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Université : le rapport qui veut casser le bac comme sésame

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-09-24
Illustration: Université : le rapport qui veut casser le bac comme sésame
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Quand le bac ne suffit plus

Un étudiant sur deux quitte l'université sans diplôme. Le chiffre fait froid dans le dos. Laurence Garnier, sénatrice missionnée sur l'excellence académique, ne mâche pas ses mots : "Nous donnons des diplômes qui ne valent plus rien." Son constat est implacable.

Le bac ? Un simple bout de papier désormais. Les copies d'examen révèlent des lacunes alarmantes — fautes d'orthographe en pagaille, connaissances scientifiques hasardeuses. "Comment voulez-vous réussir en licence de maths quand on a arrêté la discipline en terminale ?" interroge la parlementaire.

Les notes brillent, pourtant. Les mentions "très bien" ont explosé. Mais derrière les chiffres flatteurs, la réalité est sombre : les compétences des élèves français n'ont jamais été aussi faibles selon l'enquête PISA. "On envoie des générations entières droit dans le mur", assène Garnier.

La sélection, un tabou français ?

67% des Français y sont favorables. La sélection à l'université fait consensus, bien au-delà des clivages politiques. Le rapport Garnier propose l'impensable : supprimer le bac comme sésame automatique pour le supérieur.

Chaque établissement fixerait ses propres critères. Certains imagineraient même des concours d'entrée. Une petite révolution dans un pays où le baccalauréat reste un monument national depuis 1808.

Le ministre tempère : "Il nous faut du temps." Mais l'idée chemine. Et pourrait bien s'inviter dans le débat présidentiel — Bruno Retaillot, candidat déclaré, en a fait un de ses chevaux de bataille.

Des frais multipliés par cinq

Le rapport Garnier propose d'augmenter les frais d'inscription à 900 euros pour une licence et 1300 euros pour un master. Une mesure choc qui exclurait cependant les boursiers.

L'objectif : responsabiliser les étudiants. Et surtout, renflouer des universités au bord de l'asphyxie financière.

"Mesure antisociale !" tonne la gauche. Garnier rétorque : avec 90% des coûts toujours assumés par l'État, "nous restons à des années-lumière du modèle américain". Reste que le symbole est lourd dans un pays attaché à la gratuité scolaire.

Parcoursup et ses angles morts

Le système a globalement convaincu. Mais il a accru un problème majeur : le logement étudiant. "Avant, on étudiait près de chez soi, rappelle Garnier. Aujourd'hui, un jeune de Limoges peut atterrir à Lille."

Résultat ? Une crise du logement étudiant aggravée par la mobilité nationale. Les universités pallient comme elles peuvent — épiceries solidaires, aides d'urgence. Mais ces bricolages ne suffisent plus.

Et maintenant ?

Le débat est ouvert. Violent, même. Les syndicats étudiants crient à la "marchandisation". Les présidents d'université réclament plus de moyens — pas forcément plus de sélection.

Une certitude : le système actuel ne tient plus. Entre échecs scolaires massifs et finances exsangues, l'université française vit sur un modèle à bout de souffle. Le rapport Garnier jette une pierre dans la mare. Aux politiques maintenant d'inventer l'après — sans sacrifier une génération entière.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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