoliés attendent toujours réparation. « La justice doit aller au bout », insiste Jean-Jacques Lumumba. Son grand-oncle Patrice, premier ministre congolais assassiné en 1961, aurait sans doute approuvé.
Un procès. Un symbole. Une question : la France est-elle prête à juger son propre système ?
Par la rédaction de Le Dossier
Sur le même sujet

Nicolas Zepeda face à Taeko Kurosaki : 'Je veux le tuer' — le procès qui déchire la France et le Japon

Lydia Hadjara face aux Raëliens : le procès qui révèle un système de viols organisés
