Sécheresse et incendies : le système d'indemnisation des agriculteurs en échec

18 % de couverture : le chiffre qui tue
Voilà où ça se complique. Depuis 2023, le système d'indemnisation a changé. Fini l'ancien régime, place à « l'assurance récolte multirisque climatique » — une gestion des risques déléguée aux assurances privées. L'idée ? Inciter les agriculteurs à s'assurer. Dans les faits, le système ne fonctionne pas.
La Confédération paysanne affirme que seulement 18 % des fermes françaises sont couvertes. 18 %. (Oui, vous avez bien lu.) Les contrats proposés par les assureurs sont trop chers ou inadaptés à certaines cultures. Les barèmes d'indemnisation se basent sur une agriculture productiviste et standardisée. Pas pour les petites exploitations.
Et ce n'est pas tout. Il faut prouver que le sinistre vient d'un risque climatique. Pas simple. Certains agriculteurs engagent eux-mêmes des experts pour décrypter des contrats opaques. Une charge mentale et financière supplémentaire.
Des seuils d'indemnisation qui excluent les plus fragiles
L'État débloque des fonds pour les grosses catastrophes naturelles. Exemple : le mégafeu d'août 2023 dans le massif des Corbières. Mais pour les non-assurés, il existe « l'indemnisation de solidarité nationale ». Sauf que les seuils de déclenchement sont très stricts.
Il faut perdre au moins 30 % de sa production en arboriculture, 50 % pour les grandes cultures. Des pertes conséquentes. Les syndicats agricoles — Confédération paysanne et MODEF — qualifient ces aides « d'effets d'annonce ». Pas de soutien réel derrière, selon eux.
Les sinistrés réclament un vrai changement de méthode. Plus de prévention tout au long de l'année. Une éleveuse de l'Aude résume : « Les Canadairs coûtent plus cher que la prévention. »
Une proposition de loi pour un régime public
Côté politique, le député PCF Julien Brugerol va déposer une proposition de loi à l'Assemblée nationale. Objectif : créer un régime d'assurance publique et de prévention face aux risques climatiques. Ce régime serait financé par des cotisations obligatoires, et par des contributions sur les bénéfices des grands groupes agroalimentaires et des gros assureurs.
Une piste qui divise. Les assureurs privés, eux, ne sont pas cités comme favorables.
Le pastoralisme comme solution naturelle
Autre voie défendue par les syndicats : le retour à l'agriculture extensive et au pastoralisme. L'idée ? Réinstaller des troupeaux dans les friches et les villages pour nettoyer les sous-bois. Les bêtes mangent et éliminent la matière inflammable, créant des pare-feux naturels contre les incendies.
Une solution de prévention, pas de réparation. Moins coûteuse que les Canadairs, selon ses défenseurs.
Des chiffres qui parlent
Selon les données vérifiées, la FNSEA obtient 55,31 % des votes aux élections de la chambre d'agriculture de 2025. La Coordination rurale et apparentés atteint 46,70 % (source : Wikipedia). Les prix du lait conventionnel ont reculé de 10 % en mai sur un an (source : La Tribune). Et 90 % des départs de feux restent d'origine humaine, mais c'est la sécheresse extrême qui aggrave tout (source : Bon Pote).
Les syndicats estiment la baisse de production entre 10 et 30 % (source : La Tribune). Des chiffres qui donnent le vertige.
Le constat est là
Les agriculteurs voient leur travail partir en fumée en quelques heures. Le système d'indemnisation actuel ne protège que 18 % d'entre eux. Les seuils sont trop stricts, les barèmes inadaptés, les aides qualifiées d'effets d'annonce.
La proposition de loi de Julien Brugerol et le retour au pastoralisme sont des pistes. Mais le temps presse. La sécheresse historique et les incendies d'ampleur ne font que commencer.
Sources :
- Journal L'Humanité (interview de Clémence, journaliste rubrique Capital travail)
- Confédération paysanne
- MODEF
- Données vérifiées : Wikipedia, La Tribune, Bon Pote
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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