Échec massif à l'université : les propositions choc de Laurence Garnier

Un système à bout de souffle
47% des étudiants inscrits en première année à l’université n’obtiennent aucun diplôme après cinq ans. Un gâchis humain, social et économique.
Les causes ? Elles sont multiples. La massification de l’accès au baccalauréat d’abord. Avec un taux de réussite élevé en filière générale, presque tous les lycéens accèdent à l’enseignement supérieur. Un droit d’accès qui, selon Laurence Garnier, cache une réalité implacable : l’échec.
Prenez les bacheliers professionnels. Seuls 5% d’entre eux réussissent leur licence générale. Un chiffre qui en dit long sur l’inadéquation entre les filières et les profils des étudiants. Des étudiants se retrouvent en licence de philosophie sans avoir jamais fait de philosophie, en maths alors qu’ils ont arrêté les maths en terminale, ou en STAPS sans jamais avoir monté à cheval.
Plus d’un demi-milliard d’euros par an
L’échec a un prix. La Cour des comptes l’estime à plus d’un demi-milliard d’euros par an. Un coût qui inclut les aides sociales versées aux étudiants, les années de formation perdues, et la dégradation des conditions d’enseignement.
Sélection à l’entrée et filières courtes
Face à ce constat, Laurence Garnier propose une série de mesures choc. La première : instaurer une sélection à l’entrée de l’université. « Il faut permettre aux universités de choisir les étudiants qui ont les prérequis pour réussir », explique-t-elle.
Cette sélection passerait par la fixation des capacités d’accueil de chaque formation. Une mesure déjà souhaitée par certains présidents d’université, bien qu’ils refusent d’en parler ouvertement.
Deuxième proposition : augmenter le nombre de places en filières courtes professionnalisantes. Aujourd’hui, les IUT sont trustés par les bacheliers généraux, qui les utilisent comme tremplin vers des études longues, au détriment des bacheliers technologiques et professionnels.
Enfin, la sénatrice propose la création d’une année de propédeutique pour les étudiants motivés mais insuffisamment préparés. Une année de soutien et de renforcement entre le bac et l’université, pour éviter l’échec quasi-assuré.
L’attractivité internationale en berne
Autre problème pointé par le rapport : le recul de l’attractivité internationale des universités françaises. En 1980, la France était le deuxième pays d’accueil des étudiants étrangers. Aujourd’hui, elle a perdu cette place.
Le plan Bienvenue en France a permis d’accueillir un grand nombre d’étudiants internationaux. Mais ces étudiants, majoritairement issus du Maghreb, du Moyen-Orient et d’Afrique subsaharienne, ont un taux de réussite en licence de seulement 28% en trois ans.
« On a des étudiants qui s’inscrivent en licence de lettres modernes pour apprendre le français », déplore Laurence Garnier. Une situation qui éloigne les universités françaises de l’excellence académique.
Les dérives militantes : une menace pour l’excellence
Le rapport pointe également les dérives militantes qui fragilisent les universités. Blocages, manifestations, mais aussi multiplication des « studies » sur des thèmes comme le racialisme ou le décolonialisme, au détriment des disciplines fondamentales.
« On peut craindre un affaissement de ces disciplines qui contribuent à l’excellence académique de nos universités », prévient la sénatrice. Une inquiétude partagée par une majorité des Français, selon un sondage.
Et maintenant ?
Les propositions de Laurence Garnier sont sur la table. Sélection à l’entrée, développement des filières courtes, année de propédeutique, rééquilibrage de l’accueil des étudiants internationaux. Des mesures qui bousculent les tabous et l’hypocrisie d’un système à bout de souffle.
Mais leur mise en œuvre dépendra de la volonté politique. Car réformer l’université, c’est aussi s’attaquer à des questions sensibles : l’égalité des chances, la sélection, la place des disciplines fondamentales.
Le dossier est loin d’être clos. Les faits sont têtus. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. À quand une véritable réforme pour renouer avec l’excellence universitaire ?
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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