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JusticeÉpisode 3/6

Yanis, 12 ans : l’agresseur libéré, l’enfant suicidé, le père accuse

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-11
Illustration: Yanis, 12 ans : l’agresseur libéré, l’enfant suicidé, le père accuse
© YouTube

Deux ans et quatre mois pour une enfance volée

« Pour des agressions sexuelles sur votre fils, c’était deux ans et quatre mois. » Le père de Yanis répète les chiffres, comme pour les graver dans le marbre. Jean-Claude Priolo, multirécidiviste, a été condamné à cinq ans de prison. Il n’en a purgé que deux ans et quatre mois. Moins de la moitié.

Le procureur de la République de Bonneville a justifié cette libération anticipée par la situation familiale de Priolo. « Vous vous rendez compte, sa situation familiale, il faut qu’il reste en famille, il en a besoin et tout », lui aurait dit le magistrat lors d’un entretien de deux heures. Yanis avait annoncé les faits trois ans après l’agression. La procédure a suivi. Priolo a été condamné, incarcéré, puis remis en liberté sans que la famille en soit informée — malgré l’engagement du procureur d’envoyer un courrier. « Je l’attends toujours », lâche le père.

Un courrier qui n’est jamais arrivé

Le procureur avait promis d’avertir la famille. Un courrier devait être envoyé. Il n’est jamais parvenu à destination. « Pas de courrier, rien du tout malgré les dires qui nous a certifié », affirme le père. Personne n’était au courant de la remise en liberté. C’est le père qui a dû annoncer la nouvelle à son fils. « Faut dire les choses telles qu’elles sont. » Yanis a alors compris que son agresseur vivait à proximité, libre. « Il avait peur de le recroiser. Tous les jours, il nous demandait : est-ce qu’on a reçu un courrier du procureur ? » Jusqu’au jour où l’adolescent n’a plus supporté.

Un mois et demi pour mourir

Un mois et demi s’est écoulé entre l’annonce de la libération et le geste fatal. Yanis s’est donné la mort. Le père interroge : est-ce que son fils avait croisé son agresseur par hasard ? « On en a aucune idée. Il nous en a jamais parlé. »

La famille n’a pas été épargnée par les actes de provocation après la libération. « Mon épouse le croise régulièrement, que ce soit au supermarché ou où il attend, il fait passer des gens exprès devant lui à la caisse jusqu’à ce qu’elle se retourne pour qu’il capte leur regard. »

Le cimetière, les réseaux sociaux : la provocation

Priolo s’est rendu sur la tombe de Yanis. « C’est un lieu public, on peut rien faire », explique le père. Son épouse a vu l’agresseur sur la tombe de leur fils. Deux semaines après sa sortie de prison, Priolo a liké une publication liée au procès sur les réseaux sociaux. Aucune interdiction de s’approcher de la famille n’a été imposée. « Non, c’est normal. Il a le droit de vivre à proximité. » Priolo habite dans le même secteur que la famille et croise la mère régulièrement.

« Sa situation familiale » : la défense du procureur

Le père a eu un entretien de deux heures avec le procureur de la République de Bonneville. Ce dernier lui a expliqué que Priolo devait être libéré pour rester avec sa propre famille. « Et nous dans tout ça, qu’est-ce qu’on vient ? » s’indigne le père.

Que fait la justice ?

Le père de Yanis pose la question : comment un multirécidiviste condamné pour agression sexuelle sur un enfant peut-il être libéré après avoir purgé moins de la moitié de sa peine ? « Déjà cinq ans, ils ont eu du mal à le faire, et ils ne l’ont pas fait. Alors la perpétuité… ça risque d’être compliqué. »

Sources

  • Témoignage du père de Yanis (transcript de l’entretien)
  • Courrier du procureur de la République de Bonneville (non reçu, mentionné par le père)
  • Entretien de 2h avec le procureur de la République de Bonneville (mentionné par le père)
  • Vidéo YouTube – Témoignage du père (chaîne : Le Dossier, extrait de l’épisode 3 du dossier « Yanis s’est suicidé »)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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