Tajani face au réel : 500 000 régularisations et des droits aériens à 250 euros

La realpolitik italienne selon Tajani
Antonio Tajani s'installe face aux caméras de France 24, au Palazzo Chigi. Il parle de tout : Ukraine, États-Unis, immigration, justice.
Selon Tajani, l'Italie a régularisé près de 500 000 personnes. "Ceux qui viennent arrivent en Italie sont des hommes et des femmes qui ont un poste de travail", explique-t-il. "Ils arrivent, ils vont travailler." Le ministre ne voit pas de contradiction avec le discours de fermeté. "C'est pas pour devenir citoyen italien", précise-t-il. "Il y a des règles, il faut respecter pour devenir citoyen italien."
En mars, le gouvernement Meloni a proposé une réforme de la justice par référendum, qui a été rejetée à 54 %. Tajani minimise : "C'était pas un vote sur le gouvernement, c'était un vote sur une réforme." Le ministre promet de continuer "avec des lois". "Il faut être attentif sur la question de la justice. Il faut la réformer, il faut aller de l'avant."
Question centrale : le gouvernement est-il affaibli ? Tajani répond par la stabilité. "La stabilité cruciale pour un pays industriel", dit-il. "Les entreprises doivent savoir qu'est-ce qu'ils peuvent faire."
Sur la scène internationale, Tajani critique Donald Trump pour ses propos envers Giorgia Meloni et ses revendications sur le Groenland. "Quand il faut dire non, on dit non", assène-t-il. Mais il réaffirme l'alliance transatlantique. "Nous sommes alliés amis des États-Unis."
Et l'Ukraine ? L'Italie soutient le prêt européen de 90 milliards d'euros. Selon Tajani, il faut "gagner la guerre avec la Russie" mais aussi "trouver la façon d'un accord" pour un cessez-le-feu. Il prône une adhésion de l'Ukraine à l'UE, mais priorise d'abord les Balkans : "Il faut accélérer, je pense, Montenegro et l'Albanie."
Le nouveau pacte aérien : un compromis à 250 euros
Bruxelles, le 15 juin. Un accord est trouvé au sein de l'Union européenne pour réformer le règlement sur les droits des passagers aériens. Treize ans de négociations. Le résultat : les indemnisations en cas de retard de plus de trois heures restent comprises entre 250 et 600 euros.
Selon l'eurodéputé François Calfond, "depuis 2004, les montants ont perdu 50 % de leur valeur réelle". Le Parlement européen voulait une indexation automatique. Le Conseil, lui, poussait pour une baisse des montants. "La position de début du conseil, c'était deux mondes différents", résume Martine Kemp, eurodéputée luxembourgeoise (PPE). "On a réussi à rester sur les montants, c'était un bon signe."
Les compagnies aériennes réclamaient une liste extensive de "circonstances exceptionnelles" pour échapper aux indemnités. "Ils voulaient nous faire passer que les difficultés techniques étaient une circonstance exceptionnelle", dénonce Calfond. "Ça aurait fait sortir 80 % des vols indemnisables." Le Parlement a cédé sur certains points, mais a bloqué la généralisation.
Autre avancée : les parents ne paieront plus pour être assis à côté de leur enfant. "C'était un scandale", s'indigne Calfond. Martine Kemp renchérit : "C'est quand même assez choquant qu'il y avait ce droit qui n'existait pas, nous avons dû le mettre sur le papier."
Les bagages cabine seront inclus dans le prix de base affiché. L'impression de la carte d'embarquement au guichet sera gratuite. "Vous arrivez sans batterie, 50 euros qu'ils font payer", rappelle Calfond. "Ça va être interdit."
Les compagnies aériennes crient à la surcharge. Le Parlement ne se laisse pas impressionner. "Les droits du consommateur sont un des critères de l'Union européenne", répond Martine Kemp.
Selon Calfond, la France a puisé dans ses réserves stratégiques de kérosène et autorisé l'importation de jet fuel américain pour sécuriser l'approvisionnement. Les compagnies aériennes ont pu annuler des vols avant les vacances d'été "pour absorber la demande sans qu'il y ait trop d'inflation".
Le vrai scandale
Le problème central reste l'accès à l'indemnisation. Le nouveau règlement ne règle pas ce point. Le Parlement avait réclamé des formulaires obligatoires. Le Conseil a refusé. "On voulait une indexation des indemnités", regrette Kemp. "On voulait aussi des formulaires préremplis. Mais la négociation a été dure."
Train contre avion : le grand écart budgétaire
Selon les eurodéputés, l'UE investit massivement dans les infrastructures ferroviaires. Le budget "Connecting Europe Facilities" passera de 25 à 50 milliards d'euros dans la prochaine programmation pluriannuelle. "C'est un des seuls budgets qui a doublé", souligne Calfond. "Il faut qu'il y ait une offre alternative. Dans l'Europe occidentale, c'est faisable. Mais dans les pays de l'Est, il manque un gros réseau de grande vitesse."
Les fissures du compromis
Qui a gagné ? Les compagnies aériennes ont évité l'indexation et la gratuité totale du bagage cabine. Les passagers obtiennent des droits clairs — interdiction de payer pour être assis avec son enfant, transparence des prix — mais sans revalorisation. "On a évité la grande régression", assure Calfond. "Le conseil venait avec une position qui proposait 80 euros d'indemnisation après 4 heures de retard."
Reste la question migratoire. En Italie, le gouvernement Meloni a régularisé 500 000 personnes en deux ans. Le ministre Tajani justifie cette décision par les besoins du marché du travail. "Nous ne sommes pas contre les immigrés", martèle-t-il. "Nous voulons la migration régulière."
Le référendum perdu sur la justice, les tensions avec Trump, le soutien à l'Ukraine malgré les réticences de Salvini — le gouvernement Meloni marche sur une ligne de crête. Tajani, en diplomate rompu aux arcanes européennes, tient le cap. "Nous défendons l'intérêt national", répète-t-il.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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