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Suède, France : le virage répressif contre les mineurs délinquants

Par la rédaction de Le Dossier · 3 JUILLET 2026
Illustration: Suède, France : le virage répressif contre les mineurs délinquants
© YouTube

Accroche

« Des jeunes de 14 ans recrutés sur Snapchat pour devenir tueurs à gage. Ça ne se passe pas au Mexique, mais ici en Europe. » Le constat d’Arte est glaçant. Violence réelle, certes, mais aussi « ultra médiatisée ». Entre 2023 et 2024, les détentions de mineurs augmentent de près de 80 % en Italie, de presque 50 % en Allemagne et de près de 20 % en France, selon les chiffres présentés par Arte. En Suède, 13 % des membres actifs des gangs étaient mineurs en 2024, indique la police suédoise.

Pourtant. La Convention internationale des droits de l’enfant et une directive européenne de 2016 rappellent que la prison doit être « le dernier recours ». Mais les gouvernements durcissent leurs lois. Le Parlement suédois a adopté une loi permettant d’incarcérer des mineurs dès 15 ans dans des établissements spécialisés. Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, propose d’abaisser la majorité pénale à 16 ans. Le Conseil constitutionnel a censuré la suppression de l’excuse de minorité.

Les faits

Direction Rosersberg, à 30 km au nord de Stockholm. C’est l’une des trois prisons suédoises désormais habilitées à recevoir des mineurs. Son directeur, Gabriel Weismann, montre l’adaptation : un tunnel aménagé pour 24 garçons, des cellules individuelles avec télévision, des espaces communs, une salle de classe où des professeurs feront cours six heures par jour. « We control everything here », dit-il. Un gardien par détenu.

Avant, ces jeunes étaient placés dans des centres éducatifs fermés. Aujourd’hui, c’est la prison. Le gouvernement suédois — coalition de droite soutenue par l’extrême droite — veut aller plus loin : abaisser l’âge de la responsabilité pénale. Actuellement fixé à 15 ans, il a d’abord proposé de le descendre à 13 ans pour les crimes et délits les plus graves. Une mesure contestée par la majorité des 126 ONG et autorités consultées. En l’absence de majorité au Parlement, le gouvernement a dû faire machine arrière et a présenté un nouveau texte proposant de l’abaisser à 14 ans.

L’exemple danois

Le Danemark a abaissé l’âge de responsabilité pénale de 15 à 14 ans en 2010, avant de revenir en arrière deux ans plus tard. L’experte Brit Österberg Larsson a mené une étude sur le sujet : « We don’t see a crime effect that was attention, if anything we see a small rising crime among those prior history of committing crimes. » L’étude suggère que l’abaissement n’a pas d’effet dissuasif et pourrait même augmenter la récidive.

En France aussi

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a récemment proposé d’abaisser la majorité pénale à 16 ans pour juger les adolescents comme des adultes. Le gouvernement souhaite aussi supprimer l’excuse de minorité. La mesure vient d’être censurée par le Conseil constitutionnel. Selon l’experte, ces politiques punitives ne sont pas la solution : « We need to focus in on more general crime prevention. We need to ensure that the quality of social services are really high because these children who commit the really serious type of crimes are often children growing up with abuse or neglect. »

Éduquer et protéger, pas uniquement punir. C’est sur ces principes que repose la justice des mineurs en France comme ailleurs en Europe.

📰Source :www.youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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