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PolitiqueÉpisode 6/35

Trump piégé : Comment l'Iran résiste à l'offensive israélo-américaine

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-28
Illustration: Trump piégé : Comment l'Iran résiste à l'offensive israélo-américaine
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Une guerre asymétrique — et efficace

Douze milliards de dollars. En six jours, les États-Unis ont dépensé cette somme colossale dans leur offensive contre l'Iran. Une guerre qui, sur le papier, aurait dû être rapide et sans équivoque. Face à eux, un Iran sous sanctions internationales depuis des décennies. Et pourtant, malgré l'assassinat du guide suprême Ali Khamenei dès le premier jour des frappes, le régime ne s'est pas effondré. La raison ? Une stratégie de guerre asymétrique. Paralyser un ennemi beaucoup plus fort en multipliant les zones de tension et les coûts — militaires, économiques et politiques.

L'Iran a frappé ses voisins du Golfe — Émirats arabes unis, Bahreïn, Koweït — et même l'Arabie Saoudite. Objectif : régionaliser le conflit pour faire pression sur les capitales de la région. Dubaï, par exemple, a bâti son succès sur la stabilité régionale. Aujourd'hui, sa prospérité est fragilisée par les attaques de drones iraniens. Une stratégie risquée, mais qui semble payer.

Le détroit d'Ormuz — une arme redoutable

20 % du pétrole mondial transite par le détroit d'Ormuz. Une ressource essentielle pour l'Asie, où 57 % du pétrole chinois provient du Moyen-Orient. Depuis le début de l'offensive israélo-américaine, le nouveau guide suprême Ali Khamenei a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz. Résultat : aucun tanker ne peut traverser sans risquer d'être la cible de frappes iraniennes. Donald Trump a menacé de frapper l'Iran "vingt fois plus durement" le 9 mars. Trois semaines plus tard, le détroit est toujours bloqué.

Les pays producteurs de pétrole de la région ont réduit leur production, faisant grimper le baril au-dessus de 100 dollars. Pour empêcher la flambée des prix, l'administration américaine a assoupli les sanctions contre la Russie pour un mois. Les grands gagnants de cette guerre ? Les Russes, qui ont déjà engrangé plus de 6 milliards d'euros depuis le début du conflit, selon une estimation du Financial Times.

Les drones Shahed 136 — l'arme low-cost qui fait mal

Shah 136. C'est le modèle de drone au cœur de la stratégie iranienne. Avec une portée de 2 500 km, il peut atteindre Mumbai et Athènes. Son coût ? Entre 20 000 et 50 000 dollars. Un prix dérisoire comparé aux systèmes d'interception américains et israéliens. Un missile Patriot coûte environ 3,5 millions de dollars — soit 70 fois plus qu'un drone Shahed. Depuis le début du conflit, seuls 6 % des drones iraniens atteignent leur cible. Mais même lorsqu'ils sont interceptés, ils imposent un coût énorme à l'adversaire.

Les pays du Golfe auraient dépensé entre 5 et 10 fois plus dans leur défense que ce que l'Iran dépense pour les attaquer. Voilà où ça devient intéressant. Les drones Shahed sont souvent déployés pour épuiser les défenses adverses, ouvrant la voie aux missiles balistiques. Une stratégie sur laquelle les Américains semblent avoir sous-estimé les stocks iraniens. Selon Risk Intelligence, l'Iran a mené plus de 1 000 frappes de missile et près de 3 000 attaques de drone au cours des trois premières semaines du conflit.

La défense en mosaïque — une résilience surprenante

Le 28 février, une frappe israélienne tue le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs haut dignitaires iraniens. Le régime, très affaibli, réplique malgré tout. Comment ? Grâce à la défense en mosaïque, un concept développé après 2003 par les Gardiens de la Révolution. Le commandement est décentralisé, permettant aux unités locales d'agir de manière autonome sans attendre des ordres centraux. Si des frappes détruisent des centres de commandement, les autres unités continuent de fonctionner. Une résilience qui a surpris les Américains.

La disparition du guide suprême ne signifie pas l'effondrement du système. Ali Khamenei avait préparé sa succession. Une semaine après sa mort, son fils Mabam lui succède. Des doutes planent sur son état de santé — il a échappé de peu à la frappe du 28 février et n'est toujours pas apparu en public depuis. Mais son accession au pouvoir ancre encore plus l'emprise des Gardiens de la Révolution sur le régime.

Les conséquences politiques — Trump dans l'impasse

Donald Trump a besoin de résultats — et vite. Alors que le régime iranien cherche simplement à ne pas perdre, l'administration américaine doit rendre des comptes à sa population. Les défections dans son électorat pourraient lui porter préjudice lors des élections de mi-mandat en novembre prochain. Le Pentagone a réclamé au Congrès une rallonge budgétaire de 200 milliards de dollars pour financer la guerre en Iran. Un coût politique et économique qui pèse lourd.

La France, le Japon, l'Australie, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont tous refusé de prêter main forte aux États-Unis. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas été consultés au préalable. Une décision qui n'a pas plu à Trump, mais qui montre l'isolement croissant des États-Unis dans ce conflit.

L'avenir du conflit — une sortie par la négociation ?

Donald Trump semble disposé à négocier une sortie rapide du conflit. Deux hauts responsables iraniens — le président du Parlement et le ministre des Affaires étrangères — ont été retirés de la liste des cibles à éliminer. Une information démentie par les responsables iraniens, mais qui montre une volonté de désescalade côté américain. Pourtant, l'Iran continue de frapper ses voisins et de bloquer le détroit d'Ormuz. Une stratégie qui pourrait encore durer des semaines, voire des mois.

À suivre.

📰Source :youtube.com

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